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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 07:00

PLACE MESIRARD-1-La place St Gilles.

-Les deux places intramuros de Dreux, Métézeau et Rotrou ont été percées au 19° siècle  en détruisant danciennes habitations. La place Mésirard, située en dehors des fortifications, n’était en 1850 qu’un ensemble de terrains humides, de prés et de jardins, entouré de cours d’eau: la Blaise canalisée, le ruisseau des Teinturiers, et les douves défensives. Le nom des rues et place de la Bonde rappelle un système qui permettait, en cas de danger de mettre en eau les fossés défensifs de la ville en déviant le cours du ruisseau de la Commune.

-La construction en 1593 du canal contournant l’actuelle place permit une alimentation continue des fossés en eau de la Blaise. Un chemin à découvert longeait les murailles de la porte Chartraine à la porte d’Orisson (angle st Thibault-Bois sabot). Les défenseurs de la ville pouvaient du haut du chemin de ronde surveiller les troupes ennemies en cas de siège et leur tirer dessus, d’où le nom de la rue actuelle des «Embûches». Une ruelle aux Cochons venant du Vieux Pré, passait à gué le ruisseau des Teinturiers et en traversant jardins et vergers rejoignait le gué sur la Blaise. Cette ruelle devenue «Aux Cochers» longe le théâtre, se noie dans la place pour se terminer en impasse derrière l’arsenal.

-Depuis 1179, la Foire de la Saint Denis   se tenait chaque année en octobre sur un terrain aux Rochelles, nommé les champs St Gilles». Après de longues négociations, la décision fut prise en 1859 de faire passer une  ligne de chemin de fer à Dreux. Les voies ferrées et la gare devant occuper les champs St Gilles, il fallut trouver un endroit assez vaste pour recevoir les foires annuelles. La ville acheta les terrains allant de la ruelle aux Cochons jusqu’à la ruelle des Embûches. Destiné à remplacer les champs st Gilles, l’emplacement ainsi dégagé prit tout naturellement le nom de Place St Gilles. La place fut inaugurée pour la foire de la pentecôte de 1862. En  juin 1864 le premier train venant de Paris entra en gare de Dreux.

-Les premiers bâtiments   construits en même temps que la place, de l’autre côté du ruisseau des teinturiers couvert à cette occasion furent ceux du couvent de la Visitation crée par Madame de Couasnon en 1859: Le monastère reçut les sœurs visitandines jusqu’en 1950, puis des missionnaires. Il fut détruit par un incendie en 1972. La résidence «Le Dauphin» occupe actuellement son emplacement.

mesirard 1achapelle de la visitation

-En 1878 fut ouvert au fond de la place, adossé à la Blaise un groupe scolaire réservé aux filles, une salle de gymnastique pour l’Espérance Drouaises et des bains douches municipaux. L’école de filles devint collège, puis annexe du lycée Rotrou avant d’être démolie. Le bâtiment central subsiste dans l’ensemble formé depuis 2006 par la médiathèque et le conservatoire sous le nom d’Odyssée.

 metezeau-ecole fille bains municipaux

-Transféré de la place Métézeau, un nouvel arsenal des pompiers est construit au bout de la ruelle Aux Cochers, en 1902. Les pompiers s’établissant rue St Thibault, l’arsenal est transformé en marché couvert en 1962. Abandonné par la création d’un nouveau marché couvert place de la Bonde, l’ancien arsenal, inscrit au titre des monuments historiques, est en cours de restauration pour accueillir bientôt un Centre régional d’Art Contemporain.

mesirard arsenal st gilles enfants 

-En 1906 la place St Gilles prit le nom de son créateur, le maire Jacques Mésirard.

 A suivre.

 -A bientôt, si Dreux le veut bien.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 07:30

ROTROU -3. La légende.

 

rotrou médaille refrappe 2009

rotrou cimetiere eglise2La mort à 41 ans, dans des circonstances douloureuses fit de Rotrou un grand auteur dramatique français à l’œuvre inachevée et un héros sacrifié au nom du devoir.

 

-En mourant si jeune en 1650, Rotrou laissa la place à son aîné de 4 ans, ami et concurrent, Corneille qui vivra encore 34 ans pour écrire la plupart de ses chefs d’œuvre. S’il avait vécu plus longtemps, en créant d’autres pièces de qualité, Rotrou aurait certainement été associé à Corneille, Racine (né en 1639) et Molière (né en 1622) par la postérité comme grand dramaturge classique du XVIIème siècle. Molière fit jouer vers 1660 par sa troupe, les pièces «Vanceslas» et «la Sœur». Il fit de fréquents emprunts à Rotrou comme le «Sans dot!» de l’Avare et la turquerie du «Bourgeois Gentilhomme» pris à «La sœur» ou «Amphitryon» inspiré des «Sosies».

-Son ami drouais Antoine Godeau fut l’un des créateurs de l’Académie Française en 1634, mais Rotrou n’y fut pas reçu. Sa charge à Dreux ne lui aurait pas permis de se rendre régulièrement aux travaux de l’Académie à Paris.

-Voltaire appréciait l’œuvre de Rotrou au point de voir en lui le «fondateur du théâtre français». Marmontel, disciple de Voltaire, retoucha le texte de la pièce «Venceslas» pour la présenter à la comédie française en 1759. Le grand acteur Talma joua cette pièce devant Napoléon. Stendhal, en admirait les répliques sublimes. Avec l’émergence du romantisme, les œuvres de Rotrou furent réédités en 1820 par Viollet-le-Duc, père de l’architecte.

rotrou st genest com franc michel aumont2-Considéré comme le dramaturge le plus représentatif du théâtre baroque français (avant 1650), Rotrou n’est cependant joué que rarement sur les scènes de théâtre actuelles. «Saint Genest» fut présenté à la comédie française en 1988 avec Michel Aumont dans le rôle-titre et en 2009 au théâtre Nord-ouest. «La bague de l’oubli» fut représentée en tournée au théâtre de Dreux en 2009. L’œuvre de Rotrou est  au programme de l’agrégation en lettres. Un sujet de concours en 2208 demandait de commenter une citation de «la sœur»: «L’injustice est muette et la justice crie».

-Selon Stendhal, Rotrou avait le «caractère héroïque et trouva la mort en faisant une belle action». En restant à son poste auprès de ses concitoyens malades de la peste, de les accompagner dans leur malheur et d’en mourir, Rotrou devint un héros du devoir patriotique. Le premier Empire en fit une icône napoléonienne, un exemple moral. En 1811, l’Académie française organisa un concours dont le sujet imposé était rotrou mort de maillierrotrou la vie est un jeu«la mort de Rotrou». Des 13 candidats, le gagnant fut Charles Hubert Millevoye, piètre poète en cours auprès de Napoléon. En érigeant à Rotrou une statue au milieu de la place qui porte son nom, ses concitoyens honorèrent le héros drouais autant que le dramaturge français.

-En 1950 pour le tricentenaire de sa mort, Charles Maillier notre incomparable historien drouais fit jouer à la salle des fêtes devant Marcel Pagnol une énième «Mort de Rotrou». Il a écrit aussi une revue «Rotrou..ssez  vos manches.». Pour le 400° anniversaire de sa naissance en 2009 les jeunes du lycée Rotrou jouèrent au Théâtre des morceaux choisis de ses pièces: «La vie est un jeu, Rotrou un florilège». Notre poète dramaturge baroque et patriote héroïque mérite bien tous ces hommages nationaux et drouais.

rotrou-caffieri-2.jpg

 

Dans quinze jours: La Place Mésirard. 

-A bientôt, si Dreux le veut bien

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Pour voir ou revoir les deux premières notes sur Jean ROTROU cliquer sur:

DUROCCASSERIE 87- Jean ROTROU.1-Vie parisienne.

DUROCASSERIE 88-JEAN ROTROU-2-Vie et Mort à Dreux

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 07:00

ROTROU -2 – VIE ET MORT A DREUX

Rotrou pRotrou subit une sorte de traversée du désert après le décès en 1637 de son protecteur, le Sieur de Belin chez qui il logeait régulièrement au Mans. Ses pièces de théâtre de premières factures, comédies féeriques et pastorales, n’avaient plus autant de succès et était un peu moins en cours auprès de louis XIII et Richelieu.

-En 1639, il décida de s’éloigner de sa vie parisienne trépidante et courtisane pour retourner à Dreux, sa vie natale. A la même époque, son ami drouais, Antoine Godeau changea aussi radicalement de vie en devenant prêtre en 1636 puis évêque de Grasse en 1637, passant ainsi de la galanterie à la sainteté. Corneille, pourtant son ainé de 3 ans appelait Rotrou «Mon père.» depuis son aide apporté lors de la bataille du «Cid». Il commençait alors l’écriture de ses tragédies historiques, Horace Cinna Polyeucte etc.

-Jean Rotrou acheta la charge de lieutenant particulier au baillage de Dreux, revenant de fait dans la tradition familiale et à son métier de formation, celui de magistrat. Sa fonction était celle d’un juge de paix, remplaçant le maire en son absence. Rotrou siégeait au rez-de-chaussée du Beffroi pour juger de petites affaires entre Drouais, des histoires de voisinage ou de petits conflits entre artisans.

rotrou quintric

Tableau Dal  Quintric.

-Le 9 juillet 1640, il épousa Marguerite Camus qui lui donna six enfants, dont trois seulement survivront sans descendance.

-Rotrou continua d’écrire à un rythme  moins soutenu, débarrassé des contingences d’auteur à gages. En dix ans, il écrivit à Dreux 11 pièces contre une quarantaine à Paris. Les pièces «Drouaises», pièces de maturité sont plus originales et dépouillées. Les plus connues sont: «Clarisse», «La Sœur» «Venceslas» ou une tragi-comédie, «Cosroès». La pièce la plus jouée reste «Le Véritable Saint Genest». Elle représente la conversion et le martyre du comédien Genest sous l’empereur Dioclétien au 3°siècle. Elle tient à la fois du mystère et de la tragédie, théâtre à l’intérieur du théâtre.

S'il est contemporain de Corneille, Rotrou reste un auteur de la vieille école. Son œuvre constitue un témoignage des goûts du public de l'époque, mais aussi un univers qui fascine encore par sa variété, son foisonnement baroque par une constante interrogation sur le monde et le héros (et aussi sur le théâtre): violence de l'action et des passions, éclat du verbe: un univers que certains ont qualifié de shakespearien, d'autres de hugolien.

rotrou genest smallrotrou talma role de ladislas dans venseslas 

 

Talma acteur fétiche de Napoléon dans le rôle de Ladislas dans la pièce de Rotrou "Vanceslas".

Affiche pour "Le Veritable St Genest" joué à Paris en 2009 au théâtre Nord Ouest

 

  

 

 

 

-Rotrou n’aura pas le temps de continuer son œuvre et de la rendre plus «moderne».

rotrou-lozach-tableau.jpgEn 1650 une épidémie de fièvre pourpre ravageait la ville de Dreux. Le maire Claude Rotrou, cousin germain de notre auteur dramatique, mourut en janvier. Malgré les instances de ses amis, Jean Rotrou qui était à Paris revint à Dreux. Mme de Clermont une de ses protectrices l’invita dans son Château à Mézières, mais rien n’y fit. Il resta à Dreux pour aider ses concitoyens dans ces circonstances dramatiques. Il se donnait à tous, secourant les pauvres, il visitait l’hôpital et tentait chaque jour d’enrayer le mal. Victime de son courage, il attrapa la peste et mourut en quelques jours le 28 Juin 1650, âgé seulement de 41 ans. La légende locale veut que la contagion mortelle se soit arrêtée ce jour-là et que Jean Rotrou en fut la dernière victime.

Dans quinze jours: La légende de Jean ROTROU. 

 -A bientôt, si Dreux le veut bien

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 07:00

medium_1-durocasseries_pierlouim.4.jpgla quatre vingt septième Durocasserie, parue dans le DROUAIS MAGAZINE:  

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JEAN ROTROU. 1

–Son enfance-sa vie parisienne.

Après l’histoire de la Place Rotrou, penchons-nous sur la vie du poète qui lui a donné son nom: Jean Rotrou.

-Plusieurs familles drouaises sont connues pour de grandes compétences transmises de pères en fils dans un métier bien défini, comme architecte pour les Métézeau, musicien pour les Danican Philidor ou officier artilleur pour les Sénarmont. Pour la famille des Rotrou il s’agit plutôt d’une vaste «cousinade» de magistrats, donnant à Dreux du 16° au 18°siècle, cinq maires, mais pas de poètes de père en fils. Le nom de Rotrou ne serait pas lié à celui des comtes du Perche. L’adjonction du «de» à Rotrou par certains auteurs n’aurait pas de véritable légitimité nobiliaire.

-le 21 Août 1609 Jean Rotrou nait à Dreux dans la rue au Lait. Son père est magistrat et sa mère la fille du grenetier du grenier à sel. Il fait ses premières études au collège de Dreux (Rue Chènevotte). Il y côtoie quelque temps Antoine Godeau, son aîné de quatre ans et fils du Lieutenant des eaux et forêts du Comté de Dreux. Si ces deux poètes et hommes de lettres drouais ont eu des parcours différents, ils restèrent en contact leur vie durant.

rotrou estampe 1835 1-A 17 ans, Rotrou part à Paris pour y poursuivre ses études et devenir avocat. Mais la poésie et le théâtre l’attirent  plus que le droit. A 19 ans il écrit une première pièce «L’Hypocondriaque ou le mort amoureux.» Pour vivre de sa plume et faire jouer ses pièces, il devient «poète à gages» et s’attache à la troupe du comédien Gros Guillaume à l’Hôtel de Bourgogne. A cette époque le théâtre français débute à peine et la langue française commence seulement à s’épurer. Les premières pièces de Rotrou sont largement inspirées des comédies espagnoles comme celles de Lope de Vega.

 

L'Hôtel de Bourgogne.

rotrou hotel bourgogne 5

Vu par Ed. Rostan dans sa pièce "Cyrano"

rotrou Bourgogne02

La troupe de Gros Guillaume à l'Hôtel de Bourgogne.

rotrou hotel de bourgogne Gros guillaume

 

-Les pièces «La bague de l’oubli» et «les occasions perdues» en 1631 plurent à Louis XIII qui octroya à Rotrou une pension de 600 livres. Rotrou montait ses pièces avec la troupe de l’Hôtel de Bourgogne et Corneille son ainé de trois ans, avec la troupe du Marais. Une relation ambiguë se noua entre Rotrou et Corneille, faite d’amitié de jalousie et de concurrence, surtout lors de la bataille du «Cid»

La bague de l'Oubli fut jouée en 2009 au théâtre de Dreux pour le 400°anniversaire de la naissance de Rotrou

Voir ma note :  ROTROU : LA BAGUE DE L'OUBLI .

-A la cour de Louis XIII, Rotrou  a pu côtoyer, en dehors de Godeau, d’autres Drouais: Le dernier des Métézeau, Clément II, qui en 1628 érigea la digue de la Rochelle et le premier des Danican Philidor, joueur de hautbois, fort apprécié par le roi. Seul, le dernier des Philidor, François André naitra à Dreux en 1726.

-En 1635 Rotrou, avec Corneille, Boisrobert, Colletet et de l’Estoile, entre dans le cercle des «cinq auteurs». Ces «professionnels» rédigeaient des pièces de théâtre dont la trame était écrite par le cardinal Richelieu, grand amateur de poésie et de théâtre.

-Pendant les dix années passées à Paris, Rotrou mena une vie de jeunesse débridée à la limite de la débauche. Il fit de nombreuses conquêtes féminines notamment auprès des comédiennes. Joueur impénitent, il lui arrivait d’écrire une pièce en deux nuits pour rembourser ses dettes de jeux. Selon une légende tenace, Rotrou cachait ses pièces de monnaie dans les branches de fagots de bois. La difficulté pour les récupérer l’empêchait de les jouer .

Agésilan de Colchos (1637)-Réprésentation en 1992 par le théâtre de Strasbourg.

rotrou Spectacle 19911992 AgsilanDeColchos

 

rotrou-Spectacle_19911992_AgsilanDeColchos_01_.jpg

 rotrou Spectacle theatre strasbourg 19911992 AgsilanDeColc

et par les élèves du lycée Rotrou au Thèâtre pour le 400°anniversaire de la naissance de Rotrou

-"Agésilan de Colchos."
Sous les conseils de son valet Darinel, Agésilan se travestit en femme pour approcher son aimée Diane .

rotrou-4-Agesilan-de-Colchos.jpg

 

-Mais à trente ans, Jean Rotrou changea radicalement de manière de vivre et retourna à Dreux, sa ville natale.

Dans quinze jours: Vie et mort de Jean ROTROU à Dreux.

 -A bientôt, si Dreux le veut bien.

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 07:00

La quatre-vingt sixième durocasserie de Pierlouim,

parue dans le "DROUAIS MAGAZINE".  

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  PLACE ET RUE ROTROU.3

-En 1900  la Place Rotrou avait presque la physionomie actuelle. Au milieu de la place, la statue en bronze du poète se dressait fièrement. Le théâtre construit par Lamésange en 1830 vieillissait mal. La ville l’avait acquis en 1861. Elle chercha à rénover le bâtiment, mais après de nombreuses tergiversations, décida de s’en débarrasser et de construire une salle des fêtes dans un autre endroit. En 1908, le théâtre fut vendu aux enchères publiques à M. Alfred Blin, pharmacien. Après quelques derniers mois d’activité le théâtre est définitivement fermé. Une salle des fêtes est construite place St Gilles (Métézeau) et inaugurée en 1911. Les bâtiments de l’ancien théâtre sont détruits et reconstruits pour héberger l’agence drouaise du Crédit Lyonnais.

rotrou theatre demolition

  rotrou place cred lyonnais

 Cette banque restera place Rotrou jusqu’au début des années 1970 avant de s’implanter Place Mésirard. Une partie en brique de la rotonde du théâtre, conservée par le pharmacien pour servir de remise est encore visible. En référence au passé, l’institut se trouvant dans cet immeuble se nomme «Le Théâtre de la Beauté».

rotrou theatre reparation

 

-La statue en bronze de Rotrou, veilla pendant 73 ans au milieu de la Place. En 1940, son bronze de toute première qualité intéressa l’occupant allemand pour en faire des canons. Elle fut emportée le 4 Mars 1942 et payée à un prix dérisoire. Un moulage de la statue originelle permit au sculpteur DELANDRE de réaliser une parfaite copie en pierre. La nouvelle statue fut mise sur son socle de marbre en Juillet 1943. Depuis, notre héros local reste présent au milieu de la place, en pierre. Il tient dans sa main droite un rouleau, allusion à son statut d’auteur et dans la gauche la lettre adressée à son frère qui témoigne de son  dévouement envers ses concitoyens. Pour le quatrième centenaire de la naissance de Jean Rotrou en 2009, la statue a été nettoyée, passée au karcher. Sur le socle, on peut deviner des traces vertes laissées sur le marbre blanc par le bronze de l’ancienne statue.

rotrou statue en pierre.

-Le Marché place et rue ROTROU Jusque dans les années 1950/1960, le marché général (vêtements et autres objets) du lundi était réparti entre la place Métézeau et la Grande Rue. La place Rotrou recevait autour de sa statue le marché alimentaire le lundi, mais aussi le vendredi matin. Rue Rotrou, se tenait le marché aux "petits paniers". Des personnes modestes venaient vendre les produits de leur jardin (Fruits et légumes de saison, œufs, poulets, lapins etc.).Des produits «bio» avant l’heure, présentés dans des paniers en osier posés à même le sol.

La rue au Lait devenue rue Rotrou en 1836 était probablement la rue natale du poète mais on ne connait pas vraiment l’endroit exact.

rotrou marche2

-La Place et la rue Rotrou ne reçoivent plus le marché alimentaire depuis l’installation du marché couvert autour de l’ancien Arsenal en 1962, transféré en 2000 place de la Bonde. Depuis lors, ce quartier tant animé pendant des années est un peu abandonné. Les commerces peinent à y subsister. Il reste un peu à l’écart des circuits festifs comme les Flambarts. Notre poète drouais, isolé au milieu des voitures en stationnement, semble bien triste. La place Rotrou a perdu un peu de son charme, n’étant pas comme les places Métézeau et Mésirard dégagées et munies de parkings souterrains.

La stuatue entourée d'acteur jouant Rotrou pour le 400° anniversaire du poète. (2009)

rotrou lozach 4

Dans quinze jours: Vie de Jean ROTROU. 

A bientôt, si Dreux le veut bien

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 07:00

La quatre vingt cinqième durocasserie de Pierlouim,  

parue dans le "DROUAIS MAGAZINE". 

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PLACE ROTROU-2-Théâtre et statue.

Avec l’ouverture du cul de sac de la rue Au Lait vers la rue Parisis et la destruction des bâtiments du tribunal et de la maison d’arrêt, la place prit peu à peu sa structure actuelle. La rue des Bouchers, dont le dégagement en 1810 sur la rue Au Lait préfigura la place, devint rue d’Angoulême, nom du fils du roi Charles X. Puis, à l’avènement de Louis Philippe Ier en 1830, elle devint d’Orléans, nom de la nouvelle dynastie. Lors de son agrandissement définitif en 1832, la place prit le nom de Lafayette. En avril 1848, après la chute de Louis Philippe et l’avènement de la deuxième république, un arbre de la liberté: (un peuplier de 25 mètres de haut), fut planté au milieu de la place. Comme ses malheureux ancêtres de la première République, (1792/93) plantés sans succès devant le beffroi, la présence de cet arbre fut de courte durée. Scié par une main anonyme en 1849, ce symbole de la liberté républicaine, d’abord remplacé, disparut définitivement en 1852, après la proclamation du second Empire par Napoléon III. 

Si la rue Au Lait, devint «rue Rotrou» dès 1836, la place Lafayette ne prit le nom du poète drouais Rotrou qu’en 1867.

Cette place aurait pu prendre le nom de LAMESANGE, tant l’action de ce maire de Dreux de 1852 à 1855 façonna son histoire. Né à Dreux en 1784, Louis Eutrope LAMESANGE ayant repris en 1803 l’entreprise de bâtiment de son père, participa à de de nombreux travaux dans sa ville, dont la première chapelle Saint Louis et la tour du télégraphe.

En 1825, il acheta des terrains pour y construire à ses frais un théâtre. Le tribunal et la maison d’arrêt encore en activité, les travaux de construction commencèrent en 1828 sur un terrain assez exigu. Mais l’emplacement en centre-ville, pour une salle de spectacle de 450 places, était idéal.

rotrou theatre 5

rotrou statue et théatre 1

L’inauguration du théâtre eut lieu le 9 septembre 1830. Le poète drouais Nicolas-Martin CLAYE écrivit pour l’occasion une pièce intitulé «l’éloge de Rotrou» dans laquelle un personnage s’étonne que la ville natale de Rotrou ne lui ait pas encore érigé une statue: «Hâtez-vous pour lui rendre un hommage éclatant, le burin est tout prêt, le marbre vous attend!».

rotrou statue 6L’idée était lancée. Les Drouais n’eurent plus en tête que d’honorer la mémoire du grand poète par l’installation d’une statue au milieu de la place Lafayette. Mais les finances manquaient!

LAMESANGE débloqua la situation en 1859, en mourant. Par testament il légua une somme de 16 000 francs nécessaire pour ériger une statue à la gloire de Rotrou. Somme à prendre sur la vente de son théâtre, qui à cette époque commençait à devenir vétuste. Le théâtre entra dans le patrimoine de la ville par acquisition de la succession Lamésange.

Le maire Jacques MESIRARD lança un concours pour une statue en bronze et son socle.  Parmi plusieurs projets, celui d’ALLASSEUR fut choisi par l’Académie Impériale des beaux-arts. En octobre 1866 commença la fabrication de la statue. Le budget initial fut largement dépassé. La statue en bronze et son socle en marbre coutèrent au total plus de  21000 F. Une subvention de l’Etat fut nécessaire pour boucler le projet. La statue fut enfin inaugurée le 30 Juin 1867. La place Lafayette devint alors la Place Rotrou.

Dans quinze jours: Place et rue Rotrou-3. 

A bientôt, si Dreux le veut bien.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 07:00

ERRATUM.

Abbe Meunier 1947-curé d'abondantDes fidèles lecteurs m’ont signalé une erreur dans «Drame ou conte de Noël». En décrivant la noyade du curé d’Abondant la nuit de Noël, j’écrivais: «

Pourquoi s’est-il dirigé vers l’arrière et la mare, et non vers le devant de l’église et la place où se trouve le presbytère?». En réalité la cure en 1951 se trouvait bien derrière l’église, en sortant de la petite porte de la sacristie, le curé Meunier n’avait que la rue à traverser, laissant la mare à plusieurs mètres à sa gauche. Ma confusion vient du fait que ma mémoire date des années 60 et qu’à cette époque, le presbytère avait changé d’endroit avec l’abbé Guibout. Je remercie les habitants d’Abondant qui ont conservé avec émotion dans leur mémoire ce dramatique accident et qui me permettent d’en rétablir en partie les faits.

abondant église mare 2

Revoir cette durocasserie parue le 24 décembre dernier : 

DUROCASSERIE 81. Drame ou conte de Noël?.  

 

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 LA PLACE ROTROU-1.

rotrou-plan.jpg

AVANT LA PLACE.

Comme la place Métézeau, la place Rotrou, la deuxième place «intramuros» de Dreux est une création du 19° Siècle. Auparavant, une rue nommée «Au Lait» partait de la rue St pierre pour se terminer en cul de sac avant la rue Parisis. Un passage «de la Boucherie» permettait de rejoindre la Grande Rue. On pouvait encore le traverser dans les années 60, passage «privatisé» depuis.

 Quotidiennement, des vaches laitières étaient conduites par la Porte Chartraine dans cette rue pour la traite. Le lait était vendu frais sur place. Les vaches pouvaient aussi être abattues dans la rue aux bouchers (rue d’Orléans), qui aboutissait dans la rue au Lait. A l’endroit de la place actuelle se trouvait la maison de l’Instruction chrétienne créée en 1679 par la veuve de Claude Rotrou maire de Dreux. C’est ce cousin que Jean Rotrou, le poète, remplaça dans la charge de maire en 1650 pour mourir lui aussi de la peste, en restant à Dreux en pleine épidémie.

Les Ursulines puis les sœurs de St Maurice de Chartres dirigèrent cette institution pour l’éducation de jeunes filles. A la révolution, la chapelle et une partie des bâtiments furent détruits. Les logements restants reçurent en 1805 le Tribunal Civil et la maison d’arrêt.

En 1810, le Maire Louis Claude Rotrou (encore un Rotrou) fit communiquer la rue au Lait avec la Rue Parisis. En 1831 le Tribunal Civil et la Prison furent transférés rue d’Orisson (Rue d’Orfeuil) et les bâtiments rasés. La place prit alors pratiquement les contours actuels.

 A SUIVRE.

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 07:00

HEURS ET MALHEURS DE LA PLACE METEZEAU.

 

Après la disparition du cimetière, de la rue aux changes et des maisons de la cour Prissou, la Place Métezeau prit son aspect actuel en 1858, avec la création du pont sur la Blaise et du Bd de la Gare.

-En 1895, la Caisse d’Epargne fit construire l’immeuble actuel et s’installa au rez-de-chaussée en louant les étages à la mairie qui se trouvait depuis des siècles dans le Beffroi. La mairie y restera jusqu’en 1950, et la banque jusqu’en 2010. Mes grands-parents en 1901, mes parents en 1930, se marièrent dans la somptueuse salle des mariages décorée de fresques peintes par Edouard Michon. Le maire, du balcon, haranguait la foule, annonçant l’armistice du 11 Novembre 1918 ou présentant aux Drouais la rosière de l’année.

-Foule devant la mairie applaudissant la rosière de 1906

métezeau présentation rosière 1906

Le bâtiment, inscrit comme le Beffroi et l’église St pierre à la liste des monuments historiques, reste pour l’instant inoccupé.

-Le 29 Octobre 1899 est inaugurée sur le pont de la Blaise une statue à la gloire de Louis Terrier, né en 1854 à Annecy, député, ministre du commerce et maire de Dreux de 1854 à 1895. Lors de cette inauguration, un tout jeune secrétaire politique nommé Maurice Viollette, représentant le ministre du commerce et de l’industrie Millerand, se fit remarquer par son éloquence. Il deviendra député et maire de Dreux peu d’années après.

-Monument à Louis Terrier à son emplacement d'origine.  metezeau l terrier

-14 Juillet 1921- Inauguration du monument aux morts qui rappelle sur son socle, le nom des 600 soldats du canton de Dreux morts pendant la première guerre mondiale. La ville de Dreux est symbolisée par une femme soutenant un de ses citoyens blessé.

-La place Métezeau recevait la partie textile du marché traditionnel du Lundi. La circulation automobile étant autorisée, la place avait en son milieu un petit monument qui changea plusieurs fois d’aspect: un bassin en fonte avec un jet d’eau, un candélabre à cinq réverbères, puis en 1932 une colonne avec trois plots surmontée de trois amours, appelés aussi «marmousets» (ils se trouvent actuellement en Grande Rue).

-Marché du lundi.

metezeau marche eglise

-La colonne et les marmousets.

metezeau 3 amours1

La caisse d'épargne et les marmousets.

metezeau caisse epargne 7

metezeau lanterne

metezeau amours beffroi vue de la caisse epargne 

-L'église vue de la caisse d'épargne, avec en gros plan, un des candélabres disparus depuis peu.

 

La place et le Beffroi vus de l'intérieur de la Caisse d'Epargne.   

 

  

 

 

-En 1965 deux candidats à l’élection présidentielle vinrent place Métezeau: Président sortant, le Général de Gaulle, le 19 Juin,  fit un discours sur une estrade au milieu de la place, et fit chanter la Marseillaise à la foule drouaise.

metezeau-1965-de-gaulle.jpg

François Mitterrand, le prétendant, le 1er novembre déposa une gerbe au monument aux morts et tint un meeting à la salle des conférences.

-Les encombrements automobiles de la place Métezeau en 1981. Ce qui incita les autorités à rendre piétonne la Grande Rue et la Place Métezeau et de projeter la construction d'un parking souterrain sous la place Métezeau.

metezeau encombrements 1981

-1989-Le conseil Municipal décida de faire creuser un parking sous la place. Ce qui devait arriver arriva: Le trou prévu pour trois étages de parking creva la nappe phréatique et fragilisa le beffroi qui se fissura. Les ingénieurs de 1990 avaient ignoré l’expérience des anciens Drouais qui avaient soutenu le Beffroi, en enfonçant des pieux en chêne dans le sol sableux. Des recherches archéologiques permirent de trouver de nombreux vestiges du Dreux ancien. La cave de la Maison des Aides disparut définitivement dans le parking, mais la porte élargie pour le passage des tonneaux a été reconstruite à l’Ecomusée des Vignerons et Artisans drouais.

 -Le chantier de la construction du parking avec les recherches archéologiques.

  metezeau fouilles 1

-La place actuelle: Le Bd Louis Terrier se termine en s’enfonçant dans le parking qui finalement ne comporte que deux étages. Le Monument de Louis Terrier a été déplacé devant la gare. A la place, trône un endroit pour «pipi-caca canin». Une fontaine Wallace, indique l’emplacement de la maison des aides. La place, percée des accès au parking, surmontée de quelques marches et bordée de dangereuses boules en fer vertes, sert d’esplanade aux restaurants et café, aux chalets des journées des associations et du marché de Noël. Bordée de ses trois monuments historiques, la place Métezeau reste la plus belle des places drouaises.

-Fontaine Wallace et Monuments aux morts.

metezeau fontaine wallace

-La place, un jour de St Denis, 

metezeau Saint Denis 2011 046  

 

Revoir ma durocasserie sur les fissures du Beffroi (Construction du Parking Métézeau) :

LES VINGT ANS DE FISSURES DU BEFFROI DE DREUX.

Et les notes du camarade Jack sur son blog "Clochemerle les dreux" sur le feuilleton du parking de la place Métézeau :

http://dreuxexmachina.hautetfort.com/archive/2011/07/29/le-parking-et-le-beffroi-4-5.html

  

A bientôt, si Dreux le veut bien

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 07:00

   

La quatre-vingtième durocasserie de Pierlouim,

parue dans le "DROUAIS MAGAZINE".

 

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PLACE METEZEAU-2.

Avant la place, se trouvait un ensemble de maisons accessible par deux passages sur les côtés du Beffroi:

-A droite, en venant de la Grande Rue, la rue des Changes dessinait déjà le pourtour de la future place, en se terminant devant l’actuelle Caisse d’Epargne par un tourniquet pour interdire aux chevaux l’accès au cimetière.

- A gauche du Beffroi, une impasse menait à une grande cour intérieure munie d’un puits, appelée la cour Morpain. La plus importante des maisons bordant cette cour vit se succéder comme propriétaires, Eustache Rotrou (cousin du poète), lieutenant général du baillage de Dreux et Claude Dorat de Chameulles, Grand Bailly d’épée qui écrivirent au 18° siècle des ouvrages essentiels sur l’Histoire de la ville de Dreux.

-De l’autre côté, devant l’église, la petite place St Pierre permettait de rejoindre le cimetière, mais aussi la Maison des Aides adossée à la cour Morpain. Cette maison, édifiée avec les matériaux non utilisés après l’abandon de  la construction de la deuxième tour de l’église, logeait les bureaux de la perception des impôts indirects. Les taxes concernaient principalement les activités des vignerons drouais.

Avec six jours de retard sur les Parisiens, le 20 juillet 1789, les Drouais prirent leur Bastille en attaquant et incendiant la Maison des Aides.

maison des aides incendie 1789

 Pierre Nicolas Pressou qui venait d’acheter la cour Morpain en Janvier 1789 n’en profita pas longtemps car elle fut en partie brûlée avec la Maison des Aides.

-Au début du XIX° siècle,ce qui sera la place se dessine peu à peu. L’ancien cimetière se débarrasse de ses tombes et devient un endroit dégagé, lieu de fête, hébergeant le marché à la volaille, puis la halle aux veaux. Après l’incendie de 1789, il ne reste de la Maison des Aides que quatre arcades de pierre en plein cintres.

Metezeau-arcades de la maison des aides.

La destruction de ces vestiges et des bâtiments Pressou en 1830 créa, jusqu’au puits central, un embryon de place. Mais l’endroit est encore enclos par la Blaise, en l’absence de pont rejoignant le faubourg St Denis. Une sente (actuelle rue Marquis) donnait accès à un lavoir public sur la rivière, éventuellement traversable à gué.

-Le 26 Janvier 1832, le Conseil Municipal donne à cette place en formation le nom de METEZEAU, dynastie d’architectes sur quatre générations, tous nés à Dreux (16° et début 17° siècles). Les deux frères Clément et Louis, derniers des METEZEAU connus, ont conçu des places prestigieuses qui ne portent pas leur nom: la Place des Vosges à Paris et la Place Ducale à Charleville Mézières. La Place Drouaise n’a pas été réalisée par les Métezeau, mais elle est bordée par deux monuments en partie construits et restaurés par la première génération de la dynastie: Le Beffroi et l’Eglise St Pierre.

-En 1858, par la suppression du côté gauche de la rue des Changes et la construction d’un pont sur la Blaise, la place acquiert sa surface actuelle. En 1864, la création du Boulevard Louis Terrier, tracé en ligne directe vers la gare, ouvre complétement la place Métezeau vers les faubourgs et quartiers nouveaux. Les contours de la place se façonnent peu à peu pour arriver à son aspect actuel. Un ancien bâtiment servit quelque temps de commissariat de police avant la création du magasin «A l’Hôtel de ville», actuellement «Marionnaud».

Photo avec le commissariat visible avec un policier en faction.

metezeau commissariat

 En 1897, la Caisse d’Epargne construisit l’élégant bâtiment dont les étages reçurent les locaux de la Mairie de Dreux jusqu’en 1950.

 caisse épargne mairie 2

Dessin en vue aérienne de la place Métezeau de 1981 pour un projet qui n'a pas abouti. (avant le projet du parking.

 

Metezeau-Action Janvier 1981

 

 Dans 15 jours, je vous conterai les heurs et malheurs de l'actuelle place METEZEAU.

 A bientôt, si Dreux le veut bien.

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 07:00

AVANT LA PLACE.  

 La place Métezeau est de création récente (milieu du XIX° siècle). Il n’y eut pendant des siècles entre le beffroi, les murs de la ville et leurs fossés, l’église et son cimetière, qu’un enchevêtrement de maisons, de cours intérieures et de puits.

métézeau avant la place XVII siecleLa Rue aux Changes, partant de la Grande Rue, donnait accès à ce quartier en longeant le Beffroi et entourait les maisons pour rejoindre le cimetière et l’église St Pierre. Le parcours de cette rue est encore visible dans la forme de la place actuelle. Dans cette rue, les voyageurs venant de la Porte Chartraine pouvaient changer leurs monnaies en monnaie locale. Dreux eut sa propre monnaie aux XII-XIV° siècles sous les règnes des Comtes «Capétiens», descendants directs du roi Louis VI le Gros.

Le Beffroi, construit entre 1512 et 1537, présente sa belle façade ouvragée et ornée de grandes fenêtres à vitraux ainsi que son entrée principale vers la Grande Rue. Surplombant les maisons qui s’agglutinent contre elle, la façade sud du beffroi est austère, sans sculpture. Au troisième étage, une petite avancée contenait un treuil  permettant de monter et d’entreposer des vivres en prévision d’épidémies ou de sièges par une armée hostile. Sur la face est, un mur aveugle, une trace profonde de pignon d’une habitation témoigne de la proximité des maisons avec le beffroi.

Le cimetière-La rue des changes en longeant la muraille, se termine au cimetière auprès de l’église St Pierre. Au moyen âge, il était  d’usage d’enterrer les morts à l’intérieur des villes.

Apposée sur le transept sud de l’église St Pierre, près de la porte des morts, accès direct des  défunts au cimetière, une plaque indique:

rotrou cimetiere eglise«28 Juin 1650, JEAN ROTROU a été inhumé au pied de cette Eglise, dans un cimetière désaffecté lors de la Révolution. L’os d’une cuisse ou d’une main traînera dans un cimetière (Pensées du religieux)». Certains contestent la véracité de cette plaque posée au XIX° siècle. Les victimes d’épidémie étaient enterrées hors les murs dans un cimetière «spécialisé» aux Bléras. Le dramaturge qui, en tant que remplaçant du maire décédé, s’est sacrifié en restant auprès de ses concitoyens et mort de la peste, n’aurait pas dérogé à la règle, en étant enterré dans le cimetière de St Pierre. Ce n’est qu’au XVIII° que l’on s’inquiéta des problèmes d’hygiène, de salubrité publique et d’urbanisme posés par les cimetières intra-muros. Une ordonnance de Louis XVI en 1776 ordonna de transporter hors des cités les cimetières. Mais les Drouais étaient favorables au maintien des cimetières dans la ville. Dans un mémoire, il est rappelé que les curés de St Pierre, pourtant logés tout près du cimetière, font preuve d’une remarquable longévité (95 ans pour l’un d’eux). Le voisinage des morts n’avait donc rien de malsain. A partir de 1797 il fut cependant interdit d’enterrer dans le cimetière St Pierre, les défunts étant dorénavant enterrés dans l’actuel «ancien» cimetière.

L’Eglise St Pierre  du XIII°siècle, en grande partie détruite durant les guerres de «cent ans» fut reconstruite et agrandie au XVI siècle. Pour des raisons financières et aussi dues aux guerres de religions, la deuxième tour dédiée à Sainte Anne n’a pas été terminée. Les pierres prévues pour cette élévation ont longtemps patienté près de l’église. Finalement ces matériaux furent utilisés à la construction (face au monument aux mort actuel) de la «maison des Aides» perception des impôts indirects, notamment sur le vin produit à Dreux.

Calque retrouvé dans les papiers de ma mère.J'ignore cependant de quel document ou livre est  tiré ce plan passionnant car il donne une bonne idée de la place Mésirard au début du XIX°siècle

     métézeau calque mémé 1804         

Dans 15 jours: Création de la place Métezeau.

A BIENTOT, SI DREUX LE VEUT BIEN.   

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