la quatre vingt treizième Durocasserie, parue dans
le DROUAIS MAGAZINE: ======================================================================.
RUE GODEAU.
-La rue, qui en ligne droite relie la rue Parisis à la rue de Sénarmont, avant de s’appeler Godeau, était partagée en deux parties: La première - de la rue Parisis à l’intersection de la rue d’Orléans, s’appelait rue «du Puys de la Chaisne» (un puits se trouvait au milieu de cette rue barrée la nuit par une chaîne). La destruction d’une maison a dégagé récemment entre les rues Godeau et Leveillard une «Placette Godeau».
-L'autre partie, de la rue Godeau jusqu’à la rue de Sénarmont, s’appelait la rue Evêché en raison d’un immeuble possédé par l’évêque de Chartres
La rue d’Orléans qui rejoint la place Rotrou tient son nom de la dynastie du roi Louis Philippe en 1830.-L ancienne partie de cette rue, menant au square de la République par une passerelle sur la Blaise, porte le nom de Charles Maillier (1886-1970) qui fut avec Jean Lelievre un des historiens locaux, essentiels pour comprendre le passé de Dreux. (Je m’inspire beaucoup de leurs écrits, notamment «Les rues de Dreux» pour mes Durocasseries.)
-Les rues Puits de la Chaine et de
l’Evêché, en 1832, furent réunies pour devenir la rue Godeau. Les plaques de la rue
Godeau, aux confins des rues Parisis et Sénarmont, portent la mention «Antoine Godeau (1605-1672) Cofondateur de l’Académie Française –Evêque de Grasse et de Vence». Curieusement, la plaque qui
se trouve à l’embranchement des rues d’Orléans et Charles Maillier annonce «Antoine Godeau-académicien-1629-1672».
-Antoine Godeau né à Dreux en 1605 fut jusqu’à trente ans un poète de salon en cour auprès de Louis XIII. Il participa sous la protection de Richelieu à la création de l’Académie Française en 1634, (et non en 1629). En 1636, ordonné prêtre, Richelieu lui octroie l'évêché de Grasse en 1637 puis l’évêché de Vence en 1639 où il y mourut en 1672. Devenu très pieux, il écrivit de nombreux ouvrages religieux, dont une volumineuse Histoire de l’Eglise.
-Au numéro 16
de la rue Godeau, une plaque rappelle le voyage à Dreux de Victor Hugo pour y retrouver son amoureuse Adèle Foucher, éloignée
de Paris par sa famille, des assiduités d’un jeune poète sans le sou. Il fut reçu dans cette maison par Mme LE BRUN, tante d’un de ses amis parisiens. Cette inscription comporte une erreur.
Effectivement Victor Hugo vint à Dreux les 19 et 20 juillet 1821 et non le 30. Victor retrouva finalement son Adèle, non loin, au 24 de la rue d’Orléans, convainquit ses parents et l’épousa six
mois plus tard.
-A l’angle de la rue
Lamésange, une étude de notaire a remplacé l’agence de la Banque Hiaux. Cette rue s’appelait Bordelet car elle abritait au Moyen Age un
établissement de rencontres galantes. Le conseil municipal en 1906 par soucis de morale donna à cette
rue le nom de Lamésange, maire de Dreux de 1852 à
1859.
-L’hôtel Montulé, bel exemple d’architecture du début de l’époque Louis XIII fut très probablement construit par un membre de la grande famille des Métézeau. Il prit le nom d’un de ses propriétaires. Prison sous la révolution, puis foyer de jeunes travailleurs (foyer St Jean) de 1957 à 1997, ce superbe bâtiment racheté par la ville et restauré accueille actuellement une maison des Arts, expositions et ateliers d’Artistes.
-L’école primaire Godeau a été édifiée en 1883, destinée alors aux seuls Garçons. Les Filles étudiaient à l’école St Martin.
Articles de l'Action Républicaine de 1983 pour le centenaire de l'école Godeau. On y voit mon père (élève de 1914 à 1919) et sa petite fille de 7 ans.
-Instituteurs de l'Ecole Godeau vers 1957.
Dans quinze jours: la vie d’Antoine Godeau.
A bientôt, si Dreux le veut bien.