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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le
début :cliquez sur :
 http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
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1 9 60- La pension (Troisième partie.)

 

Le professeur de mathématiques est tout jeune. C’est sa première année d’enseignement. Tout frêle dans sa grande blouse blanche.  C’est un espagnol, il est arrivé enfant réfugié avec ses parents en France lors de la guerre civile.

Il nous parle beaucoup de la situation actuelle de l’Espagne, du dictateur Franco. Etc. C’est un professeur engagé comme on ne dit pas encore en 1959. Je le préfère plus en  historien contemporain que lorsqu’il essaye de nous enseigner les mathématiques. Malgré mon peu d’appétit pour cette matière et par le retard pris pour n’avoir pas suivi les cours de sixième et de cinquième j’arrive assez bien à comprendre ses cours. Délaissant un peu le programme et son algèbre classique il nous démontre l’utilité des mathématiques modernes, et de la théorie des ensembles. Cette théorie toute nouvelle qui va révolutionner notre approche du monde, en mathématiques bien sûr , mais aussi en grammaire, en apprentissage de la lecture et aussi dans ce truc bizarre à venir : l’informatique

 

Un dernier portrait de professeur. Monsieur Lecoq. C’est le professeur de Dessin. Il professe dans un bâtiment en préfabriqué isolé du reste du collège, presque au milieu du minuscule terrain réservé aux sports. Les fenêtres sont grillagées car souvent bombardées de ballons de basket ou de foot. Il ne s’agit pas vraiment d’une classe, mais d’un atelier  capharnaüm jules-ferry-dessin-lecoq.jpgrempli de placards et de trucs en tous genres, vases, plâtres, affiches.

 Le maître des lieu est un petit bonhomme en blouse bleue aux taches de couleurs multiples,  aux cheveux noirs taillés en brosse, de grosses lunettes rondes en écaille et surtout, surtout, un mégot en permanence à la bouche. A l’intérieur de cet antre mystérieux, un nuage de fumée continuel. En deux heures de cours Monsieur Lecoq grille pratiquement un paquet de gauloises troupes papier maïs. Il tousse beaucoup et nous aussi d’ailleurs. Selon moi ce tabagisme effréné ne fera pas de lui un centenaire.

Pourtant c’est un dessinateur reconnu. Il assure l’illustration de nombreux livres : romans, essais, etc.

Dans ce que l’on peut quand même appeler sa classe, nous pouvons bouger, nous lever de notre place, table ou chevalet, voir ce que font les autres, critiquer, conseiller, parler et aussi travailler, créer des œuvres impérissables. Mais  Mr Lecoq a institué un règlement assez strict (règlement que je retrouverai plus tard dans les cours de dessin pour adultes) : A chaque fois qu’un gros mots est prononcé,  une pièce d’un nouveau franc doit être immédiatement  déposée dans une tirelire. Personnellement le mot de Cambronne m’arrive facilement aux lèvres : une mine de crayon qui casse, une tache de peinture inopportune, une gomme qui fait un trou dans le papier, bref tous les aléas lié au métier d’apprenti artiste. Je suis ainsi l’un des plus gros généreux donateurs de la tirelire. Le contenu fait de pièces sonnantes et trébuchantes sert à l’achat de fournitures non contrôlées par l’Administration : Papier, couleurs, etc.

Curieusement des six professeurs dont je viens de parler, aucun ne ferra la prochaine rentrée en Septembre 1960. Je ne les aurais connus qu’une année scolaire. A partir de la rentrée en troisième j’aurai des professeurs plus conventionnels et que je suivrai plusieurs années de suite.

Je ne peux oublier un autre personnage connu lors de ma première année de ma vie d’interne. : « Titine » l’Infirmière.

 

L’infirmerie se trouve sous les toits.

Deux petites pièces pour les soins. Une chambrée de quatre ou cinq lits pour les cas à surveiller. L’infirmière que l’on nomme « Titine » occupe un petit deux pièces contiguë aux locaux infirmiers. Titine est une petite bonne femme prés de la retraite aux cheveux rares et blancs bleutés, à la blouse de nylon rose et toujours en mouvements ne se laissant pas faire par les garnements que nous sommes. Pas question de lui dire n’importe quoi pour se faire dispenser de cours de gym... C’est elle qui assiste le médecin scolaire pour faire les visites annuelles. Après nous avoir pesé, toisé, elle nous faire pipi dans un petit bocal de verre. Je lai vu faire bouillir dans une casserole en bain marie sur un petit réchaud électrique les bocaux d’urine pour les analyser en y plongeant des produits bizarres.

Le soir avant de se coucher, les internes peuvent aller en pyjama à l’infirmerie s’ils ne se sentent pas bien ou s’ils doivent prendre des médicaments spécifiques.

Tous les jeudis matin, à la cantine au lieu du café au lait habituel nous est servi du mauvais chocolat. Dans la matinée des violents maux de têtes m’assaillent. Je vais voir Titine Qui commence par ronchonner, c’est son habitude, puis estimant que je digère mal le chocolat me fait un mot pour le « surgé ». Dorénavant, le jeudi je prends mon petit déjeuner  à une table où est servi spécialement du café à des petites natures comme moi. Ayant attrapé une sorte de grippe je passe 4 jours à l’infirmerie, au calme, au chaud, loin du dortoir bruyant. Finalement Titine est très gentille et je me fais chouchouter.

 

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1960 (quatrième partie).
  
  
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