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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 07:10

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année....J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque. Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront.. Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :cliquez sur :
 
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 1 9 62- (Troisième partie.)

 

J’arrête là ce débat sur la finalité des mathématiques qui pourrait continuer sans fin et j’en reviens à Monsieur Boiné.

Un jour, pendant l’un de ses cours, faisant semblant de suivre, je recopiais fébrilement un devoir de mathématiques que je devais rendre le jour même. Mr Boiné, m’a surpris, m’a fait la morale et m’a collé un double zéro ce qui a fait terriblement chuter ma moyenne en Français ce trimestre là. Le prof de mathématiques, dont je ne me souviendrai dans l’avenir ni du nom, ni du visage et encore moins de son enseignement a été mis au courant et, lui aussi, m’a collé un zéro. Mais dans cette matière  ma moyenne n’a pas beaucoup été bousculée,  seulement rapprochée encore plus du vide infini.

 

Un jour j’ai été très maladroit. A la fin du cours Mr Boiné nous dit en nous donnant du travail à faire pour la semaine suivante : « Et n’oubliez pas que le travail c’est la liberté »

-« Oui -Murmurais-je assez fort pour qu’il puisse entendre - C’est ce que les Nazis avaient inscrit à l’entrée des camps de concentration « Arbeit macht frei » » Il n’a rien dit, a seulement soulevé les épaules en me regardant méchamment. Il m’en a voulu quelque temps. Je dois avouer que je ne suis pas fier de ma réflexion. Les Nazis avaient bien sûr fallacieusement détourné le sens de cette phrase.

Monsieur Boiné sera un peu mon maître à penser comme le fut Mr Aubreton en primaire. Je me réfèrerai bien souvent à lui et à son enseignement, inconsciemment, dans ma façon d’aborder les méandres infinis de ma vie d’homme.

 

En Juin, je passe et je réussi mon premier examen professionnel : le C.A.P. d’aide comptable. C’est un bon entraînement, car à la rentrée de Septembre j’entre en première commerciale pour préparer à l’a fin de l’année scolaire le brevet d’enseignement commercial, l’alter ego de la première partie du Baccalauréat. .

 

A l’automne, à Dreux, une exposition est organisée au nouveau Musée pour le 400ème bataille de dreux champ bataille 1anniversaire de la Bataille dite « de Dreux. ».

 

 Le 19 décembre 1562, le sud de la ville est  le théâtre du premier choc important et l’un des plus meurtriers  des guerres de religions, entre les troupes protestantes du prince de Condé et de l'amiral de Coligny et l’armée catholique et royale dirigée par le connétable de Montmorency et le duc de Guise. Ce sont les catholiques qui ont remporté le combat.

 

Maintenant quand je me promène à vélo dans la plaine au sud de Dreux entre Nuisement, Marville et Imbermais, je ne peux m’empêcher de penser que je traverse un champ de bataille. Et que huit mille morts ont jonché le sol de ce qui est maintenant une succession de champs à blé de bois et de vergers.

 

 Beaucoup d’événements en France en cette année 1962.

1962-algerie-retour-2.JPGLe 8 février neuf personnes ont trouvés la mort  et plusieurs dizaines ont été blessées près de la station de métro Charonne, à Paris, lors d'une manifestation organisée par le Parti communiste français et d'autres organisations de gauche en faveur de l'indépendance de l'Algérie

Les « Accords » d’Evian le 18  et le cessez le feu le lendemain signent en quelque sorte la fin de la « guerre » d’Algérie. Et pourtant les tueries continuent en Algérie. Et aussi en France avec l’OAS.

 

Les européens d’Algérie ayant la nationalité française devant les menaces des nouveaux dirigeants algériens et l’inertie de l’armée française immigrent vers la France. La « mère patrie » doit donc « digérer » plus d’un million de nouveaux compatriotes. Cela ne se fait pas sans heurt.

 

Tante « Yvonne » Baptise le paquebot France, une fierté nationale.

Avec le satellite telstar relayé par la station de plomeur-bodou, on voir la télé en direct venir d’Amérique.

La sulfureuse Marilyn Monroe  (je n’ai encore jamais vu de ses films) souhaite le 29 mai  le 45°Anniversaire à Monsieur le Président Kennedy. Elle meurt le 5 Août.

Premier disque des scarabées, les Beatles.

 

La vie continue…

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Le Feuilleton "An par An" s'interrompt pour deux mois pour cause vacances.

Début séptembre le reçit reprendra avec l'année 1963.

Le feuilleton devrait se terminer fin décembre prochain avec l'année 1967....

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année....J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque. Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront.. Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :cliquez sur :
 
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 1 9 62- (Seconde partie.)

 

Ce que Monsieur Boiné ne comprend pas et il m’en fait souvent le reproche, c’est que je sois, assez bon en français (hormis quelques fautes endémiques d‘orthographe et d’accords) et aussi mauvais en mathématiques. Il m’arrive, certain trimestre d’être premier en Français et dernier en maths. Pour lui ce désaccord extrême entre ces deux matières n’est pas acceptable. Je devrais être bon partout.

J’étais un bon moyen dans ces deux matières à l’école primaire. Mais le fait de n’avoir pas pu étudier l’algèbre de sixième et de cinquième en  passant directement de la classe de fin d’études primaires à la quatrième technique m’a complètement désorienté. Lors de ma première année de collège je commençais à bien m’adapter aux mathématiques « modernes » enseigné par un jeune professeur pédagogue.(la nouvelle théorie, celle des "ensembles".) Mais, depuis la classe de troisième je me heurte à un vieux prof obtus, de l’ancienne école, sans aucune pédagogie. Ceux qui suivent, suivent, les autres végètent.

Malheureusement  je vais l’endurer pendant cinq ans. Autant les cinq années passées avec Monsieur Boiné vont m’être bénéfiques, autant ces cinq années avec ce prof indigeste et alcoolique vont m’être préjudiciables.

 

Jamais de ma vie je ne comprendrais l’utilité des « Supposons que… », des « x étant une inconnue …»,  des « démontrez que x est égal » (pour moi si on dit que x est égal à., on n’a pas à le démontrer) des « prenons un point ou une ligne  imaginaire » (Pourquoi s’appesantir sur des trucs qui n’existent même pas). Jamais je ne décrypterai la signification  de ces signes bizarres, que je ne peux même pas reproduire ici puisqu’ils sont absents de mon clavier de machine à écrire, donc pour moi inutiles à la compréhension du monde. Je n’ais jamais compris les questions et encore moins les réponses ainsi que l’utilité de cette matière artificielle n’existant que dans l’imagination étriquée de grands boutonneux.

C’est dommage, avec cette aversion provoquée, entre autre, par un prof médiocre, je suis peut être passé à côté d’une matière qui aurait pu me passionner.

 

Mais je porterai cette infirmité toute ma vie. Car dans la tête de beaucoup, l’intelligence est avant tout et seulement mathématique. Mon cerveau se ferme automatiquement à la vue du moindre test, du moindre jeu soit disant de logique car dans ce cas là, je me sens manifestement manipulé, obligé de répondre uniquement ce que l’auteur a imaginé comme réponse, et la crainte d’être  irrémédiablement jugé comme un idiot congénital.

 Si je devais un jour faire estimer mon niveau d’intelligence par un de ces questionnaires préfabriqués et artificiels d’obédience américaine qui pourtant font référence, je montrerai un Q.I d’huître, proche de zéro….

 

Curieusement et paradoxalement je suis bon en comptabilité. Mais dans cette matière, on ne suppose pas, on affirme et on se heurte à une réalité rigide dans laquelle il n’y a ni inconnue ni somme imaginaire, que du tangible et du concret. Les quatre opérations et la règle de trois suffisent. Des règles simples mais strictes : On ne peut pas dépenser plus que l’on ne gagne. Si les recettes sont supérieures aux dépenses, des bénéfices apparaissent, bravo on sabre le champagne, mais si c’est le contraire, des pertes sont constatées et les ennuis commencent. De toute façon, le «plan comptable » est avant tout un ensemble de lois juridiques et fiscales légiférées qu’il faut respecter.

Point à la ligne.

Je suis bon aussi en calcul rapide. De très longues files de chiffres à additionner ou soustraire en moins de dix minutes. Ces opérations effectuées mentalement seront rendues complètement obsolètes par de machines nouvelles dans l’avenir.  Mais ces exercices me permettront longtemps une certaine agilité à jongler avec les chiffres. Mais cela c’est de l’arithmétique concrète pas de la mathématique abstraite et sélective.

Calvin.jpg

 

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1962. (troisième partie.)
  
  
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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année....J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque. Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront.. Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :cliquez sur :
 
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1 9 6 2- (Première partie.)

 

L’année de mes seize ans.

Une année qui sera peu visible dans mon avenir personnel. Une de celles qui s’impriment  peu dans la mémoire, ses souvenirs mélangés à ceux des années environnantes. Une année routine sans aspérité sans grande joie ni grande douleur. Mais cependant en 1962, autour de moi, beaucoup de chamboulements en France et dans le monde. Mais cela pour l’instant ne me touche guère. Je n’en serai conscient que dans bien plus tard.

 

Ma troisième année d’internat. Je termine la classe de seconde commerciale. Depuis la rentrée dernière le jeudi après midi est libre. Je peux sortir maintenant, avec autorisation parentale et tout et tout, pointage minutieux par les pions à la sortie et à la rentrée. Départ à 14 heures, retour à 19 heures avant le repas. . La plupart de mes camarades, s’ils ne disputent pas  un match, de foot ou de rugby au stade Porchefontaine ou Montbauron, passent  leur temps libre au dehors du collège, au café. Ils  jouent  aux cartes, aux baby foot, au flipper, ils discutent, s’engueulent, boivent, même si la protection des mineurs veille.

Moi, je n’aime pas du tout cette façon de dépenser  son temps libre. Le jeu a toujours été pour moi d’un ennui mortel. Je vais donc, seul, me promener. La solitude ne me pèse pas, au contraire. Je vais au cinéma, traîne dans Versailles son parc et ses beaux hôtels , ou marche à travers le bois des fosses jusqu’à Buc faire la bise à ma Tante et surtout manger de son succulent gâteau au chocolat.

1962-casile.jpgJe prends aussi  le train à la gare rive gauche pour Paris. Je visite des musées, des expositions. Il m’arrive d’aller à la comédie Française en matinée à une de ces places  au poulailler délivrées en dernière minute et à petit prix.

J’’y vois entre autre : Jacques Charon,  François Chaumette, jean Piat, la belle Claude Winter, mais aussi et surtout celle dont la voix cristalline et la beauté me donne le frisson, la toute jeune pensionnaire Geneviève Casile. On la voit d'ailleurs souvent à la télèvision...

Je suis un grand utilisateur des livres de la bibliothèque du collège. J’en ai toujours un sur moi pendant ces virades du jeudi après midi.  

Tout cela me passionne plus que de taper sur un flipper  et faire tilt…..

Le vendredi matin, parmi les rugbymans du lycée qui ont disputé des matchs la veille ,beaucoup sont éclopés. Les absences sont nombreuses et les profs râlent.

 

Parmi mes professeurs un seul me laissera un souvenir indélébile, il s’agit de Monsieur Boiné, 1962-dessin-boine-IMG_8440.jpgMaurice son prénom comme celui de mon père. Il faut dire  que je suis ses cours depuis la classe de troisième, et,  je ne le sais pas encore, il sera pour cinq années consécutives mon professeur de Français. C’est cette longévité, peut être, mais surtout la personnalité même de Monsieur Boiné qui me marquera.

C’est un homme en fin de quarantaine, long, maigre, raide dans un éternel costume gris, cravaté de rouge. Un long visage émacié, un nez épaté ; une bouche au rictus permanent. Une voie éraillée et sèche. Il ressort de ce personnage, une raideur ascétique un calme sévère et maîtrisé. Une présence forte.

Je ne serais jamais témoin pendant ses cours du moindre début de chahut. Une autorité naturelle émane de lui. Il lui suffit de redresser sa tête et de regarder la classe de son noir regard perçant pour que cesse toute velléité de turbulence. Il n’est pas craint mais respecté. Ses cours ne sont pas dirigistes. Chacun de nous peut s’exprimer, mais à bon escient et dans le bon ordre. Il est apprécié de tous autant des élèves que des autres professeurs, même s’il reste un peu à l’écart, secret, un peu hautain. Il sert de référence, tenu par ses confrères comme étant un de ces vieux enseignants de gauche encore à cheval sur les principes sacrés de l’enseignement laïc. Monsieur Boiné vit avec sa femme et sa mère, dans une petite maison à deux pas du collège. Il m’est arrivé plusieurs fois d’aller chez lui pour rendre ou chercher un livre, un exposé.

J’ai l’impression que malgré sons sens aigu de l’équité, Monsieur Boiné m’aime bien. Je suis parmi ses bons élèves, en permanence dans les cinq meilleurs et de temps en temps le premier et tout au moins l’un de ses plus assidus.

 

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1962 (seconde partie ).
  
  
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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 07:00

      AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
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1 9 61- (Quatrième partie.)

 

 Les vacances enfin arrivent.

Je parcours l’Alsace avec mes parents.

 Papa y a séjourné en 1939, pendant la « drôle de guerre ». Il y a été fait prisonnier au col de Gemaingoutte entre St Dié et Ste marie aux Mines. C’est pour lui un peu un pèlerinage. Moi j’admire la beauté de la terre alsacienne. Je découvre aussi par petite gorgée; le Riesling le Sylvaner mais surtout le Gewürztraminer qui sera un des nombreux péchés mignons de mon âge adulte.

Un matin, un peu avant le quinze Août, à l’Hôtel de Sélestat ou nous étions logé, en descendant de 1961 murdeberlin planma chambre j’aperçois papa en grande conversation avec le gérant de l’établissement.

J’apprends très vite qu’ils étaient l’un l’autre prisonnier pendant la guerre. Mais ils ont l’air inquiets.

 La radio vent d’annoncer que les Allemands de l’Est, certainement  poussé par leurs occupants Russes, sont en train de construire un mur infranchissable entre Berlin Est et Berlin Ouest, secteur contrôlé par les alliés. Papa connaît bien Berlin pour y avoir été retenu pendant 5 ans et subi plus de 250 bombardements des Américains. Il peut ainsi à l’écoute de la radio, suivre  mentalement le tracé de ce mur à  travers la ville qu’il a si souvent arpenté.   Pour ces deux anciens prisonniers de guerre cette tension entre les deux blocs est très dangereuse.

-« Aura-t-on la guerre ? »

Les Berlinois commencent sans le savoir 28 ans de séparation arbitraire car ce mur est très particulier et restera unique dans son genre.  Contrairement aux autres murs, comme celui de la muraille de chine ou le mur d’Adrien en Angleterre, il  n’est pas construit pour contenir une invasion venue de l’extérieur mais pour empêcher les habitants de l’Est de fuir leur pays. Preuve que le paradis soviétique prôné par l’occupant Russe ne tient pas tout à fait ses promesses.

 Un jour le mur tombera et l’Allemagne sera réunifiée. Mais d’autres « murs de la honte » seront construits plus tard, uniquement des murs anti- invasion de l’extérieur : entre Israéliens et Palestiniens, entre Américains et émigrants mexicains, entre Grecs et Turcs à Chypres et d’autres moins connus.

Quand tous ces murs tomberont peut être que tout ira mieux dans ce bas monde….

 

La rentrée scolaire 1961. Cela commence à devenir sérieux. Je rentre en classe de seconde commerciale.

Une grande surprise m’attend à la fin de la première semaine de travail, en arrivant le samedi 1961 telémidi à Dreux. Mon père paraît bien mystérieux quand il vient me chercher à la gare. Il ne me dit rien. Mais en montant la rue de Rieuville, tout de suite la clé du mystère s’offre à moi. Sur le toit de notre maison monte au ciel une antenne de télévision en râteau. Je n’en crois pas mes yeux. Et j’embrasse papa de joie. Mes parents ont acheté et fait installer un poste de télévision. Mon rêve depuis des années…

En arrivant dans la salle à manger je le reconnais immédiatement. C’est bien lui,  le poste Ducretet Thomson que je reluque depuis des mois dans la vitrine de  Mr Vallet, Boulevard Louis Terrier en face du Photographe Francis.

Il trône sur une table qui papa a confectionné spécialement pour lui. La configuration de la pièce en est complètement chamboulée. La table est reculée dans un coin. Les chaises alignées. Tout est fait pour regarder l’écran. Mais mon impatience est exacerbée. La seule chaîne existante, la chaîne d’Etat de l’O.R.T.F. en noir et blanc n’émet pas avant 18h30. 

Avant cette heure tant désirée, Mr Vallet  vient à la maison faire les derniers réglages et nous montrer comment ça marche.

Ce premier soir, j’ai dégusté tout le programme jusqu’à la fin des émissions, un peu avant minuit, 1961-papa-a-raison.-fatherknows.jpgterminé par la diffusion de la Marseillaise.

Le lendemain après midi j’ai suivi mon premier feuilleton « Papa a raison ». C’est une série américaine avec dans le rôle titre Robert Young. Je crois qu’il fait partie par son mariage de la famille Kennedy.

 John Kennedy est 1961 kennedy 1président des USA depuis la fin de l’année dernière. Il est marié à une femme d’origine Française. Lors de la visite officielle au début de l’année à Paris, il aurait dit aux journalistes français « Je suis le type qui voyage avec Jackie ». C’est vrai qu’elle est jeune et jolie Jackie, ça nous change de Tante Yvonne, l’épouse du Général...

 

Chaque week-end à la maison sera donc, maintenant, agrémenté d’émissions de télévision. J’aime particulièrement le feuilleton Français « le temps des 1961-tisot-auto-circulation-a.jpgcopains ».

Dedans, joue Henri Tisot, celui qui imite le général De Gaulle dans les cabarets. Quel culot. Mais qu’est ce qu’il l’imite bien…

C'est le tout début d'une nouvelle catégorie de "comiques" qui va peu à peu remplacer les "Chansonniers".

 

Mais Maman veille. Elle ne veut pas que je m’abrutisse devant la télévision. Elle s’assure que j’ai bien fini mes devoirs du week-end avant de regarder le petit écran.

 

Pleins de choses encore en cette année 1961 : Les Américains et les soviétiques jouent 1961IMG 3267au chat et à  la souris dans l’espace : Youri Gagarine, le Russe,  est le premier humain à voyager dans l’espace, le 12 Avril. Il coiffe ainsi sur le poteau l’Américain Alan Shepard qui ne fera ce voyage que le 5 Mai.

 Mortifié le Président étatsunien, John Kennedy annonce qu’avant la fin de la décennie un homme, Américain bien sûr, marchera sur la lune. Vous y croyez vous, qu’un homme ira dans la Lune avant 1970 comme Tintin dans « On a marché sur la lune » ? 

 

1961 J Halliday 2Personnellement je n’y crois pas.

 

Une petite inconnue, une certaine Diana Spencer est née le 1er juillet.  Cette « Lady Di » aura un destin exceptionnel et tragique.

Un Jeune chanteur dénommé Johny Halliday l'idole des 1961 voeux pieux 1jeunes, petit frère des "Yéyés entame une carrière prometteuse..  

 

 

Certains avancent une utopie pleine de bon sens et d'égalité républicaines

Mais je doute qu'elle ne soit jamais réalité, même da'ici cinquante années.

 

 Combien de ministres et de réformes  confuses et inefficaces d'ici là ?..

  

 

Et pour moi la vie avance….

  

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Pour le plaisir.:

La première imitation d'un homme politiquue. Henri Tissot le précurseur  de Laurent Gerra, Nicolas  Canteloup et beaucoup d'autres... 

Vous remarquerez l'actualité évidente de cette "Autocirculation."

Tous les tics et mots du général sont là en situation....... 

 

 

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 07:00

              AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
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1 9 61- (Troisième partie.)

 

  Cette année 1961 voit intervenir dans ma vie peu à peu des événements qui plus tard feront partie de l’Histoire et de mon histoire.

 

Un dimanche soir, le 23 Avril en arrivant au collège les conversations entre internes et pions sont agitées. Depuis vendredi dernier une partie de l’armée, surtout un régiment de parachutistes, commandée par  trois généraux, contrôle l’Algérie. C’est une révolte, une prise de pouvoir, un coup d’Etat, un « putsch. » comme disent certains.

 

1961 alger 2 de gaulleLe Président De gaulle à 20 heures, vêtu de son ancien uniforme de général, est apparu à la télévision et a prononcé un discours appelant les soldats d'Algérie, les Français, d'Algérie ou de métropole, à refuser le coup d'État ; il informe également des mesures qu'il prend :

-« Un pouvoir insurrectionnel s'est établi en Algérie  Ce pouvoir a une apparence : un « quarteron » de généraux en retraite. Il a une réalité : un groupe d'officiers, partisans, ambitieux et fanatiques. Voici l'État bafoué, la Nation défiée, notre puissance ébranlée, notre prestige international abaissé, notre place et notre rôle en Afrique compromis. Et par qui ? « Hélas ! » « Hélas ! » « Hélas ! ». Par des hommes dont c'était le devoir, l'honneur, la raison d'être, de servir et d'obéir. A partir d'aujourd'hui, je prendrai, au besoin directement, les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances. Françaises, Français ! Aidez- moi! ».

 

1961 alger 2 quarteronCe mot, « hélas! » répété trois fois ainsi que le terme discuté par les linguistes de « quarteron » resteront dans les anales gaulliennes.

Je n’ai pas entendu le discours, j’étais dans le train venant de Dreux.

Le brouhaha dans l’étude avant d’aller se coucher est total :

-«Ils veulent renverser le général ».  Crient les uns.

-«Il a  menti, Il trahit ceux qui battent depuis 7 ans, il veut céder devant le F.L.N et donner l’indépendance à l’Algérie » hurlent les autres.

-« Tous les anciens pays de l’A.E.F. et de l’A.O.F (Afrique équatoriale et L’Afrique occidentale Française) ont leur indépendance depuis l’an dernier. Pourquoi pas l’Algérie ? ».

-« La France ne doit plus avoir de colonies »  

-« Mais l’Algérie n’est pas une colonie ».

-« Mon grand frère a été tué par les fellagas, pour rien alors ?.. »

Cela aurait pu se terminer en pugila général mais le surgé est intervenu. Le surgé est un « pied noir » venant d’Oran. On lui a demandé ce qu’il en pense, il n’a pas voulu nous répondre…

-« Tout le monde au lit et en silence. »

 

Le dortoir a longtemps bourdonné de conversations à voix basse, puis le silence s’est peu à peu installé dans l’internat.

 

Vers une heure du matin, brusquement, tout s’est mis à trembler : les vitres des fenêtres, nos lits en fer, les tables de nuits, les chaises, les portes. Un bruit assourdissant, vrombissant dans l’avenue Joffre. Des lumières fulgurantes perçantes s’infiltrent dans nos dortoirs.

 -" Les tanks" Hurle une voix stridente.

Aussitôt, une galopade, une bousculade effrénée vers les baies vitrées. Nous ouvrons les fenêtres et les plus courageux en pyjama s’entassent sur les minis balcons. Il fait froid, nous sommes en Février.
En effet, nous voyons une bonne dizaine de chars d’assaut descendre lentement, au pas, l’Avenue Joffre dans un boucan assourdissant de moteurs, de cliquetis de chenilles et de crissements sur le bitume. D’énormes bouffées de fumée noire s’échappent de ces mastodontes. Le spectacle et impressionnant.

1961 putsch 1 Mais les pions nous font rentrer au chaud. L’un d’eux nous dit avoir écouté la radio. Le premier ministre Michel Debré a  appelé la population à se rendre sur les aéroports « à pied, à cheval ou en voiture », « dès que les sirènes retentiront », pour « convaincre les soldats engagés trompés de leur lourde erreur » et repousser les putschistes.  

On s'attend en effet à des parachutages ou des atterrissages de troupes factieuses sur les aéroports de métropole..

Les chars qui continuent à faire frémir les fenêtres du collège descendent du camp militaire de Satory à deux Kilomètres à peine. Ils se dirigent donc vers Paris pour empêcher que n’atterrissent sur Paris les parachutistes venus d’Alger.

Les pions arrivent difficilement à nous faire remettre au lit. Nous dormons peu car pendant une bonne partie de la nuit, par intermittence, les lourds engins vont perturber la nuit Versaillaise.

 Le lendemain, nous apercevons les dégâts provoqués par ces pachydermes chenillés. L’asphalte de l’Avenue Joffre est labouré, les trottoirs complètements défoncés par endroits.

Le putsch au bout de trois jours, le mercredi 26 Avril, va faire pschitt….Les généraux réfractaires à De Gaulle se sont rendus ou se sont échappés. Mais une autre menace apparaît. : L’O.A.S.

Les chars d’assaut, à part démolir les rues, n’ont donc servi à rien.

Ils sont rentrés dans leurs casernes mais certainement pas par le même chemin, car on ne les a pas revus.

 

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1961 (quatrième partie).
  
  
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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 07:00

              AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année....J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque. Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront.. Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :cliquez sur :
 
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1 9 61- (La pension- Deuxième partie.)

 

Les pions sont de braves types à peine plus âgés que nous.

Se sont des étudiants. Pendant les heures d’études, tout en nous surveillant, ils potassent leurs cours comme nous et les lumières de leurs petites chambre  ne s’éteignent souvent que tard dans la nuit. Chacun a sa personnalité : compréhensif, timide, effacé, se laissant chahuter, ou au contraire, inflexible, redouté et quelquefois injuste. Mais dans l’ensemble les relations entre élèves et pions sont assez bonnes.

Certains pions ont des surnoms comme celui que l’on désigne sous le sobriquet de «Hanneton » : Au cours d’une étude du soir plusieurs camarades avaient attrapé  et emprisonné dans des boites d’allumettes des hannetons. Ces pauvres bestioles délivrées toutes au même moment se sont mises à voleter nerveusement et bruyamment dans la petite classe. Ce brave pion était complètement affolé, ouvrant les fenêtres, essayant de chasser ces insectes volants vers l’extérieur. Là encore l’intervention du surgé fut nécessaire. D’ailleurs Hanneton est un ancien élève de la "boite à Jules" (il n’est pas le seul dans ce cas). Il est donc connu de tous, et jouit d’une certaine sympathie auprès des professeurs, de l’administration, et des élèves

 

Un pion est particulièrement chahuté. Il est beaucoup plus âgé que les autres, peut être trente ans,  petit râblé, un éternel béret marron vissé sur la tête. Il parle peu, difficilement, en écorchant les mots, très effacé, timide.

On l’appelle « Victor ». Je crois que c’est son véritable prénom. Mais il doit certainement s’écrire Viktor ou quelque chose comme cela. Ce pion est Hongrois. Il a déserté le paradis soviétique après l’insurrection de Budapest de 1956 réprimée par les chars russes. Il venait de terminer ses études de professeur de mathématiques. Réfugié en France, il est obligé de reprendre ses études pratiquement à zéro et d’apprendre notre langue. Des camarades imbéciles se moquent  de lui pour son allure gauche, sa solitude et son accent slave. Moi, je l’aime bien Vic(k)tor. Je n’hésite pas à lui parler malgré une certaine difficulté à le comprendre. Il m’explique sa Hongrie, sa révolution, sa famille restée là-bas, ce qu’il risque s’il retourne dans son pays et ses espoirs pour son futur en France. Un réfugié politique comme l’on dit, car le terme d’immigré, peu utilisé en ce début des années soixante n’a pas la même connotation qu’il aura plus tard.

 

Une éclipse de soleil ça,  c’est un événement rare.

1961 eclipse 2Le 15 février a lieu  la deuxième éclipse totale du siècle. Totale dans le sud de la France.

Partielle à Versailles.

Tôt le matin, juste avant les cours, aux alentours de 8 h 30, il faisait déjà grand jour. Une très belle matinée d’hiver. Pratiquement tous les élèves et professeurs du collège se trouvent dans la cour ou aux fenêtres. 

1961-eclipse 1 Je me tiens prés du bureau du surgé, le dos au mur du bâtiment neuf, face au soleil, et j’attends avec mes camarades le rendez vous du soleil avec la Lune. Peu de protection des yeux. Certains regardent au travers de radiographies. Je regarde comme je peux, pas top en face du soleil. Pendant deux minutes, le soleil perd de son intensité. On observe très bien la demi obscurité qui s’abat sur nous, et on ressent même une certaine baisse de la chaleur ambiante. Dans prés de quarante années  je reverrai  une éclipse partielle de soleil, mais cette fois ci, les yeux derrière des lunettes spéciales. Mais apparemment le fait de regarder le soleil dans les yeux pendant cette éclipse n’a pas provoqué de cécité grave chez les spectateurs de cet événement exceptionnel.

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1961 (troisième partie).
  
  
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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 07:00

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AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
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1 9 61- La pension (Première partie.)

  

Ma deuxième année scolaire en pension.

 Tout va bien, c’est presque la routine à présent.

Je suis en classe de troisième, section commerciale depuis septembre dernier.

Cette deuxième année d’internat collégien ne présente plus pour moi  le même choc émotionnel de la première. Je retrouve la même vie d’interne mais, cette vie devient un peu plus confortable. Fini le grand dortoir de 70 internes avec des lits superposés. Je dors maintenant dans uns chambrée de trente six (quand même) dans un lit normal, dans un environnement plus spacieux, un véritable vestiaire personnel fermé avec un cadenas..

Quant à la vie scolaire elle devient plus linéaire. Je n’ai pratiquement plus de professeurs de l’année dernière. Ceux que j’ai cette année sont différents. Ils me semblent moins atypiques plus « dans le moule » que ceux de la classe de quatrième. Même si certains vont m’accompagner pendant plusieurs années, je n’aurais d’eux que peu de souvenirs.

Alors que les noms, les visages, les personnalitésde tous ces professeurs que je n’ai côtoyé qu’une année scolaire, resteront indélébiles dans ma mémoire. De Rose Dubois la prof de commerce, Vital le prof de Français, Lecoq le prof de dessin, Lopez le prof de maths, à Duthen, le prof de gym.  J’ai l’impression en quatrième d’avoir étudié avec tous les professeurs «hors normes » du collège.

Bref, 1961 est une année que je perçois un peu comme une période intermédiaire. Période scolaire s’entend, car pour le reste, c’est une année plutôt formatrice, en pleine adolescence que j’aborde avec calme et sérénité.

 

Cette année, les longues stations dans les allées de la pièce d’eau des Suisses le jeudi après midi se font rares.

 

Un ciné club vient d’être crée au collège.

Des séances de cinéma ont lieu maintenant à la cantine le jeudi après-midi pendant cette petite période de « liberté » ou plutôt de non cours au milieu de 1961jules-ferry-refectoire.jpgla semaine studieuse. La coopérative scolaire a permis l’achat d’un projecteur 16 mm sonore. Rangé dans un placard, il est sorti pour la projection et installé dans la mezzanine réservée aux repas des professeurs. La projection est donc réalisée de ce balcon surplombant la grande salle du réfectoire. Un écran de toile est suspendu au plafond, au milieu de la pièce à une douzaine de mètres du projecteur. Cette toile  marouflée  est déroulée avec une perche munie d’un crochet. Le plus dur est de rendre la salle obscure. La hauteur de plafond est de plus de 4 mètres. Fermer les doubles rideaux relève de l’exploit sportif et les faire joindre sans laisser passer de jour tient du miracle.

Une centaine d’internes et quelques demi pensionnaires ou externes font la queue pour rentrer dans la salle de cinéma car il faut payer vingt centimes, quatre sous comme dit papa, pour voir le film. Cet argent sert à la location des bobines auprès d’une association cinématographique de l’éducation nationale. C’est un peu la bousculade et le chahut joyeux pour s’approprier les meilleures places.

On peut voir ainsi des films un peu anciens français ou américains. « Marius », « Regain », « François 1er avec Fernandel », des Westerns et des documentaires.  Je suis particulièrement impressionné par le jeu d’Humphrey Bogart dans le rôle du capitaine obsédé par le devoir dans « Ouragan sur le Caine. »

 

1961 projo 16mm 1 C’est un copain de seconde techno qui officie derrière l’appareil de projection. Je l’aide quelquefois, en début et en fin de séance pour rembobiner la pellicule, mais pendant la projection je n’ai pas le droit de rester au balcon. Je vois mieux le film en bas dans le réfectoire. Il me semble que le projecteur a été acheté d’occasion car il tombe régulièrement en panne. On voit alors soudain l’image s’immobiliser sur l’écran, la pellicule se consumer en rond comme le bout d’une. Cigarette. S’ensuit aussitôt une odeur de brûlé, un chahut organisé, des cris scandés « la suite, la suite » accompagnés de martèlement de chaises, des hurlements des pions pour tenter de rétablir l’ordre. Mon copain met bien dix minutes à rafistoler les deux bouts de la pellicule.

Il arrive que le surgé alerté par le barouf intervienne avec quelques heures de colle à la clé.

 

Je vais vous révéler un petit secret. :

Le projectionniste d’occasion joue de temps en temps des ciseaux. Il censure à sa manière les copies des films qu’il a en main. Il coupe ainsi des bouts de pellicules de scènes osées un peu dénudées (Elles sont rares en 1961) Il nous les montre triomphant après la projection. Mais il faut dire que très souvent le découpage a déjà été effectué par le projectionniste précédent.

 C’est pour cela que l’histoire que nous suivons voyons à l’écran nous parait souvent décousue et manifestement dépouillée de scènes importantes.

 

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1961 (Seconde partie).
  
  
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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 15:02

   AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
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1 9 60- (Cinqième  partie.)

 

 

A Dreux un événement d’importance :

 

1960 viollette action républicaine mortNotre vieux maire de 90 ans, Maurice Viollette est mort le 9 Septembre.

Il fut maire de notre ville pendant cinquante et un ans de 1908 à 1959. Il n’a quitté la charge municipale que depuis à peine un an. Un exemple de longévité politique. Il fut ministre du Ravitaillement en 1917, gouverneur général de l'Algérie de 1925 à 1927, ministre d'État sous le Front Populaire de 1936 à 1938. Partisan des réformes dans l'Empire colonial, il est l'auteur du projet Blum-Viollette qui prévoyait d'accorder la citoyenneté française et le droit de vote aux élites algériennes. Révoqué et arrêté par Vichy, il est réélu à la Libération.

Mes parents me parlent beaucoup de lui. Je l’ai vu plusieurs fois aux cérémonies drouaises. Il venait régulièrement aux remises de prix des écoles primaires. Il était redouté des écoliers attendant avec impatience leur récompense par la longueur et l’emphase des discours qu’il prononçait.

Ses funérailles sont grandioses. Le cercueil veillé par les pompiers en grand uniforme reste exposé deux jours dans la salle basse du beffroi. Les drouais viennent se recueillir en longue file devant le corps de l’ancien maire.

Mon père, en tant qu’employé municipal participe de façon très active aux  préparations des obsèques. Draper les principaux monuments de noir, comme le  beffroi et la  mairie. Monter les estrades pour les discours Grande Rue mais aussi au cimetière. Installer les tables à la salle des fêtes pour l’apéritif d’honneur, car beaucoup de beau monde politique débarque à Dreux.

Pas de passage à l’église. Viollette n’aimait pas. Il a crée à Dreux une loge maçonnique « Justice et Raison » rue Claye, à côté du Cercle laïque.

Le cortège funéraire traverse toute la ville pour monter au cimetière dans lequel Viollette sera inhumé après discours et présentation des drapeaux et présence militaire.

 

 

1960 regganIMG 2439Les Français font Cocorico,

 leur pays devient la quatrième puissance nucléaire du monde, après les Américains les Soviétiques et les Britanniques.

 

Leur première bombe atomique explose à Regane en plein milieu du désert Algérien.

 

 

 

Une grande catastrophe au Maroc. Le tremblement de terre d’Agadir fait prés de 15 000 morts soit prés du tiers de la population.

 

Un séisme de 9 sur l'échelle de Richter, la plus haute magnitude jamais mesurée, se produit près de la côte chilienne. Il déclenche un tsunami ("grande vague dans le port" en japonais) qui détruit tout sur son passage. 2 000 victimes sont recensées au Chili et la vague de 18 mètres se propage jusqu'à Hawaï puis aux côtes japonaises. Elle fait des centaines de morts sur son passage.

 Quel dôle de nom « Tsunami ». Un mot qui se rappellera à notre bon souvenir dans un mauvais jour à venir.

 

1960 paul fort1960 paul fort texteLe père du petit cheval blanc chanté par Georges Brassens est parti dans un grand éclair blanc.

 

 

 

 

 Le poète Paul Fort disait que si tous les gars et fille du monde voulaient bien se donner la main on pourrait faire une ronde autour de la terre.

 

 

 

   

1960 camus match 1IMG 2423Le prix Nobel de littérature de 1957 Albert Camus est tué dans un accident de la route.

En plein drame de l’Algérie les positions prises par Camus ne plaisaient pas à tout le monde.

 

La voiture conduite par le neveu de l’éditeur Gallimard était une Facel-Vega. Ces voitures Facel (Forges et Ateliers de Constructions d’Eure et Loir) Vega (l’étoile la plus brillante de la constellation de la lyre) sont fabriquées en plein centre de Dreux prés de la Mairie (Rue des Gaults).

 

 La production est minuscule, peut être une à deux voitures jours. J’aperçois de temps en temps un camion sortir de l’usine emportant deux ou trois superbes voitures. Il faut dire qu’il s’agit pour peu d’années encore de la dernière marque de voitures françaises de très grand luxe. Des bolides qui peuvent aller jusqu’à 240 Km heures (tout à fait exceptionnel à notre époque) sur nos routes actuelles cela peut devenir dangereux.

 Mortel même.  

 

Une bonne nouvelle tout de même :  Simone Signoret remporte un oscar pour son rôle dans les chemins de la haute rive..

 

Trois milliards d’habitants sur la planète terre en cette année 1960 et moi et moi. Dans une quarantaine d’années la population mondiale aura doublé.

 C’est fou, non ?

 

 

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1961 (première partie).
  
  
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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 07:00

 

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
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1 9 60- La pension (Quatrième partie.)

 

D'aucun pourront s'étonner que je n’écrive rien sur mes congénères internes. En fait, je reste très solitaire. Dans cette première année de pensionnat versaillais, j’ai bien quelques copains, des camaraderies, mais pas encore d’amitiés solides dont je pourrais garder le souvenir.

 

En juin je passe le certificat d’études primaires  à Versailles.

Je n’ai pas suivi de préparation spéciale. Tout c’est bien passé dans l’ensemble :

 

Deux souvenirs cependant :

 

-Les épreuves « sportives » au stade des chantiers. Sans entraînement, sans rien. Courir 50 mètres sur un semblant de piste poussiéreuse. La première fois que je lance, han ! Le poids, bof, à trois mètres, bel exploit.

 

-L’épreuve de chant. Devant deux examinatrices. Je chante, chantonne vaguement de travers, « l’Eau vive » de Guy Béart.

-« Ma petite est comme l’eau, elle est comme l’eau vive, coule, coule personne ne te rattrapera » Les examinatrices hilares je ne sais pourquoi, me demandent finalement de chanter la Marseillaise. Je me dresse et clame : « allons enfants ».  Et là, c’est toutes les personnes dans la salle qui sont bouches bées. Les deux dames m’intiment l’ordre en rigolant de m’arrêter.

 

L'eau vive par Guy Béart.

 

Finalement je l’ai eu ce certif. J’ai cru comprendre que je me trouve à la quarante neuvième place de tout le département de la Seine et Oise. (Sur deux ou trois milles certifiés primaires. Pas mal non) Les cent quarante postulants de la « boite à Jules » sont tous reçus. Le taux de réussite à cet examen fut d’un peu moins de soixante pour cent pour toute la France.

Je vais recevoir pour la peine un beau dictionnaire de poche Larousse.

Les prix du Collège, sont distribués probablement pour la dernière fois dans un vieux cinéma de la rue de Sceaux. J’y assiste avec Maman qui a eu l’occasion de parler avec Melle Rose qui n’a pas dit trop de mal de moi, car je suis admis sans problème à passer en classe de troisième ….

 

1960-radio-3.JPGPour mes 14 ans, mes parents m’offre un poste de radio à transistor et à pile. Le cadre est encore en bois. C’est pratique, je peux l’emmener partout. Bien sur je ne l’emporterai pas en pension.  

A Noël dernier mes parents m’avaient offert un tourne disque de marque « la voix de son maître ». Je leur avais donné comme argument l’aide que cet appareil pourrait m’apporter pour apprendre l’Allemand avec la méthode Assimil.

 En fait j’ai très vite détourné l’utilisation de cet électrophone vers un usage plus prosaïque. J’achète avec mon argent de poche à la boutique de  "la rose des vents"  à Dreux, rue Saint Pierre quelques disques : Guy Béart (« l’eau vive » du certificat), Jean Ferrat, Henri Salvador, des comiques comme Robert Lamoureux ou Jacques Bodoin avec Philibert.

Quant aux disques Assimil je les ais mis assez vite au rancart.

 

Je n’ai pas eu le choix pour la langue étrangère à étudier. N’ayant pas fait de sixième ni de cinquième, je ne peux étudier la langue suprême qu’est l’Anglais mais dois  attraper en quatrième une seconde langue : l’Allemand est pris pour moi comme première et dernière langue. Personnellement je ne me plains pas.

 J’aime  bien cette langue que l’on dit (à tort, selon moi) difficile.

Il me sera presque impossible par la suite d’apprendre l’Anglais, cette langue horrible à prononcer.

 

Après des vacances avec mes parents dans le Pas de Calais, Arras, Boulogne,  la rentrée de septembre arrive vite.

Mais pour moi cette deuxième rentrée se passe sans surprises :

Je suis un ancien maintenant…..

 

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1960 (cinquième partie).
  
  
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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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1 9 60- La pension (Troisième partie.)

 

Le professeur de mathématiques est tout jeune. C’est sa première année d’enseignement. Tout frêle dans sa grande blouse blanche.  C’est un espagnol, il est arrivé enfant réfugié avec ses parents en France lors de la guerre civile.

Il nous parle beaucoup de la situation actuelle de l’Espagne, du dictateur Franco. Etc. C’est un professeur engagé comme on ne dit pas encore en 1959. Je le préfère plus en  historien contemporain que lorsqu’il essaye de nous enseigner les mathématiques. Malgré mon peu d’appétit pour cette matière et par le retard pris pour n’avoir pas suivi les cours de sixième et de cinquième j’arrive assez bien à comprendre ses cours. Délaissant un peu le programme et son algèbre classique il nous démontre l’utilité des mathématiques modernes, et de la théorie des ensembles. Cette théorie toute nouvelle qui va révolutionner notre approche du monde, en mathématiques bien sûr , mais aussi en grammaire, en apprentissage de la lecture et aussi dans ce truc bizarre à venir : l’informatique

 

Un dernier portrait de professeur. Monsieur Lecoq. C’est le professeur de Dessin. Il professe dans un bâtiment en préfabriqué isolé du reste du collège, presque au milieu du minuscule terrain réservé aux sports. Les fenêtres sont grillagées car souvent bombardées de ballons de basket ou de foot. Il ne s’agit pas vraiment d’une classe, mais d’un atelier  capharnaüm jules-ferry-dessin-lecoq.jpgrempli de placards et de trucs en tous genres, vases, plâtres, affiches.

 Le maître des lieu est un petit bonhomme en blouse bleue aux taches de couleurs multiples,  aux cheveux noirs taillés en brosse, de grosses lunettes rondes en écaille et surtout, surtout, un mégot en permanence à la bouche. A l’intérieur de cet antre mystérieux, un nuage de fumée continuel. En deux heures de cours Monsieur Lecoq grille pratiquement un paquet de gauloises troupes papier maïs. Il tousse beaucoup et nous aussi d’ailleurs. Selon moi ce tabagisme effréné ne fera pas de lui un centenaire.

Pourtant c’est un dessinateur reconnu. Il assure l’illustration de nombreux livres : romans, essais, etc.

Dans ce que l’on peut quand même appeler sa classe, nous pouvons bouger, nous lever de notre place, table ou chevalet, voir ce que font les autres, critiquer, conseiller, parler et aussi travailler, créer des œuvres impérissables. Mais  Mr Lecoq a institué un règlement assez strict (règlement que je retrouverai plus tard dans les cours de dessin pour adultes) : A chaque fois qu’un gros mots est prononcé,  une pièce d’un nouveau franc doit être immédiatement  déposée dans une tirelire. Personnellement le mot de Cambronne m’arrive facilement aux lèvres : une mine de crayon qui casse, une tache de peinture inopportune, une gomme qui fait un trou dans le papier, bref tous les aléas lié au métier d’apprenti artiste. Je suis ainsi l’un des plus gros généreux donateurs de la tirelire. Le contenu fait de pièces sonnantes et trébuchantes sert à l’achat de fournitures non contrôlées par l’Administration : Papier, couleurs, etc.

Curieusement des six professeurs dont je viens de parler, aucun ne ferra la prochaine rentrée en Septembre 1960. Je ne les aurais connus qu’une année scolaire. A partir de la rentrée en troisième j’aurai des professeurs plus conventionnels et que je suivrai plusieurs années de suite.

Je ne peux oublier un autre personnage connu lors de ma première année de ma vie d’interne. : « Titine » l’Infirmière.

 

L’infirmerie se trouve sous les toits.

Deux petites pièces pour les soins. Une chambrée de quatre ou cinq lits pour les cas à surveiller. L’infirmière que l’on nomme « Titine » occupe un petit deux pièces contiguë aux locaux infirmiers. Titine est une petite bonne femme prés de la retraite aux cheveux rares et blancs bleutés, à la blouse de nylon rose et toujours en mouvements ne se laissant pas faire par les garnements que nous sommes. Pas question de lui dire n’importe quoi pour se faire dispenser de cours de gym... C’est elle qui assiste le médecin scolaire pour faire les visites annuelles. Après nous avoir pesé, toisé, elle nous faire pipi dans un petit bocal de verre. Je lai vu faire bouillir dans une casserole en bain marie sur un petit réchaud électrique les bocaux d’urine pour les analyser en y plongeant des produits bizarres.

Le soir avant de se coucher, les internes peuvent aller en pyjama à l’infirmerie s’ils ne se sentent pas bien ou s’ils doivent prendre des médicaments spécifiques.

Tous les jeudis matin, à la cantine au lieu du café au lait habituel nous est servi du mauvais chocolat. Dans la matinée des violents maux de têtes m’assaillent. Je vais voir Titine Qui commence par ronchonner, c’est son habitude, puis estimant que je digère mal le chocolat me fait un mot pour le « surgé ». Dorénavant, le jeudi je prends mon petit déjeuner  à une table où est servi spécialement du café à des petites natures comme moi. Ayant attrapé une sorte de grippe je passe 4 jours à l’infirmerie, au calme, au chaud, loin du dortoir bruyant. Finalement Titine est très gentille et je me fais chouchouter.

 

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