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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 16:24

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

 

J'ai consacré 22 chroniques de Pierlouim à ce désastreux conflit dans MtaVille. Pour ceux qui ne les ont pas lues dans le journal gratuit, je les reproduit dans ce blog "Dreux par Pierlouim".

CONFLIT ENTRE SOUS-PREFET ET MAIRE DE DREUX.

Début Octobre 1870, Dreux a peur. Les allemands assiègent Paris depuis le 17 septembre. Dreux n’a plus de contact avec la capitale, voie ferrée et télégraphe coupés. Les nouvelles apportées par un ballon venant de Paris et atterri à Dreux ne sont pas rassurantes. Si les Parisiens sont affamés derrière leurs fortifications, l’armée de la coalition allemande, forte de 300 0000 hommes assiégeant la capitale, a besoin de nourriture et de fourrage pour ses chevaux. La Brie et la Beauce présentaient pour les occupants un inépuisable garde-manger.

A l’approche d’une région ou d’une ville, les attaques prussiennes étaient progressives : d’abord, un détachement d’une vingtaine d’Hulans, cavaliers rapides avec leur lance, faisait une reconnaissance. Puis, une centaine de soldats investissait le terrain. Enfin, un régiment de 2000 hommes, avec un ou deux canons, s’installait dans la place conquise. Ainsi, 7000 Allemands avec 12 canons se fixèrent à Houdan pour rançonner le Drouais et la Beauce.

A l’approche de ce danger imminent, Charles de Coynart, militaire à la retraite, commandant des gardes nationaux de Dreux, conseilla au maire Eugène Batardon de ne pas résister devant une armée prussienne. Une résistance serait vaine car la région de Dreux est un pays plat «à découvert». Et surtout, que pourraient tenter 800 braves civils drouais souvent âgés, sans expérience militaire et armé de seulement 300 vieux fusils, contre 2 000 jeunes soldats bien entraînés doté de fusils modernes et de plusieurs canons ?

Mais le jeune et bouillant sous-préfet de Dreux Alfred Sirven n’était pas de cet avis : pour lui, il fallait résister coûte que coûte à l’intrusion de l’ennemi.

Le 8 octobre,  des éclaireurs hulans se présentèrent à l’entrée de Dreux. Le maire ne les laissa pas entrer. Le même jour à Cherisy, 24 hussards bleus venus réquisitionner de

l’avoine et des vaches, se heurtèrent à 200 Français et prirent la fuite. Le lendemain, les Allemands revinrent à Cherisy pour réclamer les réquisitions de la veille. Attaqués par des mobiles de l’Orne et des gardes nationaux de Dreux, une lutte acharnée s’engagea dans le village, faisant plusieurs morts et prisonniers de chaque côté. Pour les Prussiens, une ville, un village dans lequel ils sont attaqués, est réputé «en guerre». Ils se vengèrent le 10 octobre en incendiant plus de 50 maisons de Cherisy avant de se retirer.

Au vu de ces événements tragiques, le maire de Dreux décida d’éloigner mobiles et gardes nationaux et de transporter au loin les armes. Dreux devenant «ville ouverte» donnait la possibilité à l’armée allemande d’y entrer sans encombre.

Devant cet abandon, le sous-préfet Sirven partit à Chartres pour en faire part au Préfet Emile Labiche (photo). Celui-ci prit la décision d’inculper Batardon pour défaitisme. Le 11 octobre au soir, sous la menace d’être fusillé, Batardon fut arrêté à son domicile de la rue

Saint Martin et transféré à Tours. Il fut alors longuement interrogé par Gambetta en personne. Le ministre, convaincu de la bonne foi du maire, le fit relâcher. De retour à Dreux, Batardon démissionna et fut remplacé par un nouveau maire Elie Tilleul. Quant au sous-préfet Sirven il donna aussi sa démission. Il n’aura été sous-préfet que cinq semaines. 

Ironie de l’histoire : le 20 octobre, le Préfet Labiche se porta lui -même en calèche avec un drapeau blanc au-devant de l’armée prussienne pour traiter la capitulation de Chartres.

A SUIVRE.

Pour voir les précédents articles, cliquer ci-dessous sur "Guerre 1870/71"

 
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