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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le
début :cliquez sur :
 http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
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1 9 60- La pension (Première partie.)

 

1er Janvier 1960 L'ancien franc germinal est mort :

Vive le nouveau Franc, le Franc lourd, le Franc Pinay.

 Pourquoi le franc est-il devenu « lourd » ?  Cela je ne le comprendrai jamais : de 100 on passe à un. Pour moi le Franc nouveau est « léger » et on lui alloue des centimes. Un est plus léger que cent. Non ?  Mais les maths ce n’est pas mon fort.

 

Mademoiselle Dubois notre professeur de comptabilité, commerce et économie,  nous a pourtant bien expliqué tout cela. Rose, c’est son prénom, et c’est comme cela qu’on l’appelle entre nous. Cette Mademoiselle Rose fait partie  d’une espèce de femme, d’enseignante, en voie de disparition en cette nouvelle décennie qui s’annonce pleine de progrès et de changements. Mademoiselle Rose est une « vieille fille », comme l’on dit. A l’approche de la soixantaine elle n’aurait jamais « vu le loup »comme dis Papa. Elle est petite, ratatinée, un visage rond, des yeux noirs cachés derrière d’épaisses binocles de myopes. Les cheveux grisâtres en chignon enchâssés dans un filet qui descend jusqu’au milieu du front en voilette. De la poudre de riz en plaques épaisses sur des joues maigrichonnes. Un sourire un peu contraint dans un visage que la solitude rend sévère.  

Bref, une femme d’un autre âge. Et pourtant on l’aime bien Mademoiselle Rose. C’est un peu notre grand-mère. Elle enseigne tout ce qui fait notre spécialité, nous, les élèves de quatrième, section commerciale, c'est-à-dire le commerce, l’économie et des notions de comptabilité. Elle genevieve-tabouis-1.jpgexplique bien Mademoiselle Rose, mais d’une voie fluette.

Sa voix, sa voilette me font penser à Geneviève Tabuis. Vous savez bien celle qui cause à la radio sur des sujets très sérieux comme la politique et qui emploie des formules que j’ai peine à comprendre : « Les dernières nouvelles de demain. » « Attendez vous à savoir. »

Mais Mademoiselle Rose a un peu tendance à lire ses cours d’une voix monocorde un peu soporifique. Je me trouve dans le fonds de la petite classe, la première heure studieuse de l’après-midi. La digestion est difficile. Mademoiselle Rose a peut être aperçu ma somnolence.

Elle m’interroge. J’ouvre un œil.  ».

-"Que connaissez vous comme moyens de transports ferroviaires ?."  

                                                                                                                                                                  Geneviève TABOUIS.

                                                                                                        

Toujours l’envie de dormir, la voix pâteuse, au hasard je réponds ;

-« Les wagons lits, Melle »

(C’est bien d’un lit, dont j’aurais besoin). Aux ricanements étouffés des camarades, Je rectifie le tir, en répondant après un court instant de réflexion, « les wagons de marchandises, les wagons citernes.).

Mademoiselle Rose fait semblant de ne pas avoir entendu ma première réponse, continue le cours. Et moi je poursuis ma digestion au fond de la classe.

 

Pour les cours de dactylographie nous allons tout en haut du nouveau bâtiment en briques.

Dans une grande salle, une vingtaine de machines à écrire antédiluviennes des Underwood des Japy des Remington.trônent sur des petites tables semblables à celles des bistrots. La prof, une dactylo.jpgespèce de grand cerbère  en blouse grise descendant jusqu’aux chevilles, aux grand bras qu’elle balance comme les ailes d’un moulin en hurlant des imprécations. Nos machines bruyantes et  trépidantes nous demandent une force de frappe démoniaque car les touches, rondes serties d’une bordure    en relief sont dures et presque coupantes. Le clavier est « aveugle », pas de lettres inscrites sur les touches restées blanches. Nous devons recopier un texte sans regarder nos doigts. Une affiche cartonnée représentant le clavier avec les lettres, est punaisée au dessus du tableau noir. Si l’épouvantail surprend un de nous  à regarder la position de ses  doigts sur les touches, il s’étouffe d’indignation. Et comme il m’arrive souvent d’être un de ceux là, je ne vous dis pas ces serpents qui sifflent au-dessus de ma tête.

En plus, le but, c’est d’atteindre les 140 mots frappés par minutes. Pour moi le compte est bon, mais alors que de fautes de frappe que l’acariâtre entoure rageusement en rouge sur ma feuille qu’elle déchire souvent. A moi de recommencer.

Je suis considéré comme un cancre de la dactylographie.

Et pourtant, dans quelques années, savoir taper à la machine me permettra de vivre sans trop de soucis mon service militaire comme dactylo du colonel, tapant plus vite que la pfat de service (personnel féminin de l’armée de terre). Plus vite certes mais en regardant mes doigts …  

Quand je pense que l’an dernier, il y avait encore au programme de quatrième C (commerciale) des cours de sténo méthode Delaunay. J’ai échappé de justesse à ce truc qui m’aurait cassé les pieds. Cependant cela m’aurait été utile plus tard pour prendre à la volée des notes de  cours,  de rapport de réunion et autres billevesées….

   

Pour vous souvenir ou connaitre la voix de Geneviève TABOUIS :

 http://www.ena.lu?lang=1&doc=11593

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1960 (Seconde partie).
  
  
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