Martin Pierre d’ALVIMARE harpiste de l’Impératrice.
Après Louis Guillaume LEVEILLARD qui perdit sa tête à la Révolution, un autre Drouais qui, lui, réussit à échapper à la guillotine ;
-Martin Pierre d’ALVIMARE né à Dreux le 18
septembre 1772 de père receveur des Gabelles, se passionna très tôt pour la musique et la peinture. Il devint un enfant prodige jouant du clavecin, de la harpe. Il se produisit à 7ans et demi
devant la reine Marie Antoinette. A seize ans, ne voulant pas reprendre la charge de son père, il entra comme sous-lieutenant de la maison militaire du Comte d’Artois, frère de Louis XVI et futur
Charles X. Introduit à la cour de Versailles, il put montrer ses dons de harpiste et de compositeur. Le Comte d’Artois émigrant dès le 16 Juillet 1789, il fut muté comme officier de la Garde de
Louis XVI.
-Le 10 Aout 1792, il échappa par miracle à la tuerie des tuileries qui fit près de 1000 morts et consacra la chute de la monarchie. Un concierge ami le fit passer pour son fils malade, caché au fond d’un lit. Moins chanceux, parce qu’il s’opposa à cette tuerie, Louis Guillaume Leveillard, né à Dreux et maire de Passy fut guillotiné en juin 1794.
-Martin Pierre abandonna son titre de Marquis, ne joua plus de harpe en public et ne retourna pas à Dreux, trop connu dans sa ville natale. Sous le nom de Dalvimare, il survécut en peignant des miniatures et des motifs pour une fabrique de mouchoirs en coton imprimé.
-Après la Révolution, en 1797, son nom retrouva sa particule, il reprit ses activités musicales avec beaucoup de succès. En 1800, il est nommé harpiste à l’opéra de Paris. Sa famille ayant fréquenté avant la Révolution le Vicomte de Beauharnais, Joséphine devenue impératrice se souvint du jeune harpiste prodige. Elle l’engagea comme son maître de harpe et de sa fille Hortense à La Malmaison. Martin Pierre devint musicien de l’Orchestre de chambre privé de Napoléon Ier.
-En 1812 Martin Pierre, peut-être à cause du changement d’Impératrice et moins en cour, démissionna de toutes ses places. Ayant recouvré ses biens saisis à la Révolution et amassé une fortune confortable, il se retira à Dreux. En 1800, il avait épousé Anne Louis Didelot qui décéda en 1804. De son second mariage avec Alexandrine de Feuquières en 1812, il eut un fils Charles, né à Dreux en 1818. Il continua de composer et de peindre. Il devint Colonel de la garde nationale de Dreux. En 1838, malade il retourna à Paris pour y mourir le 13 Juin 1839.
-Martin
Pierre D’Alvimare laisse une production musicale importante: des sonates, des duos et des romances chantées accompagnées à la harpe. On peut écouter certaines de ses œuvres en C.D dans des
évocations collectives de musiques pour harpe ou représentatives du premier Empire. Il a laissé aussi de nombreux dessins et peintures sur la vie quotidienne à Dreux du début XIX° siècle que l’on
peut admirer dans les deux musées de Dreux et en reproduction dans des ouvrages d’histoire locale drouaise.
-Vers 1920 des descendants d’Alvimare de Feuquières habitaient encore Dreux, Rue St Jean.
Aujourd’hui, le Chœur Mixte du Conservatoire de Dreux ainsi qu’une rue aux Fenots portent le nom de d’Alvimare; Mais la mémoire de ce musicien très célèbre de son temps est éclipsée par celle de son contemporain Philidor, compositeur drouais et joueur d’échecs.
Deux exemples de gravures d'aprés un lavis et un dessin de Martin Pierre d'Alvimare.
-Eglise St Pierre et Arcades de la Maison des Aydes.
-L'abreuvoir de la place Louis-Philippe au début du XIX°siècle.
Dans quinze jours: Les frères Doguereau.
A bientôt, si Dreux le veut bien .
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Dreux n'a pas voulu, car cette Durocasserie est la dernière écrite et remise au journal gratuit "DROUAIS MAGAZINE". Hélas, le Tribunal de Commerce de Chartres en a décidé autrement en statuant la liquidation judiciaire du DROUAIS MAGAZINE le 12 Juillet dernier.
Cette durocasserie n'a donc pas été publiée sur papier.....
Je continuerai cependant à sortir deux fois par mois une nouvelle "Durocasserie" consacrée à l'Histore de Dreux. Mais peut-être dans un format et une approches différents.
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