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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 10:57

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

J'ai consacré 22 chroniques de Pierlouim à ce désastreux conflit dans MtaVille. Pour ceux qui ne les ont pas lues dans le journal gratuit, je les reproduit dans ce blog "Dreux par Pierlouim".

GUERRE DE 1870 A DREUX :

Le sous-Préfet Sirven. Le douanier Rousseau

Parmi les personnages qui eurent un rôle important à Dreux pendant la guerre franco prussienne de 1870, le plus surprenant fut le sous-préfet SIRVEN.

Alfred Sirven (à ne pas confondre avec Alfred Sirven de l’affaire ELF) naquit à Toulouse en 1838. Il descendait de la famille Sirven, victime du fanatisme religieux au XVIIIe siècle et que défendit Voltaire. Il se rendit à Paris, mener une carrière littéraire et collabora au Dictionnaire encyclopédique de 1858. Sirven devint rédacteur en chef du Gaulois, journal illustré, supprimé en 1861 pour des articles qui le firent condamner à deux mois de prison et 500 francs d’amende. Sirven s’opposera toujours à la politique des différents souverains de l’époque.

De nombreux pamphlets lui valurent l'estime des juges parisiens qui l'envoyèrent goûter le menu de la prison Sainte-Pélagie au moins sept fois. Il écrivit la première histoire de cette illustre prison. Le nombre de feuilles et journaux fondés par Sirven est impressionnant, « La Petite Presse », « Le Gaulois », « le Pamphlet », « L'Encensoir » et « le Sifflet. » , ainsi que de nombreux ouvrages dont « les Vieux polissons », un ouvrage saisi et poursuivi à la demande d'un sénateur qui avait cru se reconnaître...

Cet étonnant personnage fut libéré de prison le 4 septembre 1870 après l’abdication de l’empereur Napoléon III et la proclamation de la troisième République. Il fut choisi par son ami Gambetta pour organiser la défense de Dreux contre les prussiens en qualité de

sous-préfet. (Sur quels critères ? Mystère.) Après le refus du maire de Dreux Eugène Batardon de résister à l’invasion prussienne, l’éphémère sous-préfet Sirven remit

également sa démission entre les mains du préfet.de Chartres. Après 1870, Alfred Sirven reprit sa production de livres atypiques dont certains furent appréciés par Victor Hugo.

 Alfred Sirven écrivit plusieurs livres sur son passage à Dreux comme sous-préfet : « Les Prussiens à Dreux » et surtout « La défense de Dreux en octobre 1870 », réponse à la commission d’enquête de 1873 sur son différend avec le maire Eugène Batardon.

Toute sa vie, il fit preuve d'une indépendance farouche et ne fit partie d'aucune société ni d'aucune coterie. Il a fui comme la peste toutes les églises, les chapelles politiques, les cercles littéraires ou autres. Il a eu la fierté de ne pas avoir la Légion d'honneur : il ne l'a pas refusée car on ne la lui a pas proposée. Alfred Sirven mourut en 1900.

 

Un personnage aussi original passa à Dreux à cette époque : En 1863, Henri Rousseau qui n’est pas encore le peintre « douanier Rousseau » (1844-1910), pour échapper à la prison à la suite d’un larcin, s’engagea dans l’armée pour 7 ans au 51ème régiment d’infanterie cantonné à Dreux. Rousseau n’hésita pas à mentir pour constituer sa légende relayée par le poète Apollinaire : sa participation à l’expédition au Mexique et une intervention éclatante dans la défense de Dreux.

Mais tout cela est faux (cependant le régiment drouais participa bien à l’expédition désastreuse du Mexique entre 1862 et 1867). Rousseau fut finalement démobilisé au titre de soutien de veuve. En novembre 2007, à la salle des ventes de Drouot, un tableau du douanier Rousseau « Paysage avec scène de guerre » de 1877 est adjugé 141600€. Le tableau qui n’a rien à voir avec Dreux relate cependant un fait survenu durant l’hiver 1870/71 aussi rigoureux que meurtrier.

A SUIVRE.

Pour voir les précédents articles, cliquer ci-dessous sur "Guerre 1870/71"

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23 juillet 2021 5 23 /07 /juillet /2021 17:57

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

J'ai consacré 22 chroniques de Pierlouim à ce désastreux conflit dans MtaVille. Pour ceux qui ne les ont pas lues dans le journal gratuit, je les reproduit dans ce blog "Dreux par Pierlouim".

 

UN TEMOIN DE LA GUERRE 1870-71 A DREUX.

Un Drouais, le commandant de Coynart, fut un témoin privilégié de la guerre franco-prussienne de 1870.

Charles Arsène de COYNART est né à Dreux le 06 septembre 1814. Son père était un ancien « chevaux léger » de la Garde Ordinaire de Louis XVI. Charles Arsène passa par l’école militaire de St Cyr dans une des premières promotions. Pendant le second Empire, devenu Chef d’escadron, il participa en 1859 à la campagne d’Italie, aux batailles de Solferino et de Magenta. En 1870, malade, ne pouvant plus monter à cheval et ayant pris sa retraite, il revint dans la maison familiale à Dreux, rue de Châteaudun, ancien bureau de poste, actuel Agglo du Pays de Dreux.

 Quand débuta la guerre Franco–prussienne, le maire Batardon le désigna comme

Commandant de la Garde nationale Sédentaire. A la tête de 800 volontaires âgés et armés de seulement 300 fusils, il ne put s’opposer aux Prussiens sans risquer de faire brûler la ville, pour fait de résistance comme Chérisy ou Châteaudun.

Ancien commandant d’infanterie, il contestait la théorie tenue par le gouvernement provisoire représenté à Dreux par un journaliste pamphlétaire promu sous-préfet, Alfred Sirven. Cette pratique dite des « défenses locales » lui paraissait impossible à tenir dans une ville de plaine ouverte, avec une troupe aussi faible. D’autant plus que les troupes « régulières » du 51° de ligne en dépôt à la caserne de Dreux, environ 1500 hommes, s’étaient repliées sur Saintes et le 90° de ligne à la Rochelle.

Ce refus de combattre l’intrusion, à Dreux, d’une troupe de 2000 Prussiens jeunes bien entrainés et bien armés lui fut amèrement reproché en particulier par le sous-préfet Sirven, mais aussi par les historiens drouais du vingtième siècle. Le 17 Novembre 1870, les Prussiens entrèrent dans Dreux, déclarée « ville ouverte » par le maire Batardon.

Charles Arsène de Coynart envoya pendant la durée de la guerre des lettres détaillées à sa

famille à Trouville (en zone non occupée par les Allemands). Neuf de ces lettres furent compilées en 1872 en un ouvrage témoignage, précieux et unique sur cette époque terrible à Dreux. Il est accompagné de plusieurs annexes rendant compte par des témoins de valeur (comme le commandant des Moutis des mobiles de l’Orne ou le Comte de Foudras des francs-tireurs de la Sarthe) des combats autour de Dreux. L’ouvrage « La guerre 1870-1871, à Dreux » est consultable à la médiathèque l’Odyssée. Lors de son décès en 1890, le « Journal de Dreux » lui consacra une longue nécrologie en omettant sa participation au conflit de 1870 comme commandant de la Garde Nationale. Charles Arsène de Coynart mourut à Dreux dans la maison familiale en 1890. Sa tombe est encore visible au cimetière de Dreux.

-Son frère, Charles Raymond de Coynart, né à Dreux le 10 mars 1806, passa aussi par

l’école de St Cyr et fut Lieutenant-Colonel d’infanterie, spécialiste de la topographie. Il fut un des premiers militaires à percevoir l’intérêt du transport par trains des troupes et armements, ce qui sera mis en pratique pendant la guerre de 1870.  Historien et archéologue, ses recherches sur la position d’Alésia firent autorité. Il publia un ouvrage sur la Bataille de Dreux entre catholiques et Protestants de 1562 que l’on peut lire sur internet.

Retiré à Dijon où il mourut en 1880, il fut membre de la Commission des antiquités de la Côte d’or. Comme son frère à Dreux, il écrivit une histoire de la guerre de 1870 à Dijon. 

A SUIVRE.

Pour voir les précédents articles, cliquer ci-dessous sur "Guerre 1870/71"

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 17:18

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

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GUERRE DE 1870-1871.

LES DROUAIS DANS LA TOURMENTE DE 1870-1871.

Nous avons évoqué dans les précédentes chroniques la guerre franco-prussienne de 1870-71 aussi bien en France qu’à Dreux. Mais que fut l’attitude des personnalités drouaises pendant cette courte et désastreuse guerre de 8 mois ?

LES VICTIMES ANONYMES : Dès la fin de la guerre, les belligérants songèrent à entretenir le souvenir de ce conflit. Les Allemands voulurent célébrer leur victoire mais surtout la réunification en un seul empire des États Germaniques. L’érection de nombreux monuments fut financée par la totalité des composantes de la nation allemande. En France, des moyens similaires furent utilisés pour commémorer le conflit. En 1887, l’universitaire alsacien Xavier Niessen, exilé en France, fonda l’association « le souvenir français » qui existe toujours, pour entretenir les tombes des soldats et ériger des monuments dans toute la France. Un monument en forme d’obélisque dans le cimetière de Dreux commémore la guerre de 1870-71. Plusieurs centaines de combattants venant de diverses formations (Armée d’Eure et d’Avre, mobiles de l’Orne et du Calvados, francs-tireurs) ont perdu la vie dans les combats autour de Dreux. Des tombes de ces combattants sont encore visibles dans les cimetières du Drouais comme celles de soldats allemands, (Chérisy). 

LES MAIRES DE DREUX :

 

 

-Eugène Charles BATARDON, né en 1819, notaire, fut maire de Dreux durant 1an 2 mois seulement, abrégé par une arrestation et une destitution au moment de l’occupation prussienne. Le 8 Octobre 1870, il interdit à un groupe d’éclaireurs Uhlans de pénétrer dans la ville. Le 11 octobre, après l’incendie de Chérisy par l’ennemi, il décréta Dreux « ville ouverte » pour éviter le sort tragique de la ville voisine. Les allemands se contentèrent de traverser Dreux sans stationner. Alerté par le sous-préfet de Dreux Sirven, Emile Labiche, Préfet d’Eure et Loir, furieux de ce qu’il considérait comme une trahison, destitua Batardon et le fit transférer à Tours devant le tribunal du Gouvernement provisoire présidé par Gambetta, qui le remit très vite en liberté. De retour à Dreux Batardon démissionna.

-Elie TILLEUL, né en 1804 à Châteauneuf-en-Thymerais et mort en 1893 à Caudebec-en-Caux, fut désigné par le gouvernement provisoire. Il prit l’intérim du poste de maire, d’Octobre 1870 à Avril 1871. Il négocia au soir de la bataille du 17 Novembre la reddition définitive de Dreux « ville ouverte » auprès des autorités prussiennes. Il dû gérer les incessants passages de troupes allemandes ainsi que les nombreuses perquisitions. Il vit avec soulagement le départ de l’occupant le 15 mars1871 

Sollicité par le préfet de Chartres, et après le départ définitif d’Elie Tilleul de Dreux, Batardon reprit ses fonctions le 19 avril pour un mois en attente de nouvelles élections municipales qui virent l’élection d’un nouveau maire Léopold Poirier. Eugène Batardon, jusqu’à sa mort le 22 février 1895, conserva des activités publiques même s’il ne voulut plus jouer les premiers rôle

Une anecdote que je ne peux pas ne pas vous raconter : Maurice Viollette est né le 3 septembre 1870. C’est-à-dire au lendemain de l’abdication de l’Empereur Napoléon III et à la vieille de la proclamation du gouvernement provisoire de la troisième république.

Maurice Viollette rappelait souvent cette coïncidence qui aurait probablement influencé son avenir de député radical socialiste et maire de Dreux pendant 58 ans.

A SUIVRE.

Pour voir les précédents articles, cliquer ci-dessous sur "Guerre 1870/71"

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 16:48

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

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GUERRE DE 1870-1871.

OCCUPATION ALLEMANDE DE 1870/71 A DREUX.

Après sept mois de guerre contre les Prussiens, le gouvernement français demanda un armistice le 28 janvier 1871. C'est une France humiliée qui dut se résoudre à négocier un traité de paix et accepter les exigences du chancelier Bismarck. Une désillusion, voire une humiliation politique et militaire. Les civils eurent aussi à en payer les conséquences. Ce fut la seconde fois en 56 ans, après l’abdication de Napoléon Ier en 1814 et la défaite de Waterloo en 1815, que la France et donc Dreux furent occupés par une armée étrangère. D’un point de vue moral, le mal était profond. C’est tout le régime de Napoléon III, basé sur le souvenir des conquêtes Napoléoniennes qui s’effondrait. Les populations furent bouleversées, atterrées, en état de choc, en apprenant la défaite, inattendue.

 Le gouvernement provisoire de la France accepta le paiement d’une indemnité de 5 milliards de franc-or, la présence d’une armée d’occupation jusqu’au paiement de cette somme et surtout, la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine. Si la France se voit amputée de ces deux provinces, elle s’était agrandie en 1860 par la cession du comté de Nice et de la Savoie.

30 départements furent occupés suite à la pénétration des troupes allemandes dans le territoire français, soit le quart nord-est de la France excepté le Nord et le Pas-de-Calais, par une ligne presque droite du Jura à l’embouchure de la Seine en descendant au sud de Tours.

Dreux est en zone occupée depuis le 17 novembre 1870 avec l’entrée des troupes allemandes dans la ville, après la bataille sous ses murs perdue par les Français.

Le « journal de Dreux » paraissant deux fois par semaine cessa ce jour-là sa publication Il ne reparu que le 7 février 1871 après l’armistice signé le 28 janvier. Son premier objectif fut d’accompagner les campagnes des candidats aux élections législatives et municipales prévues fin février 1871.

D’après un correspondant du journal, l’occupation allemande se fit en deux phases : dans la première période en octobre et novembre 1871, un pillage proprement dit n’eut pas lieu mais bien des exactions avec réquisitions de produits divers : foin, avoine, bonneterie et nourritures. La commission municipale accompagnait les Prussiens en ville mais pas en campagne, au   grand dam des agriculteurs spoliés. Pendant la deuxième période de décembre à mai, les Allemands promirent de payer toutes les fournitures qui leur seraient données. Cependant, des vols et des pillages furent commis. La municipalité drouaise, ne pouvant les rembourser, envoya un état de ces délits à la conférence de Bruxelles et au gouvernement de Versailles. Sans résultat.

Dreux fit partie des premiers départements évacués dès après la signature du traité de Francfort, mettant fin définitivement à la guerre le 10 mai 1871. Les départements situés à la frontière de l’Alsace et la Lorraine, devenues allemandes, furent évacués en dernier, le 16 septembre 1873 après paiement en totalité des sommes exigées par les Allemands. Cette occupation violente eut un aspect fédérateur, surtout dans les zones qui connurent l’occupation ou l’exode, car elle fut à la naissance d’un ressentiment national Français.

 Les Parisiens, ayant résisté à l’ennemi pendant quatre mois de siège, refusèrent l’armistice. La Garde nationale prit possession de l’Hôtel de ville et organisa la Commune de Paris qui s’achèvera dans un bain de sang en mai 1871 par la « Semaine sanglante ».

A SUIVRE.

Pour voir les précédents articles, cliquer ci-dessous sur "Guerre 1870/71"

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5 juillet 2021 1 05 /07 /juillet /2021 19:06

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

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GUERRE DE 1870-1871.

UN GENERAL DROUAIS AU SIEGE DE PARIS

La ville de Dreux a une spécialité étonnante. Les militaires drouais de haut rang à l’époque de l’empereur Napoléon 1er étaient tous des artilleurs, comme les généraux de Sénarmont, de Billy et les deux frères Doguereau. Un peu plus tard au second empire, au temps de Napoléon III, un autre général drouais s’illustra dans l’art du canon.

Ildefonse FAVE naquit le 28 février 1812 à Dreux au faubourg St Denis où son père était marchand de bois. Ses remarquables dispositions en mathématiques permirent au jeune Favé d’entrer à l’école polytechnique puis à celle d’application de Metz qui formait les futurs officiers d’artillerie. Nommé capitaine à 29 ans, il publia son premier ouvrage « Nouveau système de défense des places fortes ». Au dépôt central de l’artillerie, il devint adjoint au directeur des ateliers de précision. Il confirmait, par ce poste, sa vocation de chercheur comme celui d’écrivain militaire. En 1845, son « histoire tactique des trois armes » souvent rééditée attira sur lui l’attention des spécialistes.

En 1846, il publia le premier tome des « Études sur le passé et l'avenir de l'artillerie », écrit par Louis-Napoléon Bonaparte pendant sa détention au fort de Ham. En 1847, il étudia un nouveau modèle de carabine. En 1848, Louis-Napoléon, devenu Président de la République, appela Favé qui publia son « Nouveau système d'artillerie » en 1850. Favé fut envoyé en mission d'étude en Angleterre, en Hollande, en Belgique, pour évaluer leur matériel d'artillerie (fabrication des explosifs et organisation des manufactures d'armes).
Nommé professeur de fortification à l'École polytechnique, il devint l'officier d'ordonnance de Louis-Napoléon autoproclamé Empereur Napoléon III puis son chef d'escadron. En 1855, Ildefonse Favé soutint les travaux sur l’aluminium d’Henri Sainte-Claire Deville auprès de l’empereur. Il soutiendra d’autres scientifiques, qui bénéficieront également d’une aide financière, dont deux proches de Sainte-Claire Deville, Louis Pasteur et Léon Foucault.

Pendant la campagne d'Italie, Ildefonse Favé fut chef du cabinet militaire de Napoléon III. Il travailla sur l'artillerie à canons rayés et créa les premières mitrailleuses.
Après y avoir été élève, Favé fut professeur d’art militaire à l’école polytechnique. Nommé Général, il en devint le directeur en 1866.

 

Quand éclata la guerre de 1870, Favé était aide de camp de l’Empereur Napoléon III. Après la reddition de Sedan, l’abdication de Napoléon III et la proclamation de la république il se replia sur Paris. Après avoir été fervent bonapartiste, il se mit à la disposition de la nouvelle république. Il prit le commandement de l’artillerie d’une partie des forts défendant la capitale. Il prit part à la bataille de Champigny, puis à l’attaque de la Ville Evrard où il fut grièvement blessé le 24 décembre 1870. De cette guerre Favé écrivit en 1871 un ouvrage « Nos revers ».

Passé dans le cadre de réserve, Favé se consacra à l’écriture de nombreux ouvrages, militaires, scientifiques et historiques. Il fut promu grand officier de la Légion d'honneur et, en 1876, élu à l'Académie des sciences. Le général Favé mourut à Paris le 14 Mars 1896.

En 1906, le conseil municipal de Dreux refusa de donner le nom de Favé à une rue sous le motif d’avoir été proche de Napoléon III responsable de la perte de l’Alsace et de la Lorraine. Depuis peu, une rue drouaise porte le nom du Général Ildefonse Favé.

A SUIVRE.

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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 17:38

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GUERRE DE 1870-1871.
Victor Hugo pendant le siège de Paris.

Le 5 septembre 1870, un jour après la proclamation de la IIIème République et trois jours après l’abdication de l’Empereur Napoléon III, Victor Hugo 68 ans, revenait triomphalement de son exil de Guernesey à Paris. L’armée allemande victorieuse à Sedan et Metz vint assiéger la capitale. Victor Hugo resta dans Paris et fut un témoin privilégié de ce funeste siège.

Dans cette période terrible, les femmes, et particulièrement les Parisiennes, optèrent pour une union sacrée des sexes, s’investissant dans le soin et le soutien moral aux soldats. Elles connurent ainsi une forme d’émancipation. Ce qui fit écrire à Victor Hugo, dans une lettre à une femme, du 10 Janvier 1871, publiée dans le recueil « l’année terrible » :« Elles acceptent tout, les femmes de Paris. / Leur âtre éteint, leurs pieds par le verglas meurtris/. Au seuil noir des bouchers les attentes nocturnes, /La neige et l’ouragan vidant leurs froides urnes, / La famine, l’horreur, le combat sans rien voir/ que la grande patrie et que le grand devoir. » 

Paris assiégé mourrait de faim. Le 30 décembre 1870, Victor Hugo notait : « Ce n’est même plus du cheval que nous mangeons. C’est peut-être du chien ? C’est peut-être du rat ? Je commence à avoir des maux d’estomac. Nous mangeons de l’inconnu. » Le 18 janvier suivant, il constate : « J’émiette aux poules notre pain noir. Elles n’en veulent pas. »

Le 28 Janvier 1871, Paris capitulait après 130 jours de siège. Apprenant qu’un armistice venait d’être signée, Victor Hugo écrivit : « Un nain qui veut faire un enfant à une géante. C’est là toute l’histoire du gouvernement de la Défense Nationale. Avortement. », Sur la reddition de Paris : « Paris a été victime de la défense autant que de l'attaque. »

Les termes de l'armistice prévoyaient l'organisation de nouvelles élections nationales pour former une Assemblée qui investirait un gouvernement à la légitimité claire. Dans des délais très brefs, tous les électeurs résidant sur des portions non occupées du territoire national furent appelés aux urnes le 8 février. La nouvelle Assemblée Nationale issue de ces élections, dominées par le poids du vote rural et bourgeois, était majoritairement conservatrice et monarchiste. Elle mit fin au Gouvernement de la Défense nationale et élut, le 13 février, Adolphe Thiers, chef du gouvernement, en remplacement du général Trochu.

Victor Hugo raillait l’éviction du général Trochu : « Trochu, participe passé du verbe Trop Choir. » A la demande du nouveau gouvernement, Bismarck accepta de libérer les territoires occupés (sauf l’Alsace et la Lorraine) au fur et à mesure du paiement par la France d’une indemnité de guerre de cinq milliards de francs or.

Le 1er mars 1871, des troupes allemandes entrèrent dans Paris, paradant sur les Champs Elysées et passant sous l’Arc de Triomphe, comme leurs descendants le feront 69 ans plus tard en 1940. Paris, ayant subi pendant les 6 mois de siège de nombreux bombardements, était en ruines. Les travaux du Baron Hausmann étant à peine terminés à l’entrée dans la guerre, de nombreux nouveaux immeubles et installations furent fortement détériorés. Trois mois plus tard, les tragiques évènements de la Commune causèrent aussi de nombreux dégâts.
Les Allemands n’allèrent pas plus loin que les trente départements français occupés, dont l’Eure et Loir. Dreux restait dans la zone occupée le temps que la France paie son dû aux Allemands.

A SUIVRE.

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 17:21

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PROCLAMATION DE L’EMPIRE ALLEMAND A VERSAILLES.

Il y a 150 ans, le 18 Janvier 1871, des bruits de bottes résonnaient sur le parquet de la galerie des glaces du château de Versailles. Les Allemands, sûrs de leur victoire contre les Français dans cette guerre éclair de moins de 8 mois, se réunissaient pour proclamer un Empire Germanique. Tous les souverains des 25 états allemands coalisés contre l’Empire Français puis la République Française sont présents.

Le chancelier Prussien Otto Von Bismarck jubile : il a réussi son pari : réunir tous les pays d’Allemagne sous une même bannière. Le roi de Prusse Guillaume devient, sous le nom de Guillaume Ier, non pas Empereur d’Allemagne mais Empereur Allemand. Car plusieurs souverains allemands, dont Louis II de Bavière, voulurent garder leur titre de roi ou de duc.

Ce deuxième Reich (Empire en allemand) succédait ainsi au Saint Empire romain germanique. C’est après sa victoire à la bataille d’Iéna que Napoléon abolit le Saint Empire Romain après mille ans d'existence. Les Allemands n’eurent de cesse de se venger et de reconstituer cet Empire. Bismarck déclarera : « Sans Iéna, pas de Versailles. ».

Pendant que les Allemands triomphaient à Versailles, le siège de Paris continuait. Un armistice sera cependant signé dix jours après l'intronisation de Guillaume 1er. Les efforts de Gambetta pour poursuivre la guerre à outrance avaient définitivement échoué.

Le 22 janvier refusant la reddition de Paris, des manifestants dont des Gardes nationaux parisiens ayant payé un lourd tribut lors des batailles de Buzenval, voulurent parler au maire de Paris Jules Ferry. Tandis qu’ils furent reçus par l’adjoint de Ferry, des échanges de coups de feu entre la Garde mobile et les gardes nationaux firent cinq morts.

Cet épisode du 22 janvier signa une rupture aiguë entre les civils parisiens, éprouvés par un siège de plusieurs mois mais refusant de rendre la capitale, et le gouvernement de Défense Nationale (toujours réfugié à Bordeaux) multipliant arrestations et interdisant rassemblements ou diffusions de journaux hostiles à son action. Ce fut une répétition de l’insurrection de la « Commune » trois mois plus tard.

La République Française se vit imposer la cession de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine, le « chancelier de fer » ayant voulu que les princes allemands puissent offrir ces terres à l'Empereur en cadeau de son avènement. Cette annexion interdit l'espoir d'une réconciliation entre la France et le nouvel Empire d'Allemagne. Bismarck ne s’en fit aucune illusion, les Français voudront coûte que coûte récupérer l’Alsace et la Lorraine. 

A Dreux, les habitants étaient surtout préoccupés par le passage permanent de troupes germaniques. Peu leur importait que les troupes bavaroises stationnées à Dreux, fêtant l’événement avec moult beuveries et exactions, fassent partie dorénavant d’un Empire d’Allemagne.

Cet Empire d’Allemagne, né à Versailles (Deuxième Reich), ne dura que 48 ans en se terminant par l’abdication de son troisième Empereur Guillaume II à la suite de la défaite allemande de la première guerre mondiale. Les autres Empires d’Europe disparurent à la même époque comme ceux de Russie, d’Autriche et de l’Empire Ottoman. Les empires coloniaux comme ceux de la France de la grande Bretagne au contraire s’en virent renforcés. Le vingtième siècle fut celui des dictatures. Le nouvel Empire Allemand, le IIIème Reich hitlérien restera de sinistre mémoire

A SUIVRE.

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 16:36

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

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CAHIERS DU SOLDAT JULES SALMON

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870/1871

Prisonnier de Guerre.

Jules Salmon, grand-père de ma mère, fut soldat pendant la guerre franco-prussienne de 1870/71. Dans deux cahiers, il écrivit ses impressions sur ce terrible conflit pourtant oublié. Il relatait en premier les terribles batailles sous Metz, les 2 mois de sièges et la reddition de cette place, puis sa détention dans un camp de prisonniers de guerre en Allemagne. En octobre1870, les allemands, après la chute de Sedan puis celle de Metz, firent plus de 300 000 prisonniers français.

Cette situation étant sans précédent, rien n’était prévu pour détenir autant de captifs. Les conditions de détention furent déplorables.

Après un voyage éprouvant, à pied, vers l’Allemagne, Jules Salmon décrit son internement dans un camp situé sur une île du Rhin près de Wesel. En voici quelques extraits

 « Vingt baraques alignées en deux rangs et pouvant contenir 500 hommes, chacune occupant, avec les cuisines et cantines établies pour les prisonniers, le tiers environ de l’île sablonneuse où se sont écoulés les jours bien longs de notre captivité. Une terrasse de 2 mètres d’élévation protège le côté de cette île contre les débordements du Rhin et sert de promenade aux prisonniers. Elle fait face au fort Blücher où se trouve une manutention militaire qui a pour mission de nous tenir en respect. En novembre on nous donna une couverture de laine et 2 paillasses pour 3 hommes. Les places occupées par chaque homme dans les baraques sont d’environ 40 centimètres et seraient tout à fait insuffisantes en période de grande chaleur. A 6 heures du matin, un quart de litre d’un café indescriptible que nos continuelles privations seules nous décident à avaler avec 40 grammes de pain blanc. Une soupe de riz petit pois ou pomme de terre constitue le seul repas de la journée, insuffisante pour plus d’un estomac. 8 cantiniers allemands établis dans l’île font fortune avec les prisonniers. Leurs tarifs fantastiques feraient l’étonnement du petit commerce en France……Pour prévenir l’ennui des longues soirées, on a organisé des concerts. Pendant que le canon grondait en France, quelques amateurs apportèrent les concours d’un certain talent au délassement de leurs camarades (Jules y participa probablement avec son violon). Sur plusieurs centaines d’évasions tentées, un grand nombre réussit… ».

Jules se plaint des courriers souvent ouverts avec la France occupée et surtout de l’attente de la délivrance intervenue longtemps après le cessez-le-feu. En juin 1871, enfin libéré, il put reprendre son képi de facteur rural aux lettres et son violon pour les noces et bals de son Berry natal.

 

 

Jules Salmon mourut en 1914 à 71 ans. Son fils Arthur, implanté depuis 1903 à Dreux, participa courageusement à la grande guerre de 1914-1918 (4 blessures, 4 citations et médailles). Le mari de sa fille Marie Thérèse, Maurice (mon père), en 1940 fut prisonnier et passa 5 ans dans un stalag à Berlin. Avec le père de Maurice tué à Verdun en 1916, ce sont trois générations de Français et Drouais qui, en 75 ans (une vie), de 1870 à 1945, subirent trois guerres franco-allemandes dont deux devenues mondiales. A l’aube de mes 75 ans, j’ai vécu dans une paix européenne sans guerres. Je souhaite à mes enfants, petits-enfants et leurs descendants et à vous, mes chers lecteurs, de ne jamais connaître les ravages de guerres fratricide

A SUIVRE.

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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 16:41

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

J'ai consacré 22 chroniques de Pierlouim à ce désastreux conflit dans MtaVille. Pour ceux qui ne les ont pas lues dans le journal gratuit, je les reproduit dans ce blog "Dreux par Pierlouim".

CAHIERS DU SOLDAT.JULES SALMON
pendant la guerre franco -prussienne de 1870/1871.

 

Le grand-père de ma mère fut un soldat de la guerre franco-prussienne de 1870/1871. Jules SALMON né le 25 novembre 1843 à Langé près de Valençay, dans le département de l’Indre, était de profession « facteur rural aux lettres » et de vocation, violoniste pour les noces et bals de son canton. Le recrutement pour le service militaire se faisait alors par tirage au sort. Le service durait 6 ans. Les appelés tirés au sort avaient le droit de se faire remplacer par une tierce personne. Le remplaçant négociait avec l'appelé et sa famille une compensation financière en échange de son engagement. 

Jules Salmon tira probablement au sort un mauvais numéro, ne put être remplacé et fut incorporé à vingt ans, le 23 aout 1864 à Châteauroux. C’est probablement pendant ces six années de services que mon arrière-grand-père se perfectionna dans la pratique du violon car j’ai en ma possession un gros recueil de partitions manuscrites daté de Toulouse en 1868.

Nommé chasseur de première classe au 5éme bataillon de chasseurs à pied, en recevant un certificat de bonne conduite, il fut libéré du service militaire le 19 février 1870. Mais le retour à la vie civile fut pour Jules Salmon de trop courte durée. En effet, suite à la déclaration de guerre de l’Empire Français de Napoléon III au Royaume de Prusse, il fut « rappelé à l’activité » par décret impérial du 14 juillet 1870. Il participa alors à la guerre franco- prussienne. Sur son livret militaire il est sobrement indiqué : « A participé à la campagne contre l’Allemagne du 22 Juillet 1870 au 10 juin 1871. » Mais nous en savons plus, grâce à deux cahiers qu’il tint pendant cette campagne de près d’une année et conservés pieusement par ma mère. J’ai pu en déchiffrer le contenu, malgré l’écriture au crayon s’effaçant avec le temps et les pages manquantes. Le premier cahier relate les batailles et le siège de Metz, le second, les 6 mois d’incarcération comme prisonnier de guerre en Allemagne.

 

Le régiment auquel appartenait Jules Salmon faisait partie du 4éme corps d’armée commandé par le général Ladmirault, pour qui Jules n’écrit que des louanges. Ce corps d’armée appartenait à l’armée du Rhin sous les ordres du maréchal Bazaine (photo) que Jules Salmon maltraite dans plusieurs chansons satiriques de son cahier. Jules Salmon liste sans trop de détails les batailles auxquelles il a participé dont celles de Borny et surtout St Privat (Gravelotte pour les Prussiens). Puis il écrit : « le 18 août, rentrés sous les murs de Metz et restons bloqués jusqu’au 27 octobre. Donc que la capitulation a été signée ce jour-là. Nous avons été vendus comme Juda a vendu son Dieu. Et livrés de même. ». Il fut reproché par la suite au maréchal Bazaine d’avoir trop tôt abandonné les batailles autour de Metz, de s’être enfermé dans la citadelle et d’avoir trahi. Jugé en cour martiale, condamné à 20 ans de prison, il s’évada et mourut en Espagne en 1888.

Jules, après un texte très emphatique sur les combats et la chute de Metz, recopie les discours prononcés par l’état-major lors de la reddition, ceux de Bazaine et de Ladmirault. Si les officiers vaincus s’en sortirent avec les honneurs, environ 180 000 hommes de troupe dont Jules Salmon furent transférés dans d’atroces conditions vers des camps de prisonniers en Allemagne. (A suivre.)

A SUIVRE.

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 15:44

Il y a 150 ans se terminait la courte mais tragique guerre franco-prussienne de 1870/71.

J'ai consacré 22 chroniques de Pierlouim à ce désastreux conflit dans MtaVille. Pour ceux qui ne les ont pas lues dans le journal gratuit, je les reproduit dans ce blog "Dreux par Pierlouim".

Bataille devant DREUX. 17novembre 1870

Il y a 150 ans, en octobre et novembre 1870, la ville de Dreux vécut une des périodes les plus pénible de son histoire. Elle vit dans sa périphérie s’affronter l’armée de coalisation allemande aux forces françaises. L’armée régulière française était pratiquement inexistante. Après la chute de Sedan, le 2 septembre, et de Metz, le 24 octobre, près de 500 000 soldats français étaient prisonniers de guerre. Seuls ceux de villes assiégées comme Paris, Bitche ou Belfort, résistaient encore à l’ennemi.

En province, pour résister à l’invasion allemande, ne subsistait que la petite armée régulière dite «de la Loire » soutenue et souvent remplacée par les corps de réservistes départementaux « les mobiles », des vétérans de la garde nationale sédentaire ainsi que des francs-tireurs résistants civils non reconnus comme belligérants par les Allemands. Ces différentes unités, entrainées et commandées différemment, eurent du mal sur le terrain à trouver unité et cohésion dans le combat commun face à l’ennemi. Un exemple douloureux de cette confusion de commandements eut lieu non loin de Dreux près d’Imbermais.

La panique, ou la méprise, des cinq chênes. Le 24 Octobre 1870 : En pleine nuit, au lieudit « Les cinq chênes » entre les « Yeux Bleds » et « Chambléant » près de la route de Châteauneuf, une fusillade entre mobiles et francs-tireurs se prenant les uns les autres pour des Prussiens fit plusieurs morts et blessés français à la surprise des Allemands cantonnés à Marville. Les témoignages recueillis après ce drame franco-français donnèrent des versions très différentes et contradictoires comme celles de Jacques Germain, maire de Garnay, du commandant de Coynart, chef de la garde nationale de Dreux, du capitaine Le Hardy, des mobiles du calvados et des habitants de la ferme de l’Epinay. Ce drame, aux causes et déroulement encore mal définis, eut dans la région drouaise un énorme retentissement et resta longtemps dans la mémoire collective.

Une rue dans le quartier des Rochelles porte le nom de « rue du 17 novembre 1870 ». Ceci en souvenir des combats qui eurent lieu ce jour-là entre Allemands et Français.

 Ce 17 Novembre 1870, à peu près au même endroit que la bataille de 1562, entre Catholiques et Protestants, 15 000 Allemands avec 12 canons venant de Chartres étaient interceptés par 3000 mobiles et 400 fusiliers marins (sans artillerie) entre Imbermais et Nuisement. Le combat étant inégal, les fusiliers marins se sacrifièrent, devant les lignes de chemin de fer de la gare de Dreux pour permettre aux mobiles de se replier sur Nonancourt.  

 

Ce fut pendant ces combats devant Dreux que débuta la Croix Rouge Drouaise. Le terme de « Croix Rouge » n’étant créé qu’en 1876, il s’agissait alors du « Comité international de secours aux militaires blessés » fondé en 1864 à Genève par Henri Dunant. Les blessés des deux camps étaient dirigés en charrette rue St Martin au pensionnat St Pierre pour être soignés par les frères des écoles chrétiennes.

Le 18 Novembre pendant une bataille se déroulant à Torçay, les Allemands entrèrent dans Dreux, décrétée « Ville ouverte » afin d’éviter le sort malheureux de Chérisy ou de Châteaudun. Pour Dreux, les combats dans son territoire étaient terminés. Une longue occupation de plus de deux ans commençait. La guerre franco-prussienne continuait dans un territoire de plus en plus restreint, notamment autour de Paris. Elle ne se terminera qu’en février1871

A SUIVRE.

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