Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 9-(Première partie.)

   

13 ans-

Pour moi une année charnière. Réellement coupée en deux :

Les six premiers mois, la fin de ma vie d’écolier de l’école primaire, la fin de mon enfance, la fin de ma vie drouaise…La fin d’une certaine insouciance, d’une certaine innocence.

Les six derniers mois, le début de ma vie de collégien, d’internat, de ma vie hors de Dreux, de  ma vie versaillaise bref le début de ma vie d’adolescent en attendant celui de ma vie d’homme.

Mais pour l’instant je n’en suis pas encore là.

 

Je profite de ma vie douillette auprès de mes parents et auprès de mon cher maître d’école. Et pourtant celui-ci commence à nous mettre la pression à mes six camarades et moi qui devons en juin prochain passer le concours d’entrée en quatrième. En effet il prépare chacun de nous aux épreuves spécifiques de leur filière respective.

Mais les sept, nous ne sommes pas dispensés de la matinée hebdomadaire au centre d’apprentissage destinée en particulier à ceux qui en juin arrêteront l’école après avoir passé (réussi ou raté)  le certificat d’études primaires.


Pour moi, c’est une véritable corvée
, cette matinée au centre d’apprentissage près de l’ancien moulin de l’aumône. Nous y descendons tous, de l’école, le matin de bonne heure. La plupart en vélo. Mr Aubreton en premier, mal à l’aise, juché sur le vélo de femme de son épouse, ou de sa fille, on n’a jamais su. L’équipée, de cette trentaine de grands enfants,  est joyeuse et bruyante. Quand on passe, rue Pastre, devant une belle maison à pignon, Monsieur Aubreton, inquiet, nous demande de faire silence. Dans cette bâtisse un peu sévère habite Monsieur Lemaire, l’inspecteur d’académie.

-« L’ inspecteur, qui pue qui pète qui prend son cul pour une trompette » chantent en sourdine  les garnements que nous sommes  au grand dam de notre instituteur qui a du mal à nous faire taire. Il a une peur presque panique de cet inspecteur qui se déplace sur un solex bruyant. En classe, dés que Monsieur Aubreton entend dans la rue le bruit caractéristique de crécelle pétaradante  d’un solex, il regarde fébrilement par la fenêtre, pour voir s’il ne s’agit pas de l’inspecteur qui arrive. Un jour pourtant nous avons été inspectés par Monsieur Lemaire. Tout s’est bien passé. J’ai été interrogé comme plusieurs de mes camarades. Il faut dire que notre instituteur nous avez dès le début de l’année un peu entraîné à ce genre d’exercice. Mais il n’y a rien à craindre, Monsieur Aubreton est un excellent instituteur.

 

Cette matinée hebdomadaire au centre d’apprentissage est pour moi une purge. Tirer des lignes de lime sur un cube d’acier coincé dans un étau, je n’en vois pas l’intérêt. Et le prof d’atelier qui vient pinailler avec un pied à coulisse. Je n’ai jamais compris à quoi servait cet exercice idiot. Certains camarades ont l’air d’aimer cela et le prof les félicite.  Le prof d’atelier me connaît bien; c’est un voisin de quartier, il habite à côté de l’épicerie de la mère Verneau. Il me dit qu’il dira à mon père que je ne m’applique pas bien. Comme il savait ce que papa s’en tape et moi encore plus, je ne travaillerai pas en usine….


Moi ce qui m’intéresse surtout
c’est d’écouter discrètement en  faisant semblant de pousser bien horizontalement ma lime, la conversation qui s’ébauche entre Mr Aubreton et le professeur d’atelier. En effet ce sont deux privilégiés. Ils possèdent chacun un poste de télévision. Et ils discutent de ce qu’ils ont vu dernièrement sur le petit écran. Ils sont forcés de voir la même chose, puisqu’il n’y a qu’une seule chaîne d’état en noir et blanc qui ne fonctionne que quelques heures par jour, deux heures autour de midi et le soir de dix-huit heures à vingt trois heures. La soirée vers 22h30-23 heures se termine par la marseillaise, puis la mire. Mais ce que j’entends me fait rêver sur ma lime. Jean  Nohain, trente six chandelles, le catch, le cirque, etc.

Un jour, quand on sera « riches » comme dit maman on aura aussi la télé. Qu’est ce que je serai content.


Un petit bijou de nostalgie : 36 chandelles (emissions que je n'ai pas vues à l'époque) :  

 
Bon, du rab : 1959, surprenant :



A SUIVRE : Jeudi prochain : 1959 (deuxième partie).
  

Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail Pierlouim@cegetel.net  

 

Repost 0
14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 8-(Quatrième partie.)

   

A la rentrée je retrouve pour la troisième année consécutive mon instituteur, Monsieur Aubreton. Ce sera aussi ma dernière année d’école primaire. Comme tous mes camarades je me suis rendu au centre d’orientation professionnelle.

Il se trouve dans un ancien moulin sur la Blaise, appelé le « moulin de l’aumône »prés du centre d’apprentissage. Avec des questionnaires, des tests, des entretiens, mon avenir professionnel doit ainsi prendre forme.

A la question « Quel métier voulez-vous exercer ? » Il est évident que je ne peux pas répondre par mon souhait le plus cher : Instituteur. Non je ne serai jamais instituteur, pour cela je devrais être en cinquième au collège Rotrou. Et je n’y suis pas en cinquième.

Alors je réponds « Je voudrais travailler dans les bureaux », je vois mon interlocutrice tiquer, il s’agit pourtant d’une assez jeune et jolie dame.

«Peut être »  me dit-elle en se dandinant sur sa chaise « mais comme métier, disons « manuel » que voulez vous faire?». Je suis pris un peu au dépourvu et je réponds au hasard « Electricien, Madame »

Elle me fait faire un certain nombre de tests. Parmi ceux-ci je dois classer une pile de fiches par ordre alphabétique. Un énorme métronome va m’accompagner pendant cette épreuve. Tic-Tac, Tic-Tac, Tic-Tac, Pendant longtemps, des années, je vais entendre ce bruit sec strident d’horlogerie Tic-Tac, Tic-Tac,…..

Dans le papier qui m’est remis en fin de matinée, il est écrit que je peux  travailler dans les bureaux, malgré ma nervosité et mon esprit un peu brouillon. J’ai la forte impression que la personne qui a écrit cela n’y croit pas trop…

Moi qui aurais voulu être instituteur, peut-être que j’échapperai quand même au centre d’apprentissage…..

1958-aubreton.jpg 

Pour l’instant je suis quand même bien à l’école avec Monsieur Aubreton. Je suis un de ses meilleurs élèves. Il apprécie mon amour pour la littérature et l’histoire. Ce qu’apparemment n’ont pas bien perçu les technocrates du moulin de l’Aumône. Ce nom est bien approprié, l’aumône. Mais Monsieur Aubreton me rassure :

« Tu sera capable de faire un travail intellectuel, j’ai confiance en toi. »

 

Un jour j’ai dû faire une bêtise, je ne me souviens pas laquelle (j’ai une mémoire tout à fait sélective pour ce genre de chose) Monsieur Aubreton m’avait promis une correction si je la faisais cette bêtise. Je l’ai faite. Monsieur Aubreton très en colère m’a entraîné dans le couloir hors du regard de mes camarades. Il avait une règle en fer dans les mains. Il ma demandé de me baisser, le buste en avant. Vlan il m’a asséné plusieurs coups de règle sur les fesses. En me relevant  je me suis aperçu qu’il avait les larmes aux yeux.

 -« Allez rentre, et ne recommence plus » me dit-il d’une voix blanche

Je ne suis pas certain d’être celui qui souffrit le plus dans cette affaire. Dans cinquante ans, un instituteur ne pourra pas ainsi corriger ainsi un élève de douze ans. Pourtant ces coups de règles ne resteront  pas du tout dans mes plus mauvais souvenirs, au contraire je m’en souviendrai avec une certaine émotion et même de reconnaissance envers mon maître d’école.

 

Début septembre, Monsieur Aubreton nous annonce une grande nouvelle :. Il existe maintenant pour les élèves préparant le certificat d’études, la possibilité de réintégrer par concours, le cycle d’études secondaires en classe de quatrième des collèges, car l’enseignement devient obligatoire jusqu’à seize ans (apprentissage compris). Monsieur Aubreton pense que sept d’entre nous pourront profiter de cette ouverture. Malheureusement ces élèves ne pourront pas réintégrer des classes de quatrième « classiques » ou « modernes » mais seulement des classes de quatrièmes techniques.

J’ai la chance de figurer parmi ces sept promus. Je suis le seul à me destiner à une filière comptable et commerciale, les autres iront dans des filières technologiques voire préparation aux écoles des arts et métiers. Je vais donc pendant les six sept mois qui viennent préparer un concours d’entrée en quatrième commerciale aux collèges de Caen Evreux et Versailles. J’ai donc trois possibilités de réussite ou d’échec. Mais Monsieur Aubreton a confiance en moi.

Je suis content, je ne serai pas électricien. Je travaillerai dans les bureaux. Mais un petit regret quand même :

Moi qui voulait être instituteur.

 

Maman est ravie. Papa aussi, mais il est sceptique.  Il me dit :

-« Tu ne sera donc pas menuisier mais scribouillard, un bureaucrate. Je ne comprendrai jamais ce que vous faites dans les bureaux. ’Moi je sais ce que je fais depuis quarante cinq ans. Le jardin ne suffirait pas pour contenir empilés tous les meubles, toutes les portes, toutes les fenêtres que j’ai fabriqués ou réparés. Et toi Pierrot, dans quarante cinq ans qu’aura-tu fabriqué que tu pourrais mettre dans le jardin, des chiffres, des mots, du vent ? »

Papa n’a peut être pas tout à fait tort. En tout cas, il m’a toujours interdit son atelier pendant qu’il travaillait, prétextant que je pourrais me blesser…Il ne me jamais concrètement incité à continuer la tradition menuisière de la famille. Il préférait me voir travailler mes devoirs avec Maman.

 

Bref, l’année 1958 se termine sur une bonne nouvelle pour moi. Mais l’année prochaine sera celle de grands bouleversements.

 

En France aussi, de grands changements :

Le retour du Général de Gaule qui devient Président de la République. La nouvelle constitution dite de « 58 ».

La quatrième république est morte, Vive la cinquième République…

En Suède la France est troisième à la coupe du monde de football grâce à Raymond Kopa et Just Fontaine face au roi Pélé du Brésil. …

Sur Paris Inter, à la radio commence le jeu des « 100 000 francs par jour » présenté par Roger Lanzac.

Le 31 décembre création de l’ASSEDIC (Association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce). Je prédis un bel avenir à cette association…

 

En France aussi, de grands changements :

1958_referendum1958_non.jpg1958_referendum_1958.jpgLe retour du Général de Gaule qui devient Président de la République.

 La nouvelle constitution dite de « 58 ».

La quatrième république est morte, Vive la cinquième République…

 

 



1958-JustFontaine.jpg958-RaymondKopa.jpgEn Suède la France est troisième à la coupe du monde de football grâce à Raymond Kopa et Just Fontaine face au roi Pélé du Brésil. …

Sur Paris Inter, à la radio commence le jeu des « 100 000 francs par jour » présenté par Roger Lanzac.




Le 31 décembre création de l’ASSEDIC (Association pour l’emploi dans l’industrie et le commerce). Je prédis un bel avenir à cette association…

 

A SUIVRE : Jeudi prochain : 1959 (première partie).  

 
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail
Pierlouim@cegetel.net   

  

 

Repost 0
24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 06:30

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 8-(Troisième partie.)

   

Grande nouvelle : A deux cent mètres à peine de la maison, sur le Boulevard Delescluze, à l’emplacement d’une ancienne salle de bal s’est construit un cinéma.
Oui un cinéma ! Comme ce cinéma est accolé à la boulangerie café marchand de journaux de monsieur Ligonière, il s’appelle le « Moulin Blanc ». Il est évident qu’avec mes parents nous ne pouvons pas rater l’inauguration et la première séance du Moulin Blanc. 

C’est un film américain en cinémascope « l’arbre de vie » avec Elisabeth Taylor et Montgomery Clift. C’est beau mais un peu longuet…

arbre de vie film affiche
Enfin nous sommes très contents d’avoir un cinéma à deux pas de chez nous. Voir un film sans être obligés de descendre en ville, quel progrès.

-« Maman aurait été contente » dit maman en parlant de ma grand-mère, « Elle qui aimait tant le cinéma, mais  cela lui souciait beaucoup d’aller à l’ « IDEAL», pour elle c’était trop loin la rue Parisis. »

 

Je suis très triste ma petite chienne bâtarde blanche aux oreilles noires est morte hier  dans mes bras.

loulouteElle était malade, elle toussait et ne mangeait plus. On a fait venir à la maison le vétérinaire, Monsieur LAFONTAINE (nom prédestiné pour un vétérinaire habitant rue ROTROU, n’est-ce pas ?). Il a pronostiqué une pleurésie et a donné des médicaments. Curieux ce sont les mêmes médicaments que les humains. Hier matin, cela n’allait pas mieux. Elle était allongée sur le carrelage, elle geignait. Je l’ai prise dans mes bras. Elle a posé sa tête sur mon épaule ; un soupir, et elle s’est raidie pour toujours.
C’est mon premier contact physique avec la mort.


Elle a eu une vie de chienne tranquille, mais elle n’est jamais sortie de notre jardin. Jamais on ne l’a promenée dans la rue. Elle ne rentrait dans la maison que pour manger dans la cuisine. Elle dormait dans une caisse aménagée pour elle dans l’atelier de papa. Elle était toujours auprès de moi dans le jardin et je jouais beaucoup avec elle.   Louloute s’ennuyait beaucoup de rester seule dans la cour. Elle aboyait souvent pendant notre absence. Le monsieur du café d’en face s’est souvent plaint à papa, car il ne pouvait pas faire la sieste tranquille, l’après-midi à cause des aboiements intempestifs de Louloute.   Elle a eu beaucoup de petits chiots. Les chiens du voisinage savaient franchir les barrières pour venir lui faire des petits. Papa a dû à plusieurs reprises, en se cachant bien sur de moi, tuer les petits chiots à leur naissance. Papa les noyait dans une grande bassine d’eau. Louloute a eu dans une seule portée jusqu’à douze chiots.

Pour moi c’est la première page de mon enfance qui se tourne….

 

Maman commence à avoir des problèmes avec le diabète, ses yeux sont envahis par la cataracte. Son grand-père est mort aveugle parait-il.

Le docteur POULET, dont le cabinet se trouve Boulevard Dubois (Poulet, nom sympathique pour un ophtalmologiste, n’est-ce pas ?) a décidé d’opérer maman.

Pour le premier œil,  le gauche, il veut opérer maman directement à la maison, oui à la maison !

Pour cela Papa a dû, à la demande du médecin qui est grand, surélever le lit de 30 centimètres. Il l’a fait avec des cales à sa façon. Le matin de l’opération, juste avant de partir à l’école Je vois débarquer le docteur Poulet et son assistante dans la chambre de mes parents. Ils revêtent chacun une blouse blanche, se lavent les mains, se mettent un masque sur la bouche. Le docteur a amené une grosse lampe sur pied qu’il installe auprès de maman. Après je n’ai pu voir, d’abord le docteur m’a fait sortir de la chambre et ensuite je suis parti à toute vitesse sur mon vélo bleu car la cloche de l’école n’attend pas…

Au retour, à midi, j’ai retrouvé maman dans son lit, un bandeau sur l’œil gauche. Elle doit rester allongée dans son lit, la tête bien calée dans les oreillers, Il lui est interdit pendant une semaine de bouger, de se lever. Papa doit l’aider pour manger, elle ne doit pasbouger la tête. Il se sert d’un « canard » en céramique pour la faire boire et manger de la nourriture liquide, bouillon, fromage blanc…Pour le reste papa doit lui passer le bassin. Un vrai calvaire pour maman pendant une semaine.

 

Pour le deuxième œil, l’opération est faite aussi par le docteur PPOULET mais pas à la maison, dans la clinique de la Rue PASTRE. Pour Maman (et papa) c’est plus confortable. Cette fois ci maman peut se lever au bout de trois jours, même si elle reste une semaine à la clinique. Maman qui ne peut lire, écoute la radio. Ce qu’elle entend l’effraie :

C’est la révolte à Alger à la suite de l’exécution par le FLN de trois prisonniers Français…On entend dans le poste les cris de la foule.  C’est ce qu’on appellera plus tard la crise du 13 mai 1958 qui entraînera le retour du Général de  Gaulle…

 

Pendant les vacances je vais pour la quatrième et dernière fois en colonie de vacances à Habère Poche. J’ai atteins l’âge limite de 12 ans. Encore une page d’enfance qui se tourne.

A SUIVRE :
Permettez-moi d'interrompre pour les fêtes de fin d'années ce Feuilleton.
Il reprendra, sauf contre-ordre le jeudi 7 Janver. Et nous serons déjà en 2010.
Le récit lui reprendra en  1958 (quatrième et drenière partie).
 

Merci Over-blog pour la mauvaise presentation du blog.......(ce serait mieux si les vignettes pouvaient s inserer devant les textes, il y a deux semaines cela etait encore possible...)

 
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail
Pierlouim@cegetel.net 

 

Repost 0
10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 8-(Deuxième partie)

   

Bon, revenons à notre  jardin.

Il y a peu près tout ce que le climat drouais permet de faire pousser. D’abord beaucoup d’arbres : pommiers, cerisiers, poiriers, pruniers (quetsche), pêcher, noisetier et même quelque pieds de vignes, restes de l’ancien vignoble de Rieuville. C’est vrai que Dreux fut pendant de nombreux siècles une ville viticole. Mon arrière arrière grand père, tonnelier s’était marié avec une fille de vigneron en 1840.

Nous profitons aussi de l’ombre et des noix de l’énorme noyer du voisin dont beaucoup de branches surplombent  notre jardin.

Papa plante un peu de tout, un peu au bonheur la chance. Toutes les graines de la boîte y passent, ça pousse comme cela peut : De bonnes réussites : les haricots verts, les tomates, les artichauts, choux, de moins bonnes récoltes en pommes de terre, (il y a encore de temps en temps des doryphores, des bêtes si malfaisantes que certains désignaient les Allemands pendant l’occupation comme des doryphores). Pas d’asperges car trop de cailloux dans ces anciens vignobles. D’ailleurs plusieurs endroits des alentours de Dreux portent le nom de «Murger», c'est-à-dire là où les vignerons déposaient en tas les pierres indésirables. 

Bref nous sommes presque autonomes en fruits et légumes.


Mais nous élevons aussi des poules et des lapins
. Michel, mon parrain, fermier à Abondant, nous approvisionne en jeunes animaux.  Nous allons chercher les grains et l’avoine à la ferme de la famille GABENOT à Rieuville. . L’herbe arrachée  dans le jardin et les épluchures de la cuisine constituent  le complément de nourriture pour ces bestioles..

Maman tous les matins avant de partir travailler nourrit sa vingtaine de poules et sa bonne dizaine de lapins. 

Deux ou trois dimanches par mois nous mangeons une poule ou un lapin de notre élevage. C’est papa qui se charge de les tuer. Les poules cela ne lui fait rien, sauf que ce n’est pas toujours facile d’en attraper une, mais tuer un lapin, il n’aime pas. Il en saisit un par les oreilles, attention ça griffe un lapin. Il le pend par les pattes, la tête en bas, l’étrangle, arrache l’œil et recueille le sang qui gicle de l’orbite dans un bol. C’est barbare, mais faut bien. Après il faut dépouiller le lapin. Papa retourne la peau et la tend autour d’une tige en fer et la garnit de paille Je regarde l’opération avec intérêt car papa me donne ces peaux de la pin pour que je les fasse  sécher en les accrochant au plafond du grenier de l’atelier.

 

Tous les deux mois environ, un monsieur passe à la maison, c’est le marchand de peaux de lapin. Il est en vélo. Il y a des dizaines de peaux  sur son porte bagage ou accrochées à son guidon, pendantes le longs des roues. Je lui vends les  peaux que j’ai en stock. Il faut que ces peaux soient belles, sans vers, ni taches, sinon elles sont refusées. Les fourrures blanches sont plus chères que les autres. Je me constitue ainsi une petite cagnotte pour acheter des confiseries au aller au cinéma. Quand je pense que les peaux de lapins que je vends vont être transformées en manteaux de fourrure portés par de belles dames, cela me fait rêver….

Les lapins ainsi tués par papa vont être cuisinés de façon immuable par maman : les pattes avant et le torse vont être cuits dans le sang récupéré dans le bol. Un civet de lapin en quelque sorte. L’arrière du lapin va être rôti au four. Les lapins de maman gros et gras nous font ainsi au moins deux repas forts différents. Ce lapin au sang restera un de mes meilleurs souvenirs culinaires d’enfance. Je n’aurai plus l’occasion dans l’avenir d’en déguster d’aussi bons. (Ni même d’en retrouver la recette)


 

Avec l’argent récupéré de la vente des peaux de lapin je vais au cinéma.
Au cinéma Eden j’ai vu le pont de la rivière Kwaî. J’ai tellement aimé que je l’ai vu trois fois.
En allant à l’école zigzaguant sur mon vélo bleu, je chante à tue tête et je siffle la chanson du film (traduite en Français pour Annie Cordy):


« …Hello le soleil brille brille brille

-Hello tu reviendras bientôt

-Là-bas dans ton village

-Au vert cottage

-Plein de chants d'oiseaux »


Si vous désirez écouter cette chanson interprétée par Annie CORDY, cliquez sur le cadre ci-dessous

A SUIVRE : Jeudi prochain : 1958 (troisième partie).  

 
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail
Pierlouim@cegetel.net 

 

 

Repost 0
3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 8-(Première partie)

   

12 ans – Encore une année heureuse. Peut- être la dernière année d’enfance. Après ce sera une autre période.

Comme dit Papa : «  A ton âge, en 1919, je rentrai en apprentissage. Si mon papa n’avait pas été tué devant le fort de Douaumont le jour de ses quarante ans j’aurai peut être, continué mes études, au moins j’aurais pu avoir le certificat d’études. »

 Moi,  pour l’instant je n’ai pas du tout envie de travailler pour un patron. De toute façon maintenant il faut attendre 14 ans pour partir de l’école. ….

 

Pour l’instant ma vie est insouciante…Même si nous ne sommes « pas riches »comme dit souvent maman, la vie que nous menons, mes parents et moi n’est pas malheureuse…

Mes parents sont propriétaires de leur petite maison. Papa l’avait construite de ses mains avec mon grand père maçon en 1936. Elle fut détruite en Juin 1944 par l’aviation américaine et reconstruite en 1948. Mes parents ont du travail tous les deux. Papa est employé municipal…Nous avons un grand jardin,une bande de terre étroite, 6 à 10 mètres seulement, mais longue de près de cent mètres, ce qui permet de relier une autre rue. En fait une route, à peine goudronnée, encaissée, que la grille de notre jardin surplombe de plus de trois mètres. Un petit escalier bricolé par papa et creusé à même le talus, permet d’atteindre la route, qui mène à travers  la campagne à Nogent le Roi.
Car pour l’instant derrière notre jardin, il y a encore des champs, et même, juste à coté, une petite ferme. Il y a une ou deux vaches. Il m’arrive d’y aller chercher du lait que maman fait bouillir avant de le boire.

Dans cinq ou six ans commencera la construction de bâtiments et de maisons (entre autre le Lycée Branly). Ce qui  fera  reculer le début de la campagne d’un  bon kilomètre.

 

Mes parents cultivent activement ce jardin. Moi aussi, de temps en temps.

A la fin de chaque hiver, un monsieur vient voir papa à la maison. Il lui apporte une boite en carton à peu près de la grandeur d’une boite à chaussure. Dedans, quelques dizaines de petits sachets en papier kraft de couleur marron sur lesquels sont imprimés des noms de plantes, quelque fois des dessins et des conseils pour la plantation. En effet chaque petit sachet fermé hermétiquement contient des graines. Et ces graines seront semées dans le jardin par papa.

 

Le monsieur et papa se connaissent bien, ils ont été prisonniers ensemble dans le même stalag (le III D) près de Berlin.

 Après avoir discuté jardinage et réglé la facture, ils s’en viennent autour d’un ou plusieurs verres à se raconter leurs souvenirs de guerre. Moi, cela me passionne de les écouter. A les voir souvent rire, je peux croire que leurs souvenirs sont joyeux. Mais de temps en temps, il y a de longs silences, et de la tristesse sur le visage des deux anciens prisonniers de guerre, les « KG » comme dit papa.

Ces deux lettres « K .G » badigeonnées à la peinture blanche sur le dos de leur veste ou capote, signifiait en allemand, prisonnier de guerre, «Krieg Gefangener». Cela  permettait de les repérer de loin dans Berlin. D’ailleurs papa conserve sa capote « KG » dans un coin de son atelier. Je devrai un jour la jeter tant les mites s’étaient régalées de sa laine d’avant guerre.

Ces conversations entre anciens prisonniers peuvent durer bien plus  d’une heure.


Un jour, mais pas ici, je raconterai tout ce que papa m’a confié sur cette douloureuse période.

 

A SUIVRE : Jeudi prochain : 1958 (deuxième partie).  

 
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail
Pierlouim@cegetel.net 

 

Repost 0
26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 7-(troisième partie)

   

 

A la rentrée scolaire de septembre, je retrouve Monsieur Aubreton pour la deuxième année. Je me sens bien avec cet instituteur. Je suis redevenu un bon élève. Il m’arrive même d’être premier.

A la rentrée scolaire de septembre, je retrouve Monsieur Aubreton pour la deuxième année. Je me sens bien avec cet instituteur. Je suis redevenu un bon élève. Il m’arrive même d’être premier.

 

Monsieur Aubreton a une façon bien à lui de nous apprendre la chronologie de l’Histoire :

Il a entouré l’intérieur de la classe d’une bande de papier de 30 cm de largeur sur 20 m de long à un mètre cinquante du sol. La bande de papier punaisée sur le mur démarre à partir de la porte, puis passe entre les armoires et les vitres du couloirs, tourne sur le mur du fond sous les portes manteaux, tourne à nouveau sous les fenêtres extérieures, et se termine près du tableau..   Ce long ruban de papier représente schématiquement les 2000 ans qui nous séparent de Vercingétorix à nos jours. Soit de  –52 avant Jésus Christ à 1952.

 Sur cette feuille, Monsieur Aubreton  a tracé au feutre de différentes couleurs les années (1cm par année), les siècles (un mètre de long) et les principaux événements de l’Histoire de France.

Tout à fait au début, la conquête de la Gaule, cinquante centimètres après, la naissance du Christ année zéro, puis une longue période, huit mètres jusqu’au couronnement de Charlemagne, six mètres pour arriver à la guerre de cent ans. trois mètres cinquante pour arriver à la révolution et un mètre 50 pour arriver à 1952.

 2000ans d’Histoire de France résumés sur vingt mètres de mur.

Ce qui m’étonne beaucoup c’est ce long passage de 8 mètres, presque blanc  avec peu de noms (Grandes in vasions, Clovis) puis tout s’accélère : Guerre de cent ans, Louis XI, la  Renaissance, Louis XIV .

Cette révolution et ce premier Empire dont Monsieur Aubreton nous parle tant, représentent en tout et pour tout, 25 ans, soit 25 centimètres sur 20 mètres.

Toute ma vie je vais me souvenir de ce long ruban de papier pour situer les événements historiques. :

« Voyons voir, Jeanne d’Arc, 1430, cela se passe sur le mur du fond, Louis XIV 1715 sous la première fenêtre de la rue  (trois siècles de différence soit 3 mètres) et pour son long règne, 55ans, toute la largeur de la fenêtre et la guerre de 1914 sous la troisième fenêtre .(164 ans de différence égale 1,64 m de différence)

Génial, non !

Pour me souvenir de la chronologie d’événements j’échafaude dans ma tête ou par écrit des graphiques à la mode du ruban de papier de Mr Aubreton.

C’est beaucoup grâce à mon cher maître d’école que je suis devenu un passionné d’histoire, et de généalogie

 

Par indiscrétion, peut-être de son épouse ou de sa fille, nous avons connu la date d’anniversaire de Mr Aubreton. Entre élèves nous nous sommes cotisés et avons acheté un cadeau et des fleurs. Et le jour de ses quarante ans nous avons souhaité bon anniversaire à notre instituteur. Mr Aubreton a été surpris et très ému. Nous étions contents de sa joie, mais surtout contents que cette journée de cours se transforme en journée récréative… Monsieur Aubreton a été chercher chez lui  son projecteur de 8 millimètres. Il nous a montré des films qu’il avait lui-même tournés dans son petit village de Digny. La fête de la commune, ses petits élèves, un voyage dans le pays de sa femme, du coté de Gap. Et bien sûr, un film muet sur Napoléon, son idole,  les cents jours et Waterloo…  

 

Cette année fut donc pour moi une année d’enfance heureuse et insouciante….

En cette année 1957 de nombreux événements.

-Un heureux présage : La signature du traité de Rome. C’est mon grand-Père maternel, l’admirateur d’Aristide Briand, qui serait content, s’il vivait. Les Européens ne vont plus se faire la guerre. Enfin.

Je ne serai pas le quatrième de la lignée à faire la guerre aux Prussiens. Mon arrière grand père fait prisonnier en 1970 après les batailles sous Metz. Mon grand père tué à Verdun. Mon père prisonnier à Berlin. Finalement mes aïeux ne se sont pas battus pour rien. Leur sacrifice me permet de pouvoir vivre en paix en Europe.

-Mais la guerre en Algérie s’aggrave, (le gouvernement parle seulement d’événements ». C’est la bataille d’Alger. 

 

Papa à plusieurs reprises se voit confier une pénible mission. Il accompagne les gendarmes pour rapporter à des parents éplorés le paquetage et les affaires personnelles de leur fils tué en Algérie. Je n’ai jamais compris le rôle d’un employé municipal dans cette pénible démarche. En tout cas Papa en revient complètement démoralisé.

Il me dit alors :  

« J espère que tu ne seras pas obligé d’aller faire la guerre là-bas, pour un pays qui n’est pas le tien»

Il ajoute souvent :

-«Ah, si le père Viollette avait été écouté, quand il était ministre du Front Populaire, cette guerre n’aurait peut être pas lieu ! » 

 Je ne comprendrai que bien plus tard ce que Papa veut dire par là (Les Lois Blum Violette prévoyaient de donner la nationalité française aux anciens combattants Algériens de la guerre 14/18, puis peu à peu de donner cette nationalité à tous les «Indigènes». Mais ces projets de Lois furent complètement démolis par les députés colonialistes et par le refus des «pieds noirs»)

 

 En cette fin d’année 1957, ça fait « Bip-Bip » dans le ciel. Les Soviétiques ont lancé dans l’espace leur premier satellite, le « spoutnik 1 ». C’est un événement mondial. Les Américains font un peu la gueule…A la radio avec une fréquence spéciale, on entend nettement le signal « bip bip ». Et dans le ciel on peut le voir briller. (J’apprendrai plus tard que c’est la fusée mise en orbite que l’on voit de la terre et non le spoutnik, trop petit pour l’apercevoir à l’œil nu.)

En tout cas c’est la conquête de l’espace qui est bien en route maintenant…

Et pourquoi pas la Lune, un jour ?

 

A SUIVRE : Jeudi prochain : 1958.
  

 
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail
Pierlouim@cegetel.net 

 

Repost 0
19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 10:05

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 7-(Seconde  partie)

   

Finalement Maman ne va rester que quelques mois dans l’entreprise de Mr Bellanger

Elle trouvera très vite un autre emploi comme comptable dans une menuiserie spécialisé dans les hangars et constructions en bois, les établissements PIERRE à Vernouillet. Maman s’y plait bien mais c’est un peu loin pour revenir à la maison en vélo le midi, et elle doit se dépêcher de manger pour repartir travailler.Maman ne peut guère écouter la radio le midi, car avec ce long chemin à vélo elle n’a que trois quarts d’heure pour déjeuner.

Mais moi, je l’écoute passionnément la radio, car les émissions de radio Luxembourg me captivent. Je les écoute dés que le repas est terminé. Il y a Zappy Max, dans la « bise à Zappy » et le feuilleton plein de rebondissement « Ca va bouillir ». C’est vrai, le sponsor de cette émission est une marque de lessive réputée. Il y a aussi Marcel Fort et son « Salut Marcel » et le Petit Rodolphe qui vante le shampooing Dop Dop Dop…..

 

J’aurai l’occasion de voir ces deux animateurs au cirque . Avec Papa et maman nous ne ratons jamais les séances des grands cirques qui viennent à Dreux, place Mésirard. Souvent  la seconde partie du spectacle de cirque est consacrée à l’enregistrement d’émission de radio comme le fameux « Quitte ou Double ». L’abbé Pierre il y a trois ou quatre ans a gagné pas mal d’argent pour ses pauvres à ce jeu. J’ai réussi à avoir des photos dédicacées de Marcel Fort et Zappy Max. Je les conserve précieusement. (triste réalité, j'ai égaré ces deux photos dédicacées, peut être les retrouverai-je un jour?)

J’ai vu aussi cette année en matinée, au cirque Pinder chanter le fameux Luis Mariano. Il chante bien. J’y ai vu aussi André Claveau et John William.

 

Quand j’écoute la radio le midi, j’oublie tout. Il faut que j’entende siffler au lointain la sirène de l’usine Grosdemouge qui appelle ses ouvriers pour me rendre compte que je n’ai plus qu’un quart d’heure pour aller à l’école avec mon vélo bleu. Comme j’ai grandi, j’ai dû changer de vélo et remiser mon petit vélo rouge.


Il y a aussi une autre sirène que l’on entend de temps en temps. C’est celle qui se trouve en haut du Beffroi…Quand on l’entend c’est que c’est sérieux, on a besoin des pompiers volontaires. Il y a un code : un coup long puis un coup bref : c’est un accident. Trois coups brefs : c’est un incendie en ville. Un coup bref deux coups longs : c’est un incendie en campagne. A l’appel de ce signal sonore, selon le code et leur spécialité, les pompiers volontaires concernés doivent se rendre en vitesse à l’arsenal, place Mésirard. Un de nos voisins, tout de suite après les coups de sirène, démarre sa grosse moto et dévale à toute allure la rue  en pétaradant. Il porte son casque de pompier attaché autour d’un bras  et ses bottes liées par des lacets autour du cou. Il aura bien  le temps de s’habiller dans le camion des pompiers. Il attrape au vol au bas de la rue un autre pompier qui s’agrippe comme il peut derrière lui sur la moto.

Tous les moyens sont bons pour arriver le plus vite à l’arsenal. Cela me rappelle le film que j’ai vu dernièrement au cinéma Idéal : A Pied, a cheval et en voiture avec Noél Noèl et Darry Cowl c’était rigolo….

 

Cet été, je vais pour la troisième fois en colo à Habère Poche. Mais il y a  nouveauté : Mes parents m’ont payé un bel appareil photo, De la marque Lumière, avec une sacoche en cuir. Je vais pouvoir faire de belles photos…..




















A SUIVRE : Jeudi prochain : 1957 (troisième partie).
  

==========================================================
Sur mon ancien blog "DUROCASSERIES DE PIERLOUIM"
J'ai fait une note sur  Marcel Fort et le petit Rodolphe.

J'ai eu la surprise de recevoir des commentaires de proches de marcel Fort et de Rodolphe devenu grand.

Si vous voulez voir ces articles et ces nombreux commentaires cliquez ici
:

http://lesdurocasseriesdepierlouim.blog50.com/-1-amis_de_marcel_fort-radios_cirques_annees_60./

Vous verrez c'est surprenant et passionnant.
========================================================================

   
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail
Pierlouim@cegetel.net 

Repost 0
12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 7-(Première partie)

   

Pour moi une année heureuse. 11 ans.

Mais pour mes parents l’année 1957 s’avère être une année difficile.

Papa perd la même années ses deux oncles, Victor le frère de son père et Maurice le frère de sa mère. Je le vois prendre le train pour Paris, à l’enterrement de l’oncle Victor, un large bandeau noir agrafé par maman autour de la manche gauche de son pardessus. Il emmène aussi une énorme couronne de fleurs. Trimballer cela dans le métro cela va être peu pratique. Maman et moi restons à Dreux.


Quelques mois aprés, papa parti seul à l'enterrement de l’oncle Maurice au Puiset   tout à fait au sud de notre département l’Eure et loir, revient avec une petite pendule.
C’est la seule chose que Papa a pu conserver comme souvenir de son oncle. Cette pendule restera longtemps sur la cheminée, mais je ne l’ai jamais vu fonctionner ni entendu sonner.



J’ai rencontré deux ou trois fois l’oncle Victor mais jamais l’oncle Maurice. De Victor j’ai souvenir d’un vieil  homme sévère critiquant mes parents de me laisser aussi turbulent. Papa me dit que l’oncle Maurice était aussi très dur pour lui, lui qui n’avait plus de papa.
J’ai l’impression que les anciens étaient beaucoup plus intransigeants et sévères vis à vis des jeunes que maintenant.
Les jeunes leur devaient le respect et n’avaient pas le droit à la parole.

 
Pour Maman ce n’est pas non plus une bonne année
 : La quincaillerie GOVIN dans laquelle elle travaille depuis vingt ans ferme ses portes. Maman  se retrouve donc sans emploi.  Elle se voit contrainte à « pointer » régulièrement  au Bureau de chômage. Je l’y accompagne quelque fois. Il s’agit en fait d’une espèce de baraquement un peu isolé place du vieux pré, au bord de la rivière. Maman, n’aime pas y aller, elle a un peu honte. Mais surtout cette baraque est souvent entourée de « gars de batteries » ces hommes à demi clochards, itinérants qui se louent à la journée ou à la semaine dans les fermes pour, entre autre, assurer le battage des grains après la moisson. Maman souffre d’être obligée de faire la queue pour pointer avec ces hommes souvent sales et avinés…

Mais elle ne restera pas très  longtemps au chômage. Elle trouve au bout de trois ou quatre semaines un travail de dactylo comptable dans une affaire de vente de matériel agricole.

 

Le patron de cette petite entreprise est un homme tout à fait à part. il est peu présent dans son établissement.

En fait, il s’agit du peintre René BELLANGER, très connu à Dreux. Il a rencontré un certain nombre de peintres comme VlAMINCK ou MONTEZIN qui lui ont été de grand conseil pour la peinture.


Papa jeune apprenti
chez l’ébéniste sculpteur CADIO a bien connu le peintre Pierre Eugène MONTEZIN à la fin des années vingt. Quand le peintre venait pour un séjour de quelques semaines à Dreux il habitait chez Monsieur CADIO. Papa allait le chercher à la gare, au train de Paris avec une voiture à bras pour transporter bagages, toiles et peintures. Papa encadrait certains des tableaux réalisés dans la région drouaise sous les conseils directs de MONTEZIN.

 Quand MONTEZIN repartait c’est aussi Papa qui l’accompagnait à la gare avec les bagages et les toiles peintes…

Le peintre n’était pas avare en pourboires...

 

Pour en revenir au peintre BELLANGER, il se promène dans la région drouaise avec une voiture sans âge et au modèle incertain, branque ballante.  Elle lui sert d’atelier mobile. Il nous arrive, en nous promenant dans la campagne, de rencontrer ce véhicule maculé de peintures de toutes les couleurs, arrêté un peu n’importe comment au travers d’un chemin creux. Et Monsieur BELLANGER, pas loin, sous un parasol, peint l’église du village proche.  


















Un jour de mai, Mr BELLANGER
vient à la maison, je ne sais pourquoi. Il fait quelques pas dans le jardin. Il tombe en arrêt devant les lilas et les cerisiers en fleurs. C’est vrai que c’est très joli, très pictural, ce déferlement de blancheur.

« Que c’est intéressant, dit Mr Bellanger, il faut à tout prix, que je revienne peindre cela, il y a de très beaux tableaux à faire !! ». 

Malheureusement, il n’est jamais revenu peindre notre jardin. Les lilas ont défleuri sans lui. C’est dommage, nos beaux arbres auraient été ainsi immortalisés par ce peintre connu et reconnu, même en Amérique…..

 
A SUIVRE : Jeudi prochain : 1957 (seconde partie).  

 
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail
Pierlouim@cegetel.net 

Repost 0
5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 00:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 6-(Dernière partie)

   

C’est la rentrée, j’ai un nouveau maître d’école.

Mais au fond de moi, je suis très déçu ; je ne suis pas resté dans la classe de cm1, dans la section qui prépare à l’examen pour l’entrée en sixième au collège Rotrou.  Seuls, sept écoliers sur trente ont été choisis. Comme j’étais le cinquième de la classe d'avant  je n’ai pas été admis.

 « Nous, on n’est pas riches, on n’est que des ouvriers ! » me serine sans cesse Maman.

Et cette phrase va me poursuivre et me ligotera une bonne partie de mon existence 

Moi qui voudrais être instituteur. C’est râpé.

Il faut dire que les instituteurs ont, en ces années cinquante,  un prestige qu’ils n’auront plus jamais dans l’avenir. Ils ont maison ou logement de fonction, et des salaires qui leur permettent d’avoir voiture, appareils ménagers voire le truc tout nouveau, la télévision et de pouvoir voyager. Un niveau de vie bien supérieur à la très grande majorité de leurs concitoyens.

Bon il faut me résoudre, à la rentrée je repars pour trois ans à l’école communale, avec au bout le certif, l’apprentissage et un métier manuel.

Moi qui voudrais être instituteur…

 Mon nouvel instituteur  l’année scolaire qui commence, c’est Monsieur Aubreton.

Je sens tout de suite, instinctivement, qu’avec lui je serai bien, que cet instituteur comme Mr Savin il y a deux ans me comprendra et que je comprendrai bien

Il vient d’un petit village, Digny non loin de Dreux où il tenait avec sa femme l’école communale. Sa femme est aussi institutrice à Ferdinand Buisson chez les Filles, Elle est du midi de la France et a un accent chantant très prononcé. Ils ont une fille Marie France, un peu plus âgée que nous, les garçons de la classe de son père. Nous en tombons tous un peu amoureux. Il faut dire qu’elle est très jolie.  Mr Aubreton est un instituteur artiste, un peu lunaire. Il joue du piano. 

Un jour, Papa, pour son travail a besoin de le rencontrer. C’est un jeudi, Papa profite de ce jour sans école pour venir faire des travaux bruyants à l’école. Papa sonne à la porte de l’appartement de fonction de Monsieur Aubreton qui jouant du piano, n’entend pas. Papa sonne à nouveau, pas de réponse. Mr Savin, l’instituteur sportif  qui habite l’appartement d’à coté  dit à Papa : « Il nous casse les oreilles avec sa casserole, attendez voir, il va nous entendre ». Et il se met à tambouriner avec une force incroyable contre la porte. Monsieur Aubreton enfin s’arrête de jouer et vient ouvrir sa porte.

Il y aura toujours une petite bisbille entre ces deux instituteurs, pourtant amis. : Le sportif actif et réaliste d’un côté et de l’autre, l’artiste musicien, désordonné, un peu dans la lune.
 Il seront tous les deux  mes Pygmalions de la communale. Avec cependant un petit faible pour l’artiste un peu brouillon, passionné d'histoire,  ce qui correspond plus à mon propre caractère et avec qui je devins bon élève.
 

L’année de mes dix ans se termine ainsi…

Pleins d’événements dans le monde en 1956.

-Les Hongrois se soulèvent à Budapest contre l’emprise des  soviétiques. L’insurrection est réprimée dans le sang…
- l’Empire Français vacille de plus en plus : Le Maroc et la Tunisie acquièrent leur indépendance vis-à-vis de la France.

- En Algérie, la situation est de plus en plus grave. Des milliers de réservistes sont rappelés sous les drapeaux. De graves affrontements ont lieu dans différentes gares entre les forces de l’ordre et des manifestants opposés au départ des rappelés vers l’Algérie.
 
A Dreux il y a effectivement ce genre d’incident à la gare: Le 18 Mai , 700 rappelés du 584° bataillon de marche du train des équipages. mettent à la sac la gare de Dreux avant de partir pour Marseilles aux cris de «Lacoste au poteau »«  (Lacoste étant le Ministre socialiste résident à Alger.(Yves Boisset dans son film réaliste et bien sûr contesté, R.A.S, filmera la scène en 1973  à la gare de Dreux.)
 
 
-Le gouvernement crée une taxe sur les automobiles, la vignette, afin de financer les retraites.

 

- Des évènements plus réjouissants :

- Les Jeux olympiques de Melbourne.

-Mariage princier à Monaco : Le Prince Rainier III épouse Grâce Kelly. Quelle est belle la nouvelle princesse !

-Sortie du film de Vadim « Et Dieu créa la femme » avec Brigitte Bardot.
 Beaucoup de bruits autour de ce film, ou  plutôt autour de la sulfureuse Brigitte. Je n’ai pas le droit de voir ce film.
- « il n’est pas de ton âge » dit Maman.
 Dommage, mais je le verrai plus tard…


A SUIVRE : Jeudi prochain : 1957.  

 
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail Pierlouim@cegetel.net 

Repost 0
29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 07:00

AN PAR AN, Chronique d'une jeunesse drouaise.
J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année. La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

Pour vous permettre de lire ou relire  le feuilleton depuis le début :
cliquez sur :
 
http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/categorie-10834511.html
----------------------------------------------------------------------------

 1 9 5 6-(Troisième partie)

 

  

Les autos se font encore rares dans les rues de Dreux,
deux exemples :

 

- Je rencontre souvent dans Dreux la dame qui donne (qui vend je veux dire) les billets à l’entrée du cinéma EDEN. Elle circule à vélo en tirant une petite remorque dans laquelle se trouvent de grandes boites rondes en fer-blanc. Ce sont  les bobines des films projetés dans la semaine.

Si la dame, avec son vélo monte vers la gare, elle va porter les films déjà visionnés pour qu’ils repartent vers Paris.

Si elle descend l’avenue de la gare c’est qu’elle vient de réceptionner les nouveaux Films venus par train de Paris. Les gamins que nous sommes ne manquons pas de lui demander « c’est quoi le film, cette semaine, Madame ?». Si elle est de bonne humeur elle nous répond gentiment. Si elle est de mauvaise humeur « Regardez les affiches, lisez le journal, de toutes façons, cette semaine, c’est pas un film pour vous, les gosses.»
Cette dame, à sa caisse nous impressionne. Quand elle distribue les billets et rend la monnaie,  elle porte aux mains des demi gants en laine laissant apparaître de longs doigts pâles. 
-" lLs pièces de monnaie doivent lui donner des démangeaisons" dit Maman en rigolant. 
-Une annonce dans l'Action Républicaine de 1957
Le batiment du cinéma EDEN en devenant LE DELTA n'avait pas changé d'aspect extérieur.
Les salles sont maintenant à l'abandon dpuis le transfert et le changement de nom du cinéma en "CINE CENTRE".

-Je connais le vieux monsieur
qui travaille dans la librairie papeterie LALANCE dans la grande rue, à côté de la quincaillerie BOISSAY près du Beffroi. 
Dernièrement je l’ai vu arriver à l’école, toujours vêtu de sa blouse grise et de son béret noir, poussant avec difficulté un lourd chariot rempli de livres. Il venait du centre ville, à pied, à plus d’un kilomètre et demi. Le voyant ainsi fatigué, mes camarades et moi le plaignons. Mais Mr CARON le directeur de l’école, nous a demandé de nous disperser et a fait rentrer le vieux monsieur et son précieux chargement dans la grande pièce qui sert de bibliothèque. Précieux chargement en effet, car ce sont les livres pour la remises des prix de cette année que vient d’apporter le monsieur de chez Lalance.

La remise des prix à l’école, un peu avant le quatorze Juillet c’est une fête importante pour nous, écoliers. Devant les parents endimanchés, devant le maire ou un de ses adjoints, devant tous les instituteurs nous chantons, nous présentons des scénettes, nous sommes déguisés. Cela se passe sous le préau, sur une estrade que papa avec d’autres employés municipaux est venu installer la veille.

Des discours longs, longs, qu’ils sont bavards ses adultes, surtout le maire VIOLLETTE, ça se voit et s’entend qu’il siège encore, malgré son grand âge à la chambre de députés…Puis vient l’appel des noms de chacun pour la remise des prix, des livres devrai je dire, ceux apporté par le monsieur de chez Lalance. Moi comme d’habitude, je n’ai pas le premier prix mais le quatième ou cinquième..ce qui me noie malgré un bon travail parmi les anonymes.


Dans la remorque de la dame du cinéma Eden
,
il y a quelques mois, les bobines de films portant des étiquettes au nom évocateur : « Si tous les gars du monde.. » m’avaient intriguées. J’ai vu le film.

Cette histoire de marins bretons malades sur leur bateau perdu au milieu de l’océan et sauvés par une chaîne humaine grâce aux radios amateurs m’a bouleversé. La chanson interprétée par les Compagnon de la chanson m’est restée dans l’oreille et restera longtemps ma chanson préférée.

 

 «  Si tous les gars du monde voulaient s' donner la main
Si tous les gars du monde décidaient d'être copains
Et partageaient un beau matin leurs espoirs et leurs chagrins »
Je l’apprends aux copains de la colo à Habère Poche. Ils la reprennent avec moi…


Ecoutez les compagnons de la chanson dans "si tous les gars du monde".


Voir un long passage de ce film de Christian Jacques de 1956.
  

 A SUIVRE : Jeudi prochain : 1956 (quatrième épisode).  

 
Je vous rappelle que vous pouvez réagir à cette note en déposant un commentaire en cliquant sur "Déposer un commentaire" ou par mail Pierlouim@cegetel.net 

Repost 0

Dreux Par Pierlouim

  • : DREUX PAR PIERLOUIM
  • DREUX PAR PIERLOUIM
  • : ACTUALITE ACTIVITE ET MEMOIRE DROUAISES Par le petit bout de ma lorgnette on y voit tout, en avant comme en arrière. DREUX HIER ET MAINTENANT.
  • Contact

Profil

  • PIERLOUIM
  • Né à Dreux, j'y ai vécu toute mon enfance.
Aprés quarante années d'exil à Lutéce, je reviens dans ma bonne ville. J'en observe la vie quotidienne et culturelle et me souviens de son histoire.
Pour me joindre:

 pierlouim@cegetel.net
  • Né à Dreux, j'y ai vécu toute mon enfance. Aprés quarante années d'exil à Lutéce, je reviens dans ma bonne ville. J'en observe la vie quotidienne et culturelle et me souviens de son histoire. Pour me joindre: pierlouim@cegetel.net

Recherche

RECHERCHES D'ARCHIVES

RECHERCHES D'ARCHIVES ANTERIEURES A 2012. Overblog ne présente plus l’intégralité des archives (limitées arbitrairement à un an) alors que le blog est ouvert depuis mars 2009. Pour connaître les archives antérieures vous êtes obligés de chercher dans les différentes catégories ci-dessous

VIDEOS de PIERLOUIM - YOU TUBE

Voir les vidéos de Pierlouim sur le site YOU TUBE.
cliquer :
http://www.youtube.com/results?search_type=&search_query=pierlouim&aq=f



SITES ET AMIS DROUAIS DU WEB

Pour l’instant Over-blog nouvelle (et mauvaise) manière ne m’autorise plus à vous présenter les logos et les adresses des sites drouais sur le net. Espérons que cela puisse être possible bientôt