Mardi dernier je consacrai ma note au transfert du gisant de la Duchesse d'Alençon des caves de la
Chapelle Royale au musée Marcel Dessal de Dreux. (Re)voir la
note : Le gisant de la duchesse d'Alençon : Des caves de la chapelle au musée.
Aujourd'hui voyons plus en détail la vie de la Duchesse d'Alençon, mais aussi celle du sculpteur du gisant, Louis Ernest
Barrias :
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Sophie
Charlotte Auguste de Wittelsbach, duchesse en Bavière puis, par son mariage, duchesse d'Alençon, est née le 23 février 1847
à Munich (Bavière). La princesse est la plus jeune sœur de l'impératrice d'Autriche (plus connue sous le diminutif
"Sissi") et de la reine Marie des Deux-Siciles. Ses tantes maternelles ayant épousé des souverains Allemands (Autriche, Prusse, Saxe), Sophie-Charlotte est cousine avec toutes les têtes
couronnées d'Europe.
Sophie Charlotte est la sœur préférée de Elisabeth dite "Sissi", son aînée de 9 ans qui a épousé en
1854 l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier. Musicienne dotée d'une jolie voix, éprise d'absolu et admirant la musique
de Richard Wagner, elle refuse d'abord tous les partis qui se présentent à elle, au grand dam de sa mère qui souhaite de brillantes unions pour ses filles. Néanmoins, le 22 janvier 1867, sont
proclamées les fiançailles
officielles de Sophie-Charlotte avec son cousin, le roi louis II de
bavière.
Cependant, Louis II, qui est homosexuel, conçoit difficilement une vie conjugale avec une
femme. N'osant s'engager, il repousse plusieurs fois la date du mariage tandis que, de son côté, Sophie, s'écrie au sein du cercle familial "Ne voyez vous pas qu'il ne m'aime pas".. En octobre
1867, profitant de l'injonction du duc Max d'épouser sa fille, Louis II de Bavière rompt ses fiançailles avec Sophie-Charlotte.
Le
28 septembre 1868, la duchesse Sophie-Charlotte épouse à Possenhofen, résidence des ducs en Bavière, le prince Ferdinand d'Orléans (1844-1910), duc
d'Alençon, fils cadet du duc de Nemours (1814-1896), Le duc d'Alençon est un petit-fils du roi des Français Louis-Philippe Ier.. Sa mère était une cousine germaine de la reine Victoria Ire
du Royaume-Uni et une nièce du roi des Belges Léopold Ier. .Après le mariage, deux enfants naissent assez
rapidement.
Vivant en exil, comme tous les membres de sa famille, le duc d'Alençon est un jeune homme pieux et
discret, qui partage sa vie entre l'Angleterre et l'Autriche. En 1873, les Orléans ayant reçu l'autorisation de rentrer en France, le couple
s'installe à Vincennes, et Ferdinand retrouve son rang d'officier dans l'armée française.
À partir de 1876, la princesse devient membre du tiers-ordre dominicain de la rue du Faubourg-Saint-Honoré (Paris VIII), tandis que son
mari entre dans le tiers-ordre franciscain.
En 1886, l'ex-fiancé de Sophie-Charlotte, le roi Louis II de Bavière, est retrouvé noyé dans des
conditions mystérieuses dans le lac de Starnberg.Le destin tragique de son ex-fiancé ne peut manquer d'ébranler la
duchesse d'Alençon. Sophie, pourtant quadragénaire et tertiaire dominicaine, noue une relation adultérine passionnée avec un médecin marié et père de famille On prétend même qu'un enfant serait
né de cette relation. Sophie-Charlotte, condamnée par les siens, y compris sa sœur Sissi, est placée par son mari dans le Sanatorium de Krafft-Ebing, établissement huppé situé à Mariagrün près de
Graz en Autriche.
D'autres drames secouent encore la famille de la princesse : son beau-frère, époux de sa sœur Mathilde, Louis de Bourbon-Sicile se
suicide et son neveu, l'archiduc Rodolphe, fils d'Elisabeth et héritier du trône austro-hongrois, est retrouvé mort à Mayerling.
Après son séjour à l'hôpital, Sophie-Charlotte renoue avec son mari et ses enfants. Elle trouve désormais la paix dans une foi profonde
et s'occupe activement - mais avec tact - d'œuvres charitables.
Le 4
mai 1897, Sophie-Charlotte périt brûlée vive dans l’incendie du Bazar de la Charité des Dominicains, à Paris. Offrant l'exemple d'une mort véritablement chrétienne, elle sacrifie sa vie
pour épargner celles des dames et des jeunes filles qui la secondaient à son stand.
En apprenant la tragédie, le duc d'Aumale, son oncle bien-aimé, est foudroyé par une crise cardiaque et sa sœur, l'impératrice
d'Autriche, prédit : « nous mourons tous de mort violente ». Elle est assassinée à Genève l'année suivante par un anarchiste ...
Le corps de la duchesse d'Alençon repose dans la chapelle royale de Dreux. Celui de son mari l'y rejoint en 1910.
On commande au sculpteur Barrias le tombeau de la Duchesse d'Alencon dont il connaissait bien le visage pour avoir sculpté son buste quelques années
auparavant.
Buste de la Duchesse d'Alençon par Barrias
La statue de Barrias est trés réaliste montrant la duchesse en agonie, brûlée vive.
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Louis-Ernest Barrias, est un sculpteur français du XIXe siècle, né à Paris le 13 avril 1841 et décédé à Paris le 4 février 1905.Il est issu d'une famille d'artistes, son père était peintre sur porcelaine et son frère aîné, Félix-Joseph Barrias, sera un peintre académique reconnu. Le
jeune Louis-Ernest s'oriente vers des études artistiques. Entré à l'École des beaux-arts de Paris en 1858, il délaisse la peinture pour s'orienter vers la sculpture sous la direction de François
Jouffroy. À 23 ans, il obtient le Prix de Rome et est engagé sur le chantier de l'Opéra de Paris. Il produira par la suite de nombreuses œuvres sculptées, la plupart en marbre.
La
majeure partie de son œuvre peut être vue à Paris, en statuaire publique, au Musée d'Orsay ou au cimetière du Père-Lachaise.
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Le gisant de la Duchesse
d'Alençon par Barrias est dorénavant visible dans le Musée Marcel Dessal de la Ville de Dreux.