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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 07:00
Du 2 Mai au 30 Juin "Ateliers d'Artistes"
présente une exposition des oeuvres de Marie-José MALARGE
 à l'Hôtel de Montulé à DREUX. 
Des peintures? Non! des Dessins? non.
des gouaches  à la plume. Technique particulière
Laissons parler l'artiste :
"Ma technique : J'applique ma gouache à la plume par un graphisme continu, chaque ton étant obtenu par supperposition de couleurs primaires.
Mon intention : partant de ma perception des choses telles quelles, lmodulant ordonnance, distance, angles de vue, lumière et travaillant ensérie, je cherche ce point d'équilibre entre figuration et abstraction où se suspend le temps....."

Quelques oeuvres.. (Difficiles à photographier à cause des vitres)


Gros plan sur la technique employée par Marie José MALARGE.



Puisque le reflet de l'école Godeau s'impose sur les vitres, montrons le....

Exposition à voir, Hôtel de MONTULE à Dreux jusqu'au 30 juin.

Pour connaitre toutes les activités de l'association "TERRE D'ARTISTES" Visitez son site : 
http://www.terre-artistes.com/index.html
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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 23:34
Samedi 16 Mai si vous n'avez rien à faire de 14h à 14h30, Branchez vous sur

"RADIO GRAND CIEL".
A DREUX féquence : 97.7.

Dans son émission "Histoire de la région drouaise" MAXANCE
 recevra PIERLOUIM" sur le thème :
"Histoire de Dreux, miroir de l'histoire de FRANCE".
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Published by pierlouim - dans -VIE DU BLOG
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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 07:00

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AN PAR AN,
               Chronique d'une jeunesse drouaise
.

J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année.
La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :
de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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 1 9 5 2  

 

Une année de transition.

En cinq ans j’ai déjà appris beaucoup de choses, marcher, être autonome, parler, Cette année je monte une marche, je vais apprendre à lire, à écrire, commencer ce long chemin de près de quinze ans pendant lequel je vais ingurgiter tellement de matières diverses et variées que je m’empresserai très vite  plus tard d’oublier….Je vais aussi apprendre à monter à bicyclette, il paraît que cela par contre ne s’oublie jamais….

Mais n’allons pas trop vite.

 

C’est la première fois que je vois un cirque :

Le cirque Pinder. Il est dix heures du matin. Maman m’a amené à la gare de Dreux ….Le cirque arrive par chemin de fer. Un train entier pour lui tout seul… Des tracteurs descendent des wagons et tirent des remorquent dans lequel sont entassées les pièces du chapiteau…Ces tracteurs avec leur lourd et encombrant chargement sortent lentement et bruyamment de la gare  en laissant échapper des volutes de  fumée noire. Ils s’en vont descendre l’avenue de la gare et se dirigent vers la place Mézirard où le cirque va s’installer, à un peu moins d’un kilomètre de là….Puis des roulottes jaunes et rouges sont descendues des wagons tirées certaines par des tracteurs d’autres par des chevaux ; Je suis fasciné.

.Des chevaux quatre éléphants, des dromadaires des cages dans lesquelles on devine des fauves, descendent du train. Un cortège se forme, trois chars décorés, de belles dames emplumées, des musiciens en uniforme multicolore jouent de la trompette, du tambour. C’est la parade qui commence…La foule s’attroupe…le défilé s’ébranle et prend le même chemin que les tracteurs de tout à l’heure, Je tire maman par la manche…la musique, l’agitation me grisent, les éléphants qui marchent si pesamment me subjuguent…Nous traversons ainsi la ville, il n’est pas question à ma maman de m’empêcher de suivre…

Nous débouchons avec le cortège Place Mésirard ou le chapiteau commence à s’élever, car une bonne partie du matériel et des caravanes est aussi arrivée par la route. De grands costauds par groupes de trois ou quatre enfoncent dans le bitume de la place de longs pieux en fer en frappant tour à tour et en cadence avec de lourds marteaux. Des coups de sifflets, des ordres hurlés le martèlement des coups de masses, le froissement de la toile qui monte lentement dans le ciel autour des mats, la fanfare qui continue de jouer, des barrissements des rugissements, Je m’enivre de toute cette effervescence pendant que maman fait la queue devant la roulotte de la caisse pour louer les places de ce soir.

Toute l’après-midi je suis dans une excitation extrême.

Enfin le soir est arrivé .Nous sommes à l’intérieur du chapiteau, sur les gradins de bois en peu en hauteur…. Le spectacle commence : Les flonflons tonitruants de l’orchestre, Monsieur Royal…, le dompteur. Les lions me font peur, les trapézistes me donnent le tournis…je me tords le cou pour mieux les voir en me levant de mon banc, je gesticule….Crac, mon pied glisse, je tombe entre le banc et les planches des gradins Je chute d’environ deux mètres sur le sol. Mon papa en se faufilant sous les gradins   .me récupère. Je n’ais rien, heureusement.. Papa me remonte à ma place, me gronde, je lui sens l’envie de me mettre une de ces fessées…Mais le spectacle continue…

Je reviens épuisé à la maison, et m’endors plein de rêves dans la tête…  

Je ramène aussi un carton à découper pour en faire une maquette de cirque…

Je découpe, je colle, je plie et je déchire. Le résultat n’est pas flagrant du tout, plutôt même désastreux…..…. 

Quelques jours plus tard, en visite chez mes deux copains de crèche, Daniel et  Françoise, le frère et la sœur, je m’aperçois qu’ils ont réussi à monter ce cirque en carton. C’est magnifique…J’en suis jaloux, et peste après moi d’avoir été aussi maladroit. Au retour à la maison je déchire rageusement les morceaux de ce qui reste de ma maquette.

 

Il me reste quelque chose de l’incident de l’année dernière au 14 Juillet, ce pétard reçu dans l’œil : Une peur panique de l’Orage …

 La tante Berthe, qui a enterré son mari l’an dernier vient souvent le lundi à Dreux pour vendre quelques produits fermiers sur le marché. Elle représente ce qu’on appelle un « petit panier » Car elle étale devant elle à même le sol les paniers contenant les produits à vendre, légumes, fruits, œufs, voire lapins, fromages, poulets. Le midi elle monte de la ville à notre maison pour déjeuner avec nous. Elle repart en début d’après midi avec ses paniers vides de ses propres ventes mais en partie remplis des emplettes faites sur le marché. Elle reprend le train pour Marchezais et Serville….

Ce midi, un orage terrible s’est abattu sur la ville. Mort de trouille je me suis réfugié sous le petit lit qui se trouve dans la salle à manger….Maman n’arrive pas à me calmer. La tante Berthe arrive de la ville, complètement trempée malgré son énorme parapluie.

Découvrant  mes pieds dépassant de dessous le lit, elle me les chatouille avec la pointe de son parapluie… Elle rigole et se moque de moi….Un peu honteux je sors  pour l’embrasser. Je jure de ne plus avoir peur de l’orage……Promesse que j’aurai beaucoup de mal à tenir…..

 


A SUIVRE : Jeudi prochain : 1952.-deuxième partie.

Si vous voulez lire ou relire les chapitres précédents, 
:
A droite de ce texte, dans la rubrique : Catégories. Cliquer sur "le feuilleton".

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 07:30
Participation cette annéee de plusieurs véhicules d'époque.

Entres autres dépots de gerbes. A la Gare.

Au pas, les édiles.



FFI. Rétro mobile club drouais.


Jeep.


Vidéo : défilé Bd L.TERRIER.


TankSherman .




Au monument au mort.  



Les cloches sonnent comme il ya 64 ans. (il y manque le "bourdon" du beffroi.)


Pour moi le 8 Mai est une date à commémorer plus importante que le 11 Novembre. Comparé à ce simple "armistice" (la boucherie a recommencé 20 ans plus tard.) la "capitulation sans condition" de 1945 a sonné la fin des guerres "europénnées"....64 ans de paix en France, on n'avait pas vu cela depuis avant la Révolution.
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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 07:00

  medium_1-durocasseries_pierlouim.4.jpg

Cette semaine paraît dans le 
"DROUAIS MAGAZINE"'
une vingt et unième Durocasserie : 

.

 

La ville de DREUX pendant plus de vingt siècles a vu son histoire évoluer au même rythme que l’Histoire de FRANCE. A chaque étape marquante de l’histoire nationale correspond un fait analogue à Dreux. Quatre Durocasseries vont à peine suffire pour survoler deux mille ans d’histoire.
troisième chapitre :


3- DE LOUIS XIV A LOUIS XVIII.

  

-140 années d’accalmie. Après les périodes tragiques des guerres de religion et de la Fronde, la FRANCE et  DREUX vont vivre quelques temps dans la paix. Mais les guerres extérieures  de  LOUIS XIV et de LOUIS XV ainsi que les fastes de Versailles vont créer de nouveaux impôts et faire monter peu à peu un fort mécontentement dans le peuple.

Les Drouais pour beaucoup, vivent de leurs vignobles. Les aléas climatiques (gel, grêle, sécheresse) vont souvent entraîner de mauvaises récoltes et faire alterner à quelques années de relative abondance des périodes de misère noire.

Les murailles de la ville, non entretenues, tombent peu à peu en ruine. Il n’en restera presque plus de trace au milieu du 18ème siècle  (Seul vestige actuel : la tour Hennequin, rue Porte Chartraine.)

 VAUBAN à la même époque fait fortifier les villes frontières de la France.


-LA VIE DE COUR A VERSAILLES. Les DANICAN PHILIDOR, dynastie de musiciens installés à Dreux, servirent sur six générations à la cour des Rois de France de LOUIS XIII à LOUIS XVI. Le plus célèbre, François-André, fut un  des créateurs de l’opéra-comique, grand joueur et théoricien des échecs qui mourut en Angleterre en 1793.
 


-A PARIS : La prise de la Bastille. A DREUX, l’incendie de la maison des aides.

Le 20 juillet 1789 avec six jours de retard, les Drouais eurent leur « 14 juillet » en pillant et brûlant la maison des Aides (impôts) actuellement place Métézeau. (Image jointe)


- La vente des biens nationaux. A DREUX démantèlement de la collégiale St Etienne
. Après destruction du Donjon en 1794, la collégiale fut mise aux enchères en 1798 et adjugée au citoyen Pelletier marchand de bois à Chartres. Ce joyau du XIII°siècle fut démoli en trois ans.


 
-Les maréchaux d’empire : Les généraux drouais.

DREUX donna à la Révolution et à l’Empire plusieurs courageux militaires de haut rang : Les généraux SENARMONT, (père et fils), de BILLY et DOGUEREAU.


-NAPOLEON : visite éclair à DREUX
.

En 1811, lors d’un voyage qui le menait à Cherbourg, Napoléon accompagné de l’Impératrice Marie Louise s’arrêta à Dreux. Un fastueux banquet avait été préparé pour le déjeuner. Mais, après une brève réception à la mairie, Napoléon quitta Dreux, pour s’arrêter au hameau des Fenôts et  pique-niquer sous un soleil radieux.


-1815-WATERLOO, LOUIS XVIII : Les Prussiens à DREUX.
Cadeau de Napoléon avant son départ à St Hélène : La FRANCE et DREUX qui n’avaient plus subi d’occupations étrangères depuis la guerre de cent ans (soit plus de trois siècles) durent entretenir les troupes des vainqueurs de Napoléon. Dreux logea et nourrit à ses frais pendant plusieurs mois des centaines de soldats Prussiens. La population fut traumatisée par les nombreuses exactions commises par la soldatesque. Malheureusement les Prussiens appréciant le gîte et le couvert de nos belles provinces reviendront à plusieurs reprises occuper la FRANCE et DREUX.

Dans quinze jours, nous verrons la quatrième et dernière partie de «Dreux, miroir de l’histoire de France». 

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 07:15
Le mariage religieux du prince Jean d'ORLEANS, duc de Vendôme prétendant au trône de France descendant des rois  Louis Philippe et  Louis XIII, âgé de 43 ans


et de Philomena de TORNOS Y STEINHARDt, 31 ans a été célébré samedi dernier
en la cathédrale de senlis.
Le mariage "civil" avait été scellé à Paris le 19 mars dernier par Rachida DATI.
L'actuelle  garde des sceau était présente à la céremonie

ainsi que Madame CHIRAC, Lorant DEUTSCH, tout le Gotha couronné (dont le fils du Roi des Belges) et bien sûr, Stéphane BERN, qui a écrit l'article du Figaro dont les photos sont tirées. .


Si je relate cet évenement "princier" et people c'est qu'il a un lien direct avec DREUX


La famille d'ORLEANS est la branche porteuse des Rois de France (si, bien sur la France était réstée un royaume comme l'Angleterre, la Suède ou l'Espagne : de belles démocraties aux premiers ministres socialistes). 
La famille "D'ORLEANS" a son point d'attache à DREUX et plus exactement  la chapelle Royale Saint LOUIS.
C'est en celle ci que  l'actuel Comte de PARIS, père de Jean d'Orléans s'y est marié en 1957 . La plupart des filles de la Maison de France, y ont également célébré leur mariage. 
Les aîeux de Jean d'Orléans, comte et comtesse de paris, parents du comte actuel, y sont enterrés depuis peu (1999 pour le Comte et 2003 pour la Comtesse). 
 
Photo prise en 1960, devant la chapelle royale de Dreux (Paris-Match)
Une toute petite partie de la famille d'Orléans avec concours de bibis en prime.

Je raconterai un jour la saga de cette famille  qui se marie et s'enterre à Dreux. Je vous montrerai parmi de nombreuses photos nos maires drouais (même l'actuel) unir ces têtes couronnées.
Sans être "royaliste" et plutôt farouchement républicain j'avoue que cette attache de la maison de France avec Dreux, donne un autre visage à notre ville que celui trop souvent véhiculé par les médias parisiens.

Et pour terminer je citerai les propos du maire de Senlis relatés par Stéphane BERN dans le FIGARO  : " Votre histoire est la nôtre et l'on ne peut rien y soustraire. Nous sommes tous solidaires de ces tradtions politiques qui sont la charpente invisible de la France. "
L'héritier d'Hugues Capet (élu roi à Senlis en 987) et sa jeune épouse ont apprécié l'hommage républicain.

Voir en cliquant ci-dessous l'article que j'ai dejà consacré à la famille d'ORLEANS :
http://lesdurocasseriesdepierlouim.blog50.com/archive/2008/12/10/people-drouais-du-siecle-dernier.html

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 07:10

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AN PAR AN,
               Chronique d'une jeunesse drouaise
.

J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année.
La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :
de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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 1 9 5 1  

 

C‘est ma deuxième année d’école maternelle.
L'école Jules Ferry aux Rochelles est dirigée par un duo de demoiselles. Ces demoiselles sont  des « vieilles filles » comme on nomme encore les dames non mariées de plus de 25 ans. Légalement elles sont « célibataires majeures », contrairement aux femmes mariées, considérées comme « mineures sous tutelle du mari ». L’émancipation des femmes a encore un bel avenir, même si ces ames peuvent voter depuis cinq ans. Elles sont sévères, ces demoiselles, même si on est, moi et mes camarades bambins un peu les enfants qu’elles n’auront jamais.

Un jour, j’ai du faire une bêtise, laquelle exactement  je ne saurai le dire.
Eh bien ! le petit bidule en ficelle et carton collé que j’avais si amoureusement bricolé pour mon Papa et ma Maman a été réquisitionné…Tous les autres petits écoliers ont pu l’emmener chez eux et le donner eux-mêmes à leurs parents. J’en étais tout triste…

Maman a du, à la demande des demoiselles, se déplacer un soir pour récupérer le dit bidule. Je ne sais pas ce qui c’est passé entre elles, mais en me ramenant à la maison, Maman était plus en colère envers les demoiselles qu’après moi…Il faut dire qu’elle est plutôt du style mère poule, ma maman, prête à sortir ses ergots si on touche à son petit poussin. 

Par contre, un matin Maman m’a fait une grande confiance…Elle m’a laissé partir avec mon copain Claude seuls à pied vers l’école (au pire 400m sans traversée de rue). Sans rien dire, en se cachant, elle nous a suivi. Il y a au milieu du parcours un petit verger aux cerises tentatrices, déjà bien mûres en ce début de Juin. Bien sûr, Maman nous a surpris en train d’essayer de grimper aux arbres. Une fessée mémorable, une de celles dont on se souvient toute sa vie. Je ne saurai jamais quel goût avaient ces cerises. 

Une des deux demoiselles nous fait chanter une comptine qui comporte des paroles qui, je pense, ne seront plus envisageables dans quelques dizaines d’années :

- «  Pourquoi la fatma, l’avait faim mon z’ami ???...

- parce que ..(Là je ne me souviens plus)

-Pourquoi la fatma l’avait soif mon z’ami. ?... ».

 je me souviens vaguement d’une histoire d’incendie, d’inondation….

Bref une sorte de « tout va très bien Madame la marquise » à la sauce colonialiste des années cinquante.  

 Encore un enterrement dans la famille : l’oncle Jules, le mari de l’une des nombreuses sœurs de ma grand-mère, celle que je connaîtrai sous le nom de « Tante Berthe ». . C’est la première fois que je prends le train, avec Maman. Quinze kilomètres jusqu’à la petite gare de Marchezais. Puis deux kilomètres à pieds sur un petit chemin herbu qui longe d’abord la voie ferré et à travers champs jusqu'au petit village de Serville…Il fait chaud. Le chemin me parait interminable. Je porte un petit chapeau de paille, je traîne derrière maman en ronchonnant…

Enfin nous arrivons, Un dais en toile noire flottant légèrement au vent  entoure le portail d’entrée de la petite ferme. Dans la cour, il y beaucoup de monde et pourtant peu de bruit. Plutôt un bourdonnement continu de paroles marmonnées à voix basse. Mon œil est tout de suite attiré par des rutilements de lumières  que le soleil multiplie en longues flammes jaunes. Ce sont plusieurs casques cuivrés surmontés de crêtes rouges qui brillent ainsi de tous leurs feux. Je suis ébloui, qu’est ce que c’est beau !….

L’oncle Jules était pompier volontaire. Ce sont ses camarades qui viennent l’accompagner à sa dernière demeure.

Maman me pousse à l’intérieur de la maison, il fait sombre et frais, on me donne à boire. Je devine une longue boite noire, sur deux tréteaux, des fleurs, des pleurs….

Puis le départ, un cheval caparaçonné de noir tire un corbillard orné de plumets blancs. En tenant la main de maman je chemine lentement un peu coincé entre les adultes de noir vêtus. Quelques murmures de voix ne peuvent couvrir le crissement des roues et le claquement régulier des pas lents du cheval sur le gravier.... Je peux admirer de prés les pompiers, leur uniforme noir aux boutons dorés, au large ceinturon de cuir jaune et surtout leur casque qui me fascine.

L’église, la messe, je m’y suis endormi, allongé sur un banc de bois vermoulu. Puis  encore une longue marche sous le soleil, vers le cimetière. J’assiste de loin à la mise en terre, puis des embrassades, des dames en noir, la tante Berthe,   qui m’enserre dans ses bras….

A nouveau ce petit chemin vers la gare…

Ouf ! Quelle journée….Heureusement, je pense que ce sera  le dernier décès dans ma famille avant quelques années. C’est vrai, mes touts premiers souvenirs d’enfance s’attachent à des enterrements. Mais j’espère que  tous mes souvenirs à venir seront plus heureux . 

14 Juillet –C’est la fête, le défilé, les soldats, les fanfares… les pompiers qui descendent sur une corde  en rappel  du haut du beffroi, du bruit, de la musique, des pétards. J’y ai vu aussi la rosière avec ses demoiselles d’honneur. Il paraît que la maman de papa a été rosière de Dreux en 1900. 

Nous sommes maintenant dans la cours de l’école des filles, rue st Martin, beaucoup de monde, du soleil, une estrade, des boxeurs,  un combat, des cris , des applaudissements, des coups de gong. Je suis heureux, juché sur les épaules de mon Papa je vois tout de haut, je ris à gorge déployée……

Et puis,  tout d’un coup, poum !!!. je reçoit un pétard sur l’œil, Il éclate dans un bruit assourdissant. Ca me brûle, je me mets à hurler…,  Papa affolé, d’une traite me descends de ses épaules. Il tremble, il se mets à hurler après les jeteurs de pétard et essaye dans la foule de courir après. Maman agenouillée éponge avec son mouchoir le sang qui gicle. Le pétard a brûlé le sourcil et fait éclaté l’arcade sourcilière…On dirait que je descend direct du ring où les boxeurs se tapent toujours dessus…Maman m’ayant tiré en courant sous le préau m’asperge .d’eau fraîche… Papa est parti invectiver la vendeuse de pétards à la sauvette.

Je n’irai pas au feu d’artifice ce soir...

N’ayant pas eu de points de suture,  mon sourcil droit sera longtemps orné d’une cicatrise en diagonale (un peu comme un certain Obispo bien plus tard pour faire joli).

Pendant toute mon enfance je garderai une peur viscérale de tout se qui éclate bruyamment : pétard, feu d’artifice et même l’orage. Dans vingt ans, au service militaire, il me faudra affronter  le bruit assourdissant de canons de gros calibre pour me guérir enfin de cette phobie. Et aussi je n’aimerai jamais jouer au ballon, au foot par exemple, avec une frousse terrible de prendre le ballon en pleine tête. 

Une boule de poils blancs s’ébroue dans le jardin, sautille en tous sens, se heurte à moi en couinant et repart à toute vitesse en jappant …J’essaie de l’attraper. Je courre après elle, je tombe dans l’herbe. Enfin je la saisi dans mes bras. Elle se débat de toutes ses pattes, et me mordille les mains.Je vous présente Louloute, c’est comme ça qu’on la baptisée,  une petite chienne sans pedigree  que papa a rapporté d’un de ses chantiers pour moi. Cette petite bête attachante sera ma compagne de solitude enfantine. 

Devant la maison qui est finie maintenant depuis bientôt trois ans, à nouveau un trou. En fait, une tranchée pour y poser un tuyau amenant le gaz de ville à la maison. Le travail n’est pas terminé, les terrassiers sont peut être parti déjeuner, leur outils reposent sur le remblai... Je suis curieux et j’entraîne mon papa au bord du trou pour voir ce qui s’y passe …Je me penche, un peu trop, je glisse, entraînant mon papa qui veut me rattraper. Nous tombons ensemble lourdement et bruyamment au fond du trou. Il n’est pas très haut ce trou, un mètre cinquante à peine, mais c’est plus haut que moi… Nous entraînons dans notre chute une pioche et une pelle qui nous tombent dessus sans heureusement nous faire de mal. Mais quelle frousse, surtout pour mon papa, qui a eu peur pour moi. Je sors de la tranchée avec une lèvre un peu saignante….La curiosité n’est pas toujours bien récompensée. 

Noël….Je confectionne pour mon papa et ma maman un père noël en carton. J’y colle une grande barbe en ouate. Dans un avenir très lointain,  mes filles et mêmes mes petits enfants feront le même truc,  une tradition bien établie dans les maternelle et qui se transmet de génération en génération. 

J’aime bien les fins d’année.

On va à la salle des fêtes. Monsieur le maire et d’autres font des discours c’est barbant, mais après on chante et on danse, on a plein de petits cadeaux et plein de bonbons.

Et puis il y a aussi la Fête des anciens prisonniers de guerre avec papa. Là encore, plein de bonnes choses pour moi, des petits nougats des petits bonhommes en pain d’épice.Un Camarade prisonnier de papa a monté  avec certains de ses anciens codétenus un petit orchestre de bal.
Cet ensemble « Tatave et ses musiciens », j’aurai l’occasion de les entendre plus d’une fois dans les années à venir, dans les bals et  les fêtes.
 

Ces cinq premières années de vie, finalement ne se sont pas trop mal passées….j’attends l’avenir avec optimiste.Pendant cette année1951, les européens commencent à s’unir en créant, la communauté européenne du charbon et de l’Acier.  Un chanteur, un cousin de la belle province, chante le ptit bonheur, moi, mes souliers et bozzo.

 Le ptit bonheur, cela me va bien pour les années à venir………..

 
A SUIVRE : Jeudi prochain : 1952.
Si vous voulez lire ou relire les chapitres précédents, cliquez sur
:
-1946 : LE FEUILLETON : "AN PAR AN" Chronique d'une vie drouaise. 1946
-1947 : LE FEUILLETON : "AN PAR AN" Chronique d'une vie drouaise. 1947
 

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 09:20
Un étrange canard s'est posé sur la pelouse de la  maison du lion, rue St Thibault.
Cette oeuvre d'art, car il en s'agit bien d'une a été réalisée par Christophe Mureau, John TOTOFF de son nom d'artiste, sculpteur métal d'origine drouaise.
Ce canard en  fer laqué est long de 3m70 haut de 2030 et large de 2m10.

Un concours de dessin a été organisé pour les enfants.....




Curieuse coïncidence. Un canard aussi jaune que celui-ci, beaucoup plus grand s'était posé sur l'eau de l'estuaire de la Loire entre Nantes et St Nazaire lors d'une grande manifestation d'art contemporain en 2007.

Malheureusement  ce coin-coin gonflable de 19 mêtres, oeuvre de Florentijn Hofman, s'est rapidement dégonflé....

Mais notre petit canard Drouais lui n'a pas manqué d'air car il est en fer.....
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Published by pierlouim - dans -PIETON DE DREUX.
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 07:00
En me promenant ce samedi de mai (presque) ensoleillé dans Dreux,
 je me suis aperçu que la tradition de la brocante
 place Métézeau chaque premier samedi du mois
était toujours présente.


Heureusement que je n'étais pas argenté sur moi ce jour là, car je ne résiste pas à de vieux et rares bouquins.

A Samedi 6 Juin pour une prochaine brocante place Métézeau.
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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 07:00

Jusqu'à lundi dernier à la chapelle de l'Hôtel Dieu de Dreux on pouvait admirer une expo rigolotte élaborée dans le cadre du 4e centenaire de la naissance de Jean de Rotrou.
Les élèves de la section arts plastiques du Lycée Saint Pierre Saint Paul sous la direction du professeur d'arts plastiques OLibier Bernacchis ont crée une série d'oeuvres d'arts sur le thème de cette figure emblématique drouaise....
SI vous n'avez pas pu voir cette exposition
Quelques exemples...


C'est vrai que Rotrou actuellement se survirait d'un ordinateur...


Rotrou super héro ou rasta, pourquoi pas ?.



Portraits 2009 de Jean de Rotrou.


Les jeunes se prennent pour Rotrou...


Je regrette que les jeunes gens n'aient vu en Jean de Rotrou qu 'un jeune barbu moustachu à longue chevelure et col de dentelle.
Point de référence à l'oeuvre ni à l' époque de Rotrou, ses contemporains Richelieu, corneille, Molière....
S'ils avaient fait une expo sur Molière les élèves auraient pastiché Arpagon, Tartuffe, le Bourgeois genthilhomme, les femmes savantes etc.....
Point donc de Saint Genest, le comédien de la Rome antique persécuté comme chrétien , pas de Vencesclas roi de Pologne ,  ni du roi amnésique de la bague de l'oubli. ni des sosies ni du mort amoureux.etc..

Bon ce n'est pas grave, ces élèves ont fait preuve d'imagination graphique, c'était le but de l'opération et non celui de faire aimer les alexandrins de l'ancêtre drouais, aux surfeurs internetiens du 21°eme siècle....

Un catalogue de l'exposition "Moi, Jean Rotrou", aux arts lycéens  est en cours d'édition, à suivre.....

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Dreux Par Pierlouim

  • : DREUX PAR PIERLOUIM
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  • PIERLOUIM
  • Né à Dreux, j'y ai vécu toute mon enfance.
Aprés quarante années d'exil à Lutéce, je reviens dans ma bonne ville. J'en observe la vie quotidienne et culturelle et me souviens de son histoire.
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  • Né à Dreux, j'y ai vécu toute mon enfance. Aprés quarante années d'exil à Lutéce, je reviens dans ma bonne ville. J'en observe la vie quotidienne et culturelle et me souviens de son histoire. Pour me joindre: pierlouim@cegetel.net

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