Maurice Viollette Maire de Dreux.
-Neuf heures et demie : Le cortége se rend sous la pluie au nouvel hôpital rue st Denis qui remplace dorénavant l’ancien hôtel dieu de la grande Rue. L’inauguration , la visite sont effectuées au pas de course.
Un enfant de six ans regarde, les yeux écarquillés, le passage des autorités…
Mais son grand père Victor Théophile est chagrin. .
Une partie de son Jardin a été exproprié pour la construction de la morgue de l’hôpital.
Oui, cela aurait pu être la maternité, mais non, c’est bien cette antichambre du cimetière qui s’est construite au fond de la petite impasse Marteau autrefois si paisible.
Tous les convois mortuaires passeront désormais au raz des fenêtres de la petite maisonnette de Victor Théophile.
Cela sera gai, il faudra s’y faire.
Ces corbillards branque ballants traînés par des chevaux poussifs et suivis par tous ces hommes et femmes en noir, hoquetant de chagrin…
Et à cette époque on mourrait pas mal à l’hôpital
Photo aérienne de l'Hopital avant sa destruction en 1970.
A droite des batiments on aperçoit la morgue la laverie et l'impasse Marteau.
-Dix heures et demie : Le cortège remonte la route de Chartres pour voir un groupe de huit maisons ouvrières
bâties par la Caisse d’épargne de la ville et réservées aux familles nombreuses.
Les huit nouvelles maisons ouvrières occupées par seize ménages abritent une centaine d’enfants (Oups!).
-Onze heures et demie :Visite du concours agricole dans lequel un stand provoque la curiosité des Drouais en leur ventant les charmes de la « Fée électricité » Présentation des fonctionnaires de l’arrondissement au Président de la république dans une salle des fêtes encore neuve (inaugurée en 1910)
-Midi : Place Mésirard, sous une tente qui menace de s’envoler à tout moment sous de fortes rafales de vent a lieu banquet de 1200 convives.
Bien sùr le repas n’a lieu qu’après de longs et nombreux discours.
-Treize heures trente : Départ du Président et sa suite à la gare pour Chartres.
-Quelle (demi) journée! :Le petit garçon de 6 ans retiendra surtout de cette journée un fait grave pour l’époque :Une journée sans pain.
En effet, passionné par la visite de Poincaré, personne dans la famille n’a songé à aller acheter du pain.D’ailleurs vu l’affluence dans Dreux, les boulangeries se trouvaient dévalisées.A l’époque où l’on mangeait un kilo de pain par jour et par personne, Un repas sans pain était inimaginable….
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POST SCRIPTUM :
-Le petit garçon deviendra 33 ans plus tard mon père..
-Peu de bidasses du 101° régiment de ligne qui présentaient les armes au Président de la République survivront à la boucherie 14/18. (Les Rues Du Bois Sabot, des Eparges, d' Ethes Virton et du bois des fosses gardent les noms des terribles combats qui décimèrent ce valeureux régiment)..
-Raymond Poincaré devra, en tant que Président de la République gérer toute la période de la "grande" guerre..
-L’hôpital fonctionnera jusqu’en 1973 avant d’être détruit et transférer route de Nogent après la vallée Tranchot. .
-Paul Deschanel deviendra en 1920 un éphémère Président de la République. (Vous savez bien celui qui tombera d’un train en pyjama).
-Maurice Viollette sera Maire de Dreux jusqu'en 1959.
-Les huit maisons « Ouvrières » sont toujours là, rue Ferdinand Gâtineau, rénovées et proprettes. A mon avis elle accueillent maintenant beaucoup moins d’une centaine d’enfants..
-La fée électricité a fait des miracles à Dreux. L’installation du réseau se fera progressivement dés 1913. La maison de mon grand Pére ne sera éclairée à l'électricité qu'en 1920.
Seul le bâtiment de l'accueil et des consultations
de l'hôpital de 1913 a été conservé. Il abrite actuellement la communeauté d'agglomération du Drouais. .
L'impasse Marteau
A gauche l'ancienne mison de mon arrière grand-père)/http%3A%2F%2Flesdurocasseriesdepierlouim.blog50.com%2Fimages%2Fthumb_hopital_impasse_marterau_IMG_8181.2.JPG)
a retrouvé son calme.Elle conduit par l'arrière à la maison de repos"Le clos du Roy" (construite en 1990)
dont l'entrée se trouve Bd L. Terrier.