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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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1 9 60- La pension (Seconde partie.)

 

 

La dame professeur de Français au bout d’un trimestre de cours,  s’est mise en congés  à Noël pour faire son quatrième bébé.

Son remplaçant est un être étrange. Un grand bonhomme à la stature imposante. Il vient au collège  revêtu d’un chapeau de Guardian, d’une cape noire virevoltant au vent et recouvrant en partie un énorme sac de cuir qu’il porte en bandoulière. Il  marche raidement, comme un grand personnage, se servant peu d’une canne au pommeau d’ivoire qu’il fait tournoyer devant lui.

En classe, dépouillé de son galurin, de sa cape, de sa cane  et de sa gibecière, il apparaît vêtu d’un costume de velours écoulé noir, d’une chemise blanche et en guise de cravate, une cordelette en cuir avec des embouts et une épingle ronde en métal doré.

Il parle d’une voix forte et rocailleuse avec une pointe d’accent méditerranéen.

Curieusement il porte le même nom que notre vendeur de glace : Mr Vital. Pas de lien familial pourtant. Il y a aussi à Radio Luxembourg un Jean Jacques Vital qui présente la Famille Duraton, ce feuilleton radiophonique dont raffole maman.

Monsieur Vital organise son cours de façon peu orthodoxe. Il suit le programme par des chemins de traverse. Il lit des chapitres de livres qu’il nous faut résumer sur une feuille.

Il nous raconte beaucoup de choses qui nous semble à mille lieues du cours de Français traditionnel. Par exemple, à partir d’une tirade de l’Avare de Molière il nous fait l’apologie du plaisir que l’on peut éprouver à manger avec les mains, sans fourchettes. De façon gourmande il nous mime la scène : La cuisse de poulet rôtie encore chaude, tenue entre les doigts, la sensation charnelle procurée par le contact direct de la bouche et de la viande.

leMotJuste.jpg Malgré sa brièveté, (à peine 4 mois)  l’enseignement de Mr Vital m’aura apporté un élément essentiel pour ma dialectique à venir : « le mot juste ». Je le verrais toute ma vie,  les yeux ronds, la bouche en cul de poule, prononcer avec délectation, lentement, ces trois mots « Le mot juste ».

Puis il continuait : « Ne faites pas de longues phrases ampoulées, faites court, soyez précis, un seul mot employé comme il faut vaut mieux qu’un long discours. Seul « le mot juste » va droit au but et touche votre lecteur »

Et toute ma vie je serai à la recherche du « mot juste », celui qui fait mouche à tout coup. Mais ce n’est pas facile.

Et comme disait la Marquise de SEVIGNE :

-« Excusez-moi, je n’ai pas eu le temps de faire plus court ! ».

 

Notre professeur de sport, Mr Duthen  est un littéraire inassouvi

Lui aussi cherche le mot juste C’est un ancien joueur de rugby, plusieurs fois sélectionné en Equipe de France. Il écrit dans le journal « Le Monde » les articles concernant le rugby dans la rubrique sportive.

Les abords de la pièce d’eau des Suisses derrière le collège ainsi que les allées du parc du château nous servent de terrains de sport. Monsieur Duthein nous y apprend les rudiments du rugby. Comme je n’ai pas d’attirance spéciale pour le jeu, je préfère courir autour de la pièce d’eau. (Le « petit tour » fait plus d’un kilomètre de longueur et  le « grand tour » prés de trois Kilomètres.)

Un jour d’hiver  Robert Duthen nous entraîne pour un cross dans les jardins du château. Le soleil brille  d’une chaleur tiède et fait rutiler la neige qui recouvre d’une couche légère les gazons, les statues et les bosquets. Le paysage est magnifique. Tout en courant je me régale de ces vues superbes… Mais certains camarades râlent, épuisés. Le prof arrête le groupe et ulcéré, crie -« Vous n’êtes pas content de courir dans ce site exceptionnel. Vous avez tort. Il y a dans le monde des gens qui seraient très heureux de venir ici, dans les jardins du Château de Versailles. Pour certains ce n’est qu’un rêve. Vous n’avez aucune idée de la chance que vous avez ».

 Certains idiots insensibles à la beauté du lieu, ricanent. Moi je suis entièrement d’accord avec ces propos.

Duthen a une façon très spéciale de punir les élèves en faute. Un jour, après une bêtise je ne sais plus laquelle. Peut être étais-je  arrivé en retard à la fin du cours m’étant  attardé auprès des pêcheurs de la pièce d’eau au lieu de courir. Bref, pour me punir il me demande pour la semaine suivante d’écrire un texte sur la pièce d’eau en Automne. Beaucoup d'autres élèves auraient rechignè, mais moi, il ne pouvait pas me faire plus plaisir. Huit jours plus tard je lui ais apporté un texte plutôt sympa, très pictural poétique et romantique comme peut le faire à 14 ans ..

Il a été impressionné, Il ne m’a jamais rendu ce texte.

Dommage…..

 

 

*- Robert Duthen (mon prof) formait avec son frère Georges la paire de centres de l'équipe de Paris..qui, le 11 nov 1944 disputa au Parc devant Churchill et le général de Gaulle l'historique match de réconciliation avec les Anglais contre la R.A.F.

Robert avait le surnom de "Petit Poête d'Ovalie ". Tel que je l'ai connu il méritait bien ce surnom.

 

Georges  son frère fut journaliste chef des sports de l"Equipe" du Parisien Libéré" et du "Miroir des sports". Il écrivit plusieurs livres références sur le Rubgy. Le jour de sa mort en 2000 à 81 ans, le "Petit poête" constatait :

- "Il part le jour de la Saint-Georges, le jour de la Résurrection".

-

Robert Duthen a écrit entre autres livres  en 2003 :"Le Rugby d'antan".

 Il est décédé en mars 2008 à l'âge de 87 ans. 

.  

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1960 (Troisième partie).
  
  
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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
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1 9 60- La pension (Première partie.)

 

1er Janvier 1960 L'ancien franc germinal est mort :

Vive le nouveau Franc, le Franc lourd, le Franc Pinay.

 Pourquoi le franc est-il devenu « lourd » ?  Cela je ne le comprendrai jamais : de 100 on passe à un. Pour moi le Franc nouveau est « léger » et on lui alloue des centimes. Un est plus léger que cent. Non ?  Mais les maths ce n’est pas mon fort.

 

Mademoiselle Dubois notre professeur de comptabilité, commerce et économie,  nous a pourtant bien expliqué tout cela. Rose, c’est son prénom, et c’est comme cela qu’on l’appelle entre nous. Cette Mademoiselle Rose fait partie  d’une espèce de femme, d’enseignante, en voie de disparition en cette nouvelle décennie qui s’annonce pleine de progrès et de changements. Mademoiselle Rose est une « vieille fille », comme l’on dit. A l’approche de la soixantaine elle n’aurait jamais « vu le loup »comme dis Papa. Elle est petite, ratatinée, un visage rond, des yeux noirs cachés derrière d’épaisses binocles de myopes. Les cheveux grisâtres en chignon enchâssés dans un filet qui descend jusqu’au milieu du front en voilette. De la poudre de riz en plaques épaisses sur des joues maigrichonnes. Un sourire un peu contraint dans un visage que la solitude rend sévère.  

Bref, une femme d’un autre âge. Et pourtant on l’aime bien Mademoiselle Rose. C’est un peu notre grand-mère. Elle enseigne tout ce qui fait notre spécialité, nous, les élèves de quatrième, section commerciale, c'est-à-dire le commerce, l’économie et des notions de comptabilité. Elle genevieve-tabouis-1.jpgexplique bien Mademoiselle Rose, mais d’une voie fluette.

Sa voix, sa voilette me font penser à Geneviève Tabuis. Vous savez bien celle qui cause à la radio sur des sujets très sérieux comme la politique et qui emploie des formules que j’ai peine à comprendre : « Les dernières nouvelles de demain. » « Attendez vous à savoir. »

Mais Mademoiselle Rose a un peu tendance à lire ses cours d’une voix monocorde un peu soporifique. Je me trouve dans le fonds de la petite classe, la première heure studieuse de l’après-midi. La digestion est difficile. Mademoiselle Rose a peut être aperçu ma somnolence.

Elle m’interroge. J’ouvre un œil.  ».

-"Que connaissez vous comme moyens de transports ferroviaires ?."  

                                                                                                                                                                  Geneviève TABOUIS.

                                                                                                        

Toujours l’envie de dormir, la voix pâteuse, au hasard je réponds ;

-« Les wagons lits, Melle »

(C’est bien d’un lit, dont j’aurais besoin). Aux ricanements étouffés des camarades, Je rectifie le tir, en répondant après un court instant de réflexion, « les wagons de marchandises, les wagons citernes.).

Mademoiselle Rose fait semblant de ne pas avoir entendu ma première réponse, continue le cours. Et moi je poursuis ma digestion au fond de la classe.

 

Pour les cours de dactylographie nous allons tout en haut du nouveau bâtiment en briques.

Dans une grande salle, une vingtaine de machines à écrire antédiluviennes des Underwood des Japy des Remington.trônent sur des petites tables semblables à celles des bistrots. La prof, une dactylo.jpgespèce de grand cerbère  en blouse grise descendant jusqu’aux chevilles, aux grand bras qu’elle balance comme les ailes d’un moulin en hurlant des imprécations. Nos machines bruyantes et  trépidantes nous demandent une force de frappe démoniaque car les touches, rondes serties d’une bordure    en relief sont dures et presque coupantes. Le clavier est « aveugle », pas de lettres inscrites sur les touches restées blanches. Nous devons recopier un texte sans regarder nos doigts. Une affiche cartonnée représentant le clavier avec les lettres, est punaisée au dessus du tableau noir. Si l’épouvantail surprend un de nous  à regarder la position de ses  doigts sur les touches, il s’étouffe d’indignation. Et comme il m’arrive souvent d’être un de ceux là, je ne vous dis pas ces serpents qui sifflent au-dessus de ma tête.

En plus, le but, c’est d’atteindre les 140 mots frappés par minutes. Pour moi le compte est bon, mais alors que de fautes de frappe que l’acariâtre entoure rageusement en rouge sur ma feuille qu’elle déchire souvent. A moi de recommencer.

Je suis considéré comme un cancre de la dactylographie.

Et pourtant, dans quelques années, savoir taper à la machine me permettra de vivre sans trop de soucis mon service militaire comme dactylo du colonel, tapant plus vite que la pfat de service (personnel féminin de l’armée de terre). Plus vite certes mais en regardant mes doigts …  

Quand je pense que l’an dernier, il y avait encore au programme de quatrième C (commerciale) des cours de sténo méthode Delaunay. J’ai échappé de justesse à ce truc qui m’aurait cassé les pieds. Cependant cela m’aurait été utile plus tard pour prendre à la volée des notes de  cours,  de rapport de réunion et autres billevesées….

   

Pour vous souvenir ou connaitre la voix de Geneviève TABOUIS :

 http://www.ena.lu?lang=1&doc=11593

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1960 (Seconde partie).
  
  
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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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1 9 5 9- La pension (Quatrième partie.)

Une nouvelle semaine commence…

 

jules ferry affiche avec annexe.G 8442Le Collége National Technique et Moderne  Jules ferry changera plusieurs fois de statut entre 1959 et 1967 pour finir lycée d’Etat. Mais entre nous, nous appelons notre bahut la « boite à Jules. ». Ce n’est pas le « bon «  lycée de Versailles. Le vrai de vrai, celui des bourgeois Versaillais, c’est le lycée Hoche. Ils nous regardent de haut, ceux de Hoche, quand nous nous croisons dans la rue. Cela se règle souvent sur le terrain du stade Montbauron ou celui de Porchefontaine  en particulier pendant les matchs de rugby du jeudi après midi. Moi je reste toujours prudemment spectateur. Je suis bigleux et peu sportif.

Les bâtiments du de la boite à Jules sont situés pas trés loin du château de Versailles. Dans le quartier St Louis presque en face de la cathédrale, coincés entre le petit séminaire (le grand est un peu plus loin vers la gare des chantiers), le potager du roi où loge l’école d’horticulture et par derrière, la pièce d’eau des Suisses.

La ville de Versailles en cette année 1959, à part une certaine haute bourgeoisie est peuplée en grande partie de militaires (casernes des écuries petites et grandes, d’annexes directes du château, de l’avenue de Sceaux et de bien d’autres endroits) de futurs curés (deux séminaires, l’écrivain Roger Peyrefitte en a parlé dans ses bouquins) de collégiens et  lycéens.

Un petit truc rigolo : de la cour de récréation et même de l’intérieur des classes on entend très nettement braire de façon incongrue l’âne qui broute dans le jardin du séminaire. Ce qui donne de l’animation pendant les cours et le rappel à l’ordre des professeurs.  

Le bâtiment de l’internat est celui d’un ancien hôtel particulier du 18ème siècle. Il parait  qu’un architecte de l’époque se serait offert ce bâtiment avec les pierres non utilisées lors de la construction de la cathédrale st Louis dont il en était le maître d’œuvre. Assez difficile à croire n’est-ce pas ?

Un grand bâtiment en brique lui fait face de l’autre côté d’une cour bordée d’arbres. Il comporte les bureaux administratifs (celui du Directeur, du surveillant général  de l’intendant). Et sur trois étages, la majorité des classes.

La « boite à Jules » est un grand bahut qui va de la classe de  sixième au bac, (bac classique en deux parties) avec des sections techniques (prépa aux écoles d'ingénieur) et même un centre d’apprentissage. Prés de deux mille élèves. Tous des garçons, bien sûr Les internes, désignés par leur blouse grise sont un peu moins de quatre cent.

Ma blouse est un peu trop longue pour moi, de grise bien repassée elle devient en fin semaine un chiffon souvent déchiré, toujours maculé de tâches multiples et variées. De la sauce du repas à l’encre bleu noir en passant par plein d’autre choses souvent peu recommandables. Je perds régulièrement la ceinture en tissus

Petit à petit j’apprends le métier difficile de collégien catégorie interne. C’est parfois douloureux, mais j’organise comme je peux ma nouvelle vie, je l’apprivoise. Je m’habitue peu à peu aux obligations d’étudier, de respecter le règlement interne, de vivre  au rythme imposé par la collectivité. Je résiste même aux vexations qu’essayent de nous infliger les anciens en voulant copier le bizutage de l’école d’horticulture proche. Le surgé heureusement veille  Je commence à pratiquer une tactique que j’aurais toute ma vie : Me fondre dans le groupe, m’y faire apprécier, mais en gardant toujours mon indépendance et ma liberté d’esprit et de mouvement. Mais cela peut  conduire à une certaine solitude que j’assume pleinement.

 

Le Directeur, Monsieur Jousse est un homme âgé, prés de la retraite c’est un ancien de jules ferry dessin Jousse.IMG 843714/18. Un homme assez effacé. Nous le voyons peu, nous les élèves. C’est le surveillant général, le « surgé » qui est pratiquement notre interlocuteur unique.

Quelque jours avant le onze Novembre, je suis désigné (je ne sais pourquoi ni comment) avec une bonne dizaines de mes camarades pour assister à une petite cérémonie du souvenir. Nous nous réunissons dans le vestibule d’entrée en face de la loge de la concierge devant une plaque en marbre sur laquelle sont gravés les noms des professeurs et personnels de l’école « morts pour la France » lors des deux guerres mondiales. Monsieur Jousse est présent, en costume gris vert, des décorations multicolores accrochées sur sa poitrine. Son visage est sombre. Il nous tient un petit discours sur la guerre, l’héroïsme, les valeurs de la république etc. Puis, lentement, presque à voix basse, il nous parle de sa propre expérience. Engagé à 18 ans, Verdun, le Chemin des Dames. Inconsciemment je pense à mon grand-père tué à Verdun. Il nous dit aussi que le 11 novembre 1918, il se trouvait dans un hôpital militaire à la suite d’une blessure. Cela nous explique pourquoi Mr Jousse claudique en marchant. Une certaine émotion s’empare de mes camarades et moi. Les adultes présents semblent aussi émus que nous

L’apprentissage de ma nouvelle condition tire à sa fin. Je deviens peu à peu un pro de l’internat collégien.

L’année 1959 se termine en douceur pour moi. Je n’ai jamais autant apprécié les vacances scolaires. J’en profite pour me faire chouchouter par mes parents. Me retrouver seul dans une chambre, dans un lit normal, prendre mes repas dans le calme, faire ma toilette confortablement, me lever et me coucher un peu aux horaires qui me conviennent, ne plus être coincé entre les quatre murs de la cour de récréation, sortir dans Dreux, faire du vélo à la campagne. .Quel bonheur retrouvé pour quelques jours.

 

L’année 1959 apporte aussi beaucoup de changements :

-En France :

-Une nouvelle république, la cinquième.

-Un nouveau Président, le Général de Gaulle.

-Un nouveau Franc prévu pour le premier Janvier de l’an prochain.

-Un ancien ministre de la quatrième république se fait canarder au bazooka Avenue de l’Observatoire à Paris. Bizarre autant qu’étrange.

-Un beau mariage : BB, Brigitte Bardot  se marie avec un presque inconnu Jacques Charrier.

-Mais aussi de  tristes nouvelles :

 La disparition de Boris Vian, de Gérard Philipe.

 Une catastrophe nationale (prés de 400 morts) : Le barrage de Malpasset craque en lâchant une vague de dix mètres de haut qui dévale à soixante-dix kilomètres heure jusqu’à Fréjus et la mer en dévastant tout sur son passage.

-Dans le monde : Il y a des gens bizarre à New York : les beatniks….

-A Cuba le début du règne des barbus.

-Le Dalaï Lama quitte le Tibet sous occupation chinoise.

-La « guerre » d’Algérie se durcit.Les révoltes sanglantes commencent au Congo Belge.

-La liberté, la démocratie sont des valeurs encore peu partagée dans ce bas monde. Peut être qu’un jour….

-A Dreux : Début décembre, Edith Piaf s’écroule dans son tour de chant à la salle des fêtes. C’est le début pour elle d’un long calvaire.

-Maurice VIOLLETTE (89 ans) maire de Dreux depuis 1908 laisse son fauteuil municipal à Georges RASTEL.

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
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Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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On a bien tort de se mettre à écrire ses mémoires quand on commence à perdre la sienne". (Général Albert de Vaulgrenant) 


1 9 5 9- La pension (troisième partie.)

La première semaine d’internat et de lycée me parait  longue et pourtant extraordinement dense.

Tout est nouveau, je dois m’adapter en permanence :

-L’internat : la nuit en dortoir, la toilette en lavabos communs, les repas en réfectoire, les soirées en salle d’étude, les rassemblements dans la cour avant les repas et le coucher, dans le préau avant l’étude, pour entendre  les sermons, les avertissement  du surveillant général, la pression incessante des pions « dépêchez-vous, silence !, en rang, rangez vos valises, extinction des feux ! »

-Le lycée : les changements incessants de salle de classe, de professeurs, et de matières étudiées, les longs moments de récréation dans cette cour close, les premiers contacts avec tous ces enfants inconnus, déjà des camaraderies naissantes, déjà des animosités larvées.

-Des clans se forment. Les internes, les demi-pensionnaires, les externes, ceux du collège classique et moderne, ceux du technique, ceux du commercial.

- Les lois du plus fort, du plus débrouillard, et du plus égoïste me paraissent très vite être de mise. Heureusement, les pions, de braves types étudiants de vingt ans, (parfois des anciens du lycée) veillent au bon ordre, en cela fortement soutenu par l’omniprésence presque continuelle partout dans le Collège  du surgé ou de son assistant. 

 
Le long après-midi sans cours du jeudi. Les pions nous emmènent, nous, les internes des piece-d-eau-IMG_8387.JPGclasses de sixième aux classes de troisième à la pièce d’eau des Suisses dans le parc du Château oû pendant trois heures nous faisons ce que nous pouvons. : Tourner autour du bassin, regarder les pêcheurs, courir, jouer au ballon, discuter, lire, écrire à sa famille, s’ennuyer, cafarder.


Un gros bonhomme nous vend des glaces. Sa boutique est étrange : Une vieille moto  dont le devant pousse une glacière dans laquelle mijotent dans huit petits bacs en métal des crèmes glacées de différents parfums. Très mobile ce marchand de glacé nommé « Vital », son nom est peint sur sa moto, se poste là ou il peut trouver des amateurs de glaces : Auprès des différentes casernes, à la sortie du collège pour les externes et demi-pensionnaires et à la pièce d’eau des Suisse pour les internes désoeuvrés.
 Il est peu probable que Vital  propose aussi ses glaces à l’eau « maison » (c’est lui qui le dit) aux messieurs du Lycée Hoche. L’hiver, la glacière est remplacée par un brasero et Vital propose des marrons chauds.

Pour l’instant,  en ce début d’Automne pourtant assez frisquet, Je me bourre de glaces à la vanille, dépensant mon argent de poche. Vital est très entouré. C’est la seule personne étrangère au lycée avec qui les jeunes internes isolés du monde peuvent bavarder. (Mais toute médaille a un revers. Quelques années plus tard nous apprendrons que Vital a été poursuivi pour exhibitionnisme auprès de jeunes garçons et incarcéré quelques mois.)

Mais en attendant trop de glaces ingurgitées me rendent malade d’indigestion.  

 

Le samedi midi arrive enfin.
 
Les internes vont pouvoir retourner pour moins de deux jours chez leurs parents. A peine une dizaine de malheureux restent le dimanche à l’internat.

Avant de partir, la valise pleine du linge sale de la semaine, il faut attendre la distribution des cartes de sorties qu’il faudra ramener signée par les parents au retour, dimanche soir.

Je suis heureux de revenir sur Dreux par le train. Mes parents m’attendent à la gare aussi impatients que moi. J’ai tellement de chose à leur dire.

Une nuit dans mon lit, dans ma chambre, une grasse matinée, une promenade à vélo le dimanche après-midi et c’est déjà la temps de repartir pour une semaine à Versailles.

Je dois arriver à l’internat avant neuf heures du soir. Je prendre un train à 6heures et demi, c’est tôt mais les suivants me ferraient arriver trop tard au Collège. Maman me prépare un sandwich et quelques friandises que je grignote pendant le voyage. L’arrivée au Collège me donne le bourdon. Les autres internes sont dans le même état, surtout les débutants bien sûr. Les anciens fanfaronnent.

Une nouvelle semaine commence…

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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On a bien tort de se mettre à écrire ses mémoires quand on commence à perdre la sienne". (Général Albert de Vaulgrenant) 


1 9 5 9- La pension (seconde partie.)

-Dans la cour, en « civil », n’ayant pas encore revêtu la blouse grise, uniforme des internes, nous sommes plusieurs nouveaux, désemparés, sans voix, ne sachant que faire. Des anciens qui courent, chahutent, se moquent de nous. On voit qu’ils ont l’habitude et qu’ils sont un peu chez eux.


jules surgé dessin sifflet-Le rassemblement à coup de sifflet devant le perron du haut duquel le surveillant général, le « surgé » comme disent les anciens  nous présente « les règles du jeu »  C’est  un  petit homme brun, à la peau burinée, en costume noir, cravate rouge, à l’air sévère dominé par des lunettes d’écailles cachant à peine des sourcils touffus. En parlant il laisse poindre de longues canines.
Son discours, émis d’une voix éraillée et forte, parle d’interdictions, de règlements, d’horaires à respecter, de punitions, de jours de colle  si…


Je ne retiens que peu de choses de ce charabia….

-Dans le réfectoire qui me semble immense, l’appétit est faible. Les anciens ne se gène pas pour dévorer les parts que les nouveaux laissent dans le plat.


Dans le dortoir : « Berthelot » tel est son nom ; s’empilent soixante dix jeunes internes. S’empilent est le terme exact. Certains lits en fer au sommier grillagé sont superposés à deux voire trois étages. Papa m’a conseillé de choisir plutôt le lit du haut. C’est bien, on n’est pas étouffé, mais, là-haut, il faut y monter. Pas d’échelle, mais une sorte de marchepied étroit qui coupe le pied. Et puis dés que le locataire du rez-de-chaussée au bas de cette sorte d’échafaudage branlant, bouge, celui de l’étage  tangue de la même manière.

Une petite table de nuit à partager à deux, voire trois pensionnaires pour y mettre la trousse de toilette, les lunettes, etc. La serviette de toilette est étendue sur la barre au pied du lit. Les valises contenant les linges de rechange et les trucs personnels sont  rangées sur des étagères fatiguées dans une petite  pièce appelée pompeusement vestiaire. Chacun peut cadenasser sa valise (c’est conseillé) et trouver une place pas trop haute ni trop loin. Il n’est  pas facile de retrouver sa valise parmi les soixante dix autres, car certains malveillants n’hésitent pas à changer de places les valoches qui les importunent.


En pyjama nous nous retrouvons dans les lavabos collectifs. L’eau chaude y coule de façon approximative. D’ailleurs beaucoup d’internes n’y mettent que rarement les pieds, dans l’eau, j’entends  (et je ne parle pas du reste)…Tout cela se fait dans un roulement de bruits : l’eau qui coule en rasade, des galopades, du chahut, le cris des pions :

-« Tout le monde au lit, plus personne aux lavabos ni au vestiaire. Extinction des feux. » -

-Plus de lumière…Mais du haut du lit superposé je perçois quand même diffuses au travers les fenêtres sans rideaux des lumières : celle très faible des lampes de la cour, celle des appartements de fonction  donnant de l’autre côté de cette même cour…et puis, en raie sous la porte fermée, celle de la chambre du pion censé nous surveiller.

Un silence très animé : les lits qui grincent, des chuchotements, des bruits incongrus, déjà des ronflements. Des odeurs de toilettes négligées commencent à se répandre. J’allais m’endormir quand une lumière plus intense que les autre tournoie en rayon trouant la pénombre de cet immense dortoir. C’est la lampe de poche du surveillant général qui fait sa tournée incognito des dortoirs. Il y cinq chambrées, mais celle de  « Berthelot » est la plus grande et le plus remplie.

La lampe disparaît, un calme relatif s’installe, je tombe dans un sommeil agité.

 

Quel changement de rythme pour moi, c’est un choc des cultures  très dur.

Ce n’est plus une vie douillette auprès de mes parents, auprès de mes camarades de toujours, de mon cher instituteur Monsieur Aubreton, de ma campagne drouaise…

Mais une vie qui ne m’appartient guère, une vie impersonnelle, encadrée, surveillée par des adultes indifférents à ma petite personne. Une vie subie, entourée, bousculée par des enfants comme moi mais qui me semblent plus durs, plus délurés que mes camarades d’avant. Tout me semble hostile, je tangue de classe en classe, de professeur en professeur, de trucs nouveaux en trucs nouveaux, Allemand, physique dactylographie, étude, réfectoire, dortoir, pions etc. etc.  etc.

Je suis tellement désorienté que j’oublie dans une classe mon beau stylo watterman  sur une table. Un beau stylographe offert par ma maman. Un stylo qui se rempli avec un piston dans une bouteille d’encre. Il n’y a plus d’encrier dans les pupitres comme à Ferdinand Buisson. Le même jour, mon sac à dos contenant mon bel ensemble bleu pour faire de la gymnastique s’est envolé, pas tout seul, bien sûr. Je l’avais déposé dans un casier dans la cour sans cadenas.

Prenant mon courage à deux mains, tremblant je suis allé déclarer les deux disparitions au surveillant général qui a pris note. Je n’ais jamais retrouvé ni mon stylo ni mes affaires de gym. .

Maman fâchée, pas contre moi, mais contre, comme elle dit, ces « voyous » me rachète les deux articles volés mais de moins bonne qualité.

Pour couronner le tout, lors de mon premier voyage de retour vers Dreux, soit le premier samedi à midi après le dimanche de la rentrée, j’oublie mon portefeuille dans le train avec tous mes papiers. Heureusement le train était terminus à Dreux et papa a pu tout récupérer. Ces trois malheureuses expériences vont me vacciner : Je ne perdrai  plus jamais d’affaires, je ne serai plus jamais volé dans toute ma période lycéenne.



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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1959 (seconde partie).
  

 
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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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1 9 5 9- La pension (première  Partie.)



On a bien tort de se mettre à écrire ses mémoires quand on commence à perdre la sienne". (Général Albert de Vaulgrenant) 



A N    P A R    A N

 DEUXIEME TOME

1959 – 1970.

   

En cette belle matinée d’octobre le train à vapeur, en cahotant et crachotant  m’éloigne de mon enfance, et m’entraîne vers mon adolescence.

Cela je ne le sais pas encore et pourtant je sens que tout va changer pour moi. Dans le couloir de ce wagon à compartiments, les coudes sur la fenêtre ouverte, la tête en dehors  et les cheveux au vent, je regarde le paysage ,le cerveau  vide et le ventre serré. Il fait beau, mais il fait froid. Les champs labourés encore recouverts du givre de la nuit brillent au soleil d’Automne. Le vent glacial me pique autant que les escarbilles que m’envoie la fumée âcre et noire de la loco à vapeur poussive. Derrière moi dans le compartiment il y a mes parents et surtout ma valise. Ce n’est pas une valise pour partir en vacances ou en colonie de vacance. Il ne s’agit pas de vacances du tout, mais de pension. Rien qu’à penser à ce mot « pension » mon estomac se noue douloureusement.


La plupart de mes camarades
de l’école primaire Ferdinand Buisson de Dreux que je viens de quitter entrent aussi dans une nouvelle ère de leur existence. Certains ont reçu en cadeau pour le certificat d’études une magnifique mobylette bleue. Oh ce n’est pas pour se promener mais pour se rendre au centre d’apprentissage et chez un patron. Eh oui, ils ont quatorze ans et commencent déjà à travailler.

Par rapport à eux il paraît que j’ai de la chance : Je vais continuer à étudier. Oui, mais eux, ils restent chez leurs parents.

Comme quatre de mes camarades j’ai réussi un concours pour prendre en route le train du secondaire c'est-à-dire arriver en classe de quatrième en ayant laissé de coté la sixième et la cinquième. Mais cela ne nous donne pas droit à la voie « royale », c'est-à-dire la quatrième « moderne » ou « classique ». Nous sommes cantonnés dans la filière « technique ». Mes camarades vont en sections industrielles à Creil ou à Evreux. Pour moi ce sera la section études comptables et commerciale du Collège National Technique et Moderne lycée Jules Ferry à Versailles. Un titre ronflant qui impressionne le gamin de tout juste treize ans que je suis.

 

A l’arrivée du train à la gare Versailles chantiers, mon oncle Gilbert vient nous chercher en voiture. Il nous amène à Buc à trois kilomètres. C’est lui et ma tante Cécelle, la sœur de Maman qui seront mes correspondants en cas de problèmes à la pension.

Le repas de midi est difficile à avaler pour moi car l’angoisse m’étreint au fur et à mesure qu’approche l’heure fatidique.
Et pourtant le début de cet après-midi de Dimanche est très animé à Buc.
Jacques_anquetil.jpgDans la rue passe une course cycliste « Le critérium des as ». Il s’agit d’une course contre la montre dont le départ, toutes les trois minutes, coureur par coureur a lieu, c’est très curieux, devant l’entrée de mon Lycée.
Cette course, entraîne les coureurs par les côtes de la vallée de Chevreuse et après environ 80 kilomètres à la « cipale « (vélodrome municipal) de Vincennes. La course est en partie relayée en noir et blanc par la télévision. Mes parents n’ont pas encore de téléviseur. Je suis, malgré ma fébrilité, captivé par l’écran du poste que possède mon oncle, le veinard. Mais quand le départ d’un coureur connu est annoncé, nous sortons sur le trottoir pour l’apercevoir et l’applaudir. Comme la rue Louis Blériot monte assez durement, les coureurs ne sont pas en pleine vitesse et nous avons un peu de temps pour les voir passer les uns après les autres. Je vois ainsi Jacques Anquetil (Qui gagnera l’épreuve) et Louison Bobet, « vas y Bobet «  qui vient de gagner coup sur coup trois tours de France.


Je ne sais pas encore que cette fameuse « cipale »qui reçoit encore l’arrivée du Tour de France à Vincennes portera plus tard le nom de « vélodrome Jacques Anquetil. » 

 

-« Bon et bien  il est bientôt six heures il faut y aller…. »

L’oncle Gilbert nous conduit au Collège, moi et mes parents.

Le temps va s’accélérer.

Tout est nouveau pour moi. Je suis emporté par les événements comme un petit bateau en papier plié sur l’eau d’un caniveau J’ai l’impression que tout se passe en dehors de moi en petites scénettes d’une pièce décousues d’un  théâtre rituel dans lesquelles je suis plus spectateur qu’acteur : .

-Ma valise ouverte sur un lit, un jeune pion souriant et décontracté contrôle mollement le contenu en le comparant  à la liste du trousseau de vêtements et d’accessoires demandée par le l’administration du Collège. Maman est rassurée, elle n’a rien oublié. Même pas le béret noir, pourtant sur la liste, mais que ne porterais jamais.

-Le départ de mes parents dans la voiture de l’oncle Gilbert.

(Je ne l’apprendrai qu’une semaine plus tard : A cent mètres de là, la voiture de Gilbert à eu un accrochage avec un autre véhicule. Peu de dégât, juste un peu de tôle froissée. Mais maman a subi le coup du lapin. Elle souffrira longtemps du cou. Elle en rejettera la responsabilité (même trente ans plus tard) sur le pauvre Gilbert.

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A SUIVRE : Jeudi prochain : 1959 (seconde partie).
  

 
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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 07:10
 
Je n'ai pas oublié le feuilleton.
Un peu de flémardise due aux vacances scolaires (parisiennes)
Juré, le feuilleton reprend jeudi prochain.

1959-Second semestre. En pension à Versailles.
   

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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 1 9 5 9-(Quatrième Partie.)

   



Comme je ne vais plus en colonie de vacances , mes parents décident de faire un voyage de quelques jours avec moi. Nous allons à Arras et Boulogne-sur-mer. Maman veut revoir la région dans laquelle elle a vécu à la fin des années vingt. Elle y accompagnait son père  et travaillait dans la même entreprise que lui. Cette entreprise drouaise Rouzeau  participait à la reconstruction de la  ville d’Arras après les terribles destructions occasionnées par la « grande » guerre.
Maman était secrétaire et tapait à la machine. Son papa lui, étant paveur de profession participait à l’élaboration de monuments aux morts. En particulier les monuments aux morts des Anglais et des Canadiens à Notre Dame de Lorette. Pour lui, c’était tout à fait symbolique. Il avait lui-même participé à ces batailles de la Somme et de l’Arrageois et fait  plusieurs fois blessé. Il avait longtemps, comme Adjudant d’infanterie côtoyé l’armée anglaise et avait appris un peu la langue anglaise.

Maman voulait revoir depuis longtemps une de ses collègues de travail d’Arras, Suzanne. Cette dame maintenant habite non loin d’Arras, à Boulogne-sur-Mer. Nous passons quelques jours chez elle. L’accueil est chaleureux. Avec quatre enfants, Suzanne  ne travaille plus. Son mari est directeur de l’agence bancaire du Crédit lyonnais à Boulogne. Même s’il a une belle situation, ce monsieur a un grand regret : ne pas être devenu conducteur de locomotives à vapeur. Il nous fai, visiter, à mes parents et à moi, la ville de Boulogne, la cathédrale, les quais, nous visitons un remorqueur «abeille»  etc. Mais il n’oublie surtout pas de nous conduire à la gare où, devant une locomotive entourée de jet de vapeur on le sent heureux comme un enfant. Un peu comme mon instituteur Monsieur Aubreton devant son train électrique.

 

« De grands gosses ces intellectuels » rigole papa. Il oublie qu’il a lui aussi ses passions. Lorsque nous nous  promenons avec lui dans une ville inconnue, il regarde de prés les belles portes, les beaux portails, les belles menuiseries. Il dessine des croquis sur un petit carnet, il me demande de prendre une photo. S’il voit un atelier de menuiserie ou d’ébénisterie, il entre et taille la bavette avec les  artisans présents. Cette conversation peut durer longtemps, entre «coteri » comme il dit. D’ailleurs un des grands regrets de papa c’est de n’avoir pas pu faire l’apprentissage des compagnons du Tour de France. Aller de ville en ville pour apprendre tous les aspects du métier de menuisier ébéniste.

 

1959_60_-boulogne_sur_mer.jpgA Boulogne, Papa et Maman voient pour la seconde fois de leur vie la mer. La première fois, c’était dans un voyage organisé, dans les années trente, pour visiter au Havre, le fabuleux paquebot « Le Normandie ».

Pour moi c’est la seconde fois que je vois la mer, depuis mon voyage à Houlgate, avec ma classe  il y a cinq ans. 

C’est la première fois que je fais des photos en couleurs, une nouveauté. Ce n’est pas une grande réussite,  de la pellicule achetée chez Francis, Boulevard Louis Terrier je n'ai pu tirer que quatre photos floues ou devenues trés rouges cinquante ans après....

 

La réforme Berthoin prolonge la scolarité obligatoire de 14 à 16 ans et l’examen pour entrer en sixième sera bientôt supprimé. Si j’étais né deux ou trois années plus tard, je serai allé sans problème en sixième, Et j’aurai peut être pu devenir instituteur…..

(Mais n’ayez crainte, je ne m’en sortirai pas trop mal professionnellement dans l’avenir)

 

La rentrée scolaire. Tout  bascule pour moi. Mais ce changement de vie est tellement radical que, pour moi, ce début d'année 1959 reste une année d’enfance et d’insouciance. Le second semestre 1959 sera le début de l'adolescence.

 

 

FIN DU PREMIER TOME.


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Cet été 1959 représente une rupture, car  à la rentrée en septembre je ne vivrais presque plus à Dreux mais à Versailles en pension. Ce n'est plus une enfance drouaise mais plutôt une adolescence versaillaise que je vais maintenant vous raconter. Mais sans  oublier les événements drouais. 

Laissez moi les vacances de Février (2010) pour reprendre mon souffle.
Début de parution du second tome premier jeudi de Mars
à bientôt.....  

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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 1 9 5 9-(Troisième partie.)

   

Bon, maintenant les choses sérieuses arrivent :
Les trois concours pour rejoindre en quatrième l’enseignement secondaire. Finie, la vie heureuse du primaire, le temps des sélections commence….

-D’abord le collège de filles de Caen. C’est loin Caen. Je prends le train avec papa. Nous allons passer la nuit d’avant l’examen dans un petit hôtel près de la gare. Le quartier de la gare garde encore la trace des bombardements de  44. Il est en pleine reconstruction. Des travaux, des grues partout…Je dors très mal cette nuit là, l’appréhension. Pour moi c’est une première, un examen, pire un concours. 

Cela ne s’est pas bien passé. L’appel dans une cour d’un collège aux briques rouge, Répondre à des questions dans un temps très limité dans un lieu inconnu, c’est nouveau pour moi.. J’étais un des rares garçons à passer ce concours. L’anxiété, une mauvaise gestion de mon temps, des questions auxquelles je n’étais pas préparé peut être tout cela explique mon échec à ce premier examen.

 Au retour, à la gare  de Dreux, Monsieur Aubreton vient nous chercher avec sa voiture. Il me rassure, ce n’est pas grave, il reste deux autres examens.

 

-Puis Le collège d’Evreux. Le matin avec mes parents nous profitons de la Panhard d’un taxi drouais. En effet le monsieur doit se rendre à Evreux avec sa femme pour la journée. Un autre camarade de Ferdinand Buisson  passe aussi cet examen.

 

-Enfin, le collège Jules Ferry de Versailles. J’y vais en train avec maman. Nous sommes quatre garçons de Dreux à nous présenter dans différentes sections.

 

Comme je le redoutais,  je n’ai pas été reçu à Caen. Sans regret car Caen étant loin, interne je n’aurai pas pu venir souvent à Dreux.

Je suis reçu à Versailles et Evreux. J’élimine Evreux, car même situé à 40 kilomètre ce n’est pas facile de relier Dreux à Evreux. Mon camarade qui a passé le même examen que moi, sera interne à Evreux.

Je choisis donc le lycée de Versailles. Pour moi plusieurs avantages : D’abord Versailles, n’est qu’à une heure en train  de Dreux. Le Collège Jules Ferry a une excellente réputation. Mais surtout, j’aurai comme correspondante ma tante Cécelle, la sœur de maman. Elle habite à Buc, à peine 3 Km de mon collège.


 La dernière photo de classe à l'Ecole Ferdinand buisson de dreux .
Pour une fois, j'ai retiré mes lunettes pour la photo : au dernier rang en haut, le second à la droite de Mr Aubreton.
Comme le temps passe, cinquante ans déjà  : Je n'ai gardé le contact qu'avec trois de ces camarades. Quand aux autres, certains sont encore dans la régions les autres sont partis loin, au moins deux malheureusement le sont déjà définitivement.... Quant à Mr Aubreton il aurait 94 ans cette année
..
1959--aubreton.jpg 

La dernière remise des prix de l’école primaires Ferdinand Buisson .

Monsieur Aubreton, musicien, a constitué une chorale dont je fais partie. Mais je chante comme un canard. Monsieur Aubreton en désespoir de cause ne voulant pas m’évincer de la chorale, me place entre deux groupes de voix. Je fais semblant de chanter, et je sers ainsi disons de « barrière silencieuse » entre des voix déjà graves et des voix fluettes encore dans l’enfance. Monsieur Aubreton sur la musique de l’heure exquise de Franz Lehar, a écrit des paroles plus neutres. La montagne, les cimes, le soleil, le torrent  etc.  J’ai pourtant appris par cœur ces paroles, mais je ne m’en souviens plus… » Le long du torrent. la la la la la…

Les cinq heureux lauréats qui vont rejoindre en quatrième le secondaire sont mis en avant. Le public des parents  nous applaudit. Nous sommes tout fiers debout sur l’estrade, avec nos costumes des dimanches.

Nos noms sont reportés dans le journal local, l’ »Action Républicaine ». Je garde précieusement l’article, car bien sur, mon nom s’y trouve.

-« C’est bien » me dit Maman

-« Mais ta vie va changer, la pension, les voyages en train Dreux - Versailles, toutes les semaines  les différents professeurs au lieu d’un seul instituteur… ».

Bon, on verra tout cela à la rentrée, pour l’instant les vacances sont là…

 

A SUIVRE : Jeudi prochain : 1959 (quatrième partie).  

 
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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 1 9 5 9-(Deuxième partie.)

   

En 1959 les instituteurs jouissent encore d’un statut social important, qu’ils perdront dans le futur. Monsieur Aubreton possède, et il n’est pas une exception parmi les autres instituteurs, tout ce que nous, ouvriers rêvons de posséder. Monsieur Aubreton a une voiture, une Peugeot 403, avec laquelle il parcourt la France pendant ses deux mois de vacances. Nous, mes parents et moi avons des vélos d’occasion, et nous prenons quelquefois le train pour aller à Paris.

Monsieur Aubreton possède un poste de télévision, un frigidaire,  certainement une machine à laver. Ce qui me fait rêver le plus avec la télévision, c’est la caméra de 8mm et son projecteur. Il nous filme et nous montre quelques semaines plus tard (faut le temps pour développer en laboratoire) le film en noir et blanc aux images sautillantes projeté sur le mur blanc de la classe.

1959 pub 1959 bellus
A la maison nous gardons les aliments à la cave dans un garde-manger grillagé. Maman fait des conserves et des confitures  des légumes et fruits du jardin.

Maman se sert encore d’une lessiveuse dans laquelle elle fait bouillir le linge sur le poêle à charbon.
Le soir nous écoutons la radio…


Mais je crois que dans les proches années nous aurons aussi tout ces appareils modernes qui apparaissent avec les premiers salons des "arts ménagers." Presque chaque année je vais à Paris par le train avec mes parents à la foire de Paris, Porte de Versailles. Quelle corvée pour moi : On y marche beaucoup, la foule, la poussière. Et pourtant j'en reviens avec plein d'images dans les yeux, de quoi faire rêver un petit provincial.


Trois publicités d'époque rigolotes.
La première vieille de cinquante rappelle l'essai infructueux d'il y a peu de vendre des frigos avec télé intégrées.
La deuxiéme montre que déja à cette époque, les publicitaires n'hésitaient pas à faire participer des personnalités (Ici l'auteur à succés de théatre Marcel Achard). 
-En haut participation d' un dessinateur, Bellus,  aussi connu à lépoque que Cabu ou Plantu actuellement). -

1959 pub radiofrigo1959 pub achard marcel


















Un jour Monsieur Aubreton nous dit :
-
« je vend mon train électrique, venez le voir » .
On ne s’est pas fait prier. Et voilà toute la classe, les trente grands enfants de 12/14 ans, dans le grenier de l’école. Mr Aubreton y a installé son magnifique train sur peut être 20 mètres carrés. Des gares, pleins de petites figurines, et un magnifique train qui roule à toute allure sur une voie ferrée qui tourne, s’entrecroise. Nous en sommes tous babas. J’ai demandé à maman si je pouvais l’acheter.  Rien qu’à l’annonce du prix, 25 000 Francs je me vois répondre un non catégorique. D’ailleurs je n’ai jamais su si ce train finalement a été vendu.

Hé oui, les instituteurs ne sont pas de notre monde comme dit Maman.

Et moi qui voulais être instituteur….

 

A mon arrivée à l’école « Blanche » Ferdinand Buisson il y a maintenant sept années (hé oui déjà sept ans) quatre instituteurs seulement travaillaient à l’école des garçons. Maintenant en 1959 ils sont sept. C’est ce qu’on appellera plus tard le « baby boum » qui débarque à l’école. Il n’y a donc plus de différentes sections dans les classes. Mr Aubreton n’aura plus que les élèves de dernière année.

Un de ces nouveaux instituteurs, monsieur Hamelin, prépare au petit aérodrome de Dreux-Vernouillet un brevet de pilote d’avion. Il lui faut un certain nombre d’heures de pilotage pour pouvoir valider ce brevet. Alors il a demandé aux élèves qui le désirent, par groupe de deux de faire des vols au-dessus de Dreux, contre une petite participation financière afin de lui permettre de payer en partie ses heures de vol. C’est avec mon copain Claude (vous savez bien, celui qui a, pile jour pour jour, un an de moins que moi) que je monte dans le petit avion Piper, avec au départ une petite appréhension. Mais voler ainsi au dessus de sa maison, de sa ville, de la forêt, voir les gens tout petits c’est fabuleux.


 

A SUIVRE : Jeudi prochain : 1959 (troisième partie).  

 
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