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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 07:00

Jusqu'à lundi dernier à la chapelle de l'Hôtel Dieu de Dreux on pouvait admirer une expo rigolotte élaborée dans le cadre du 4e centenaire de la naissance de Jean de Rotrou.
Les élèves de la section arts plastiques du Lycée Saint Pierre Saint Paul sous la direction du professeur d'arts plastiques OLibier Bernacchis ont crée une série d'oeuvres d'arts sur le thème de cette figure emblématique drouaise....
SI vous n'avez pas pu voir cette exposition
Quelques exemples...


C'est vrai que Rotrou actuellement se survirait d'un ordinateur...


Rotrou super héro ou rasta, pourquoi pas ?.



Portraits 2009 de Jean de Rotrou.


Les jeunes se prennent pour Rotrou...


Je regrette que les jeunes gens n'aient vu en Jean de Rotrou qu 'un jeune barbu moustachu à longue chevelure et col de dentelle.
Point de référence à l'oeuvre ni à l' époque de Rotrou, ses contemporains Richelieu, corneille, Molière....
S'ils avaient fait une expo sur Molière les élèves auraient pastiché Arpagon, Tartuffe, le Bourgeois genthilhomme, les femmes savantes etc.....
Point donc de Saint Genest, le comédien de la Rome antique persécuté comme chrétien , pas de Vencesclas roi de Pologne ,  ni du roi amnésique de la bague de l'oubli. ni des sosies ni du mort amoureux.etc..

Bon ce n'est pas grave, ces élèves ont fait preuve d'imagination graphique, c'était le but de l'opération et non celui de faire aimer les alexandrins de l'ancêtre drouais, aux surfeurs internetiens du 21°eme siècle....

Un catalogue de l'exposition "Moi, Jean Rotrou", aux arts lycéens  est en cours d'édition, à suivre.....

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 07:00

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AN PAR AN,
               Chronique d'une jeunesse drouaise
.

J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année.
La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :
de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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 1 9 5 0  

 

 

30 Janvier. Mes premiers vrais souvenirs ; Tristes. Mais je ne m’en rends pas compte. :

 

-Je me vois dans la chambre sur le jardin, celle qui sera la mienne plus tard. Maman me tient la main et pleure en silence. Ma grand-mère est allongée sur le lit, mains jointes sur la poitrine,  une robe grise à carreaux bleus. Elle ne bouge pas, elle a les yeux fermés, la bouche entre ouverte.
 

-Puis, un jour ou deux après,  au fond de mon petit lit en fer, dans la salle à manger. Je suis malade, la varicelle je crois, j’ai des boutons partout qui grattent …Les volets sont à demi clos. Il règne dans la pièce une pénombre  reposante. Et pourtant, dans le couloir règne une grande fébrilité. Je vois par la porte vitrée papa habillé de son costume noir des grands jours. Il porte des fleurs. Du bruit, des pas, des mots à voix basse, des piétinements. Une grande agitation que j’entends sans  voir.

-Un visage féminin se baisse vers moi .en souriant. Une voilette de dentelles noires, des lunettes rondes qui reflètent la lumière vacillante de la petite lampe du plafond. C’est ma tante Cécelle, la sœur de Maman qui vient m’embrasser au fond de mon lit. 

-A nouveau le silence… les volets sont ouverts. La lumière du jour, timide en cette journée d’hiver emplit la pièce.

A coté de moi, assise, une silhouette. C’est Germaine, voisine et meilleure amie de maman qui me garde…A ses pieds, son petit garçon Claude, 2ans et demi, mon cadet d’un an, jour pour jour, joue avec mes jouets sans faire de bruits. La maladie me rendant fiévreux, je m’endors…. 

Je suis seul maintenant avec mes parents. Maman se pose une grave question :
 « qui va garder Titi ? »

 

Je vais maintenant à l’école maternelle Jules Ferry dans la même rue, à deux cent cinquante mètres de la maison. Mais le soir, après l’école, pendant les vacances, qui va prendre soin de moi ? Ma grand-mère n’est plus là. Et maman, contrairement à toutes ses voisines,  travaille. C’est un problème qui va se poser pendant toute mon enfance. .C’est le début pour moi de nombreux séjours chez moult personnes, des expériences souvent éphémères et éprouvantes.

Les  dames qui me gardent tour à tour  me trouvent vite  trop turbulent ou perturbant pour leurs propres enfants, qui eux sont chez eux,  ou prétextant l’arrivée d’un autre enfant etc. etc. Bref, tous les motifs semblent bons pour annoncer à ma Maman  qu’on ne peut plus me garder. Je n’ai jamais eu le temps de m’habituer à une nounou.

J’ai ainsi fait le tour de toutes les mères au foyer et même des  grands parents du quartier des Rochelles…Mais ma maman est assez exigeante et a le don de se fâcher avec tout le monde…

C’est quand même chez Germaine, l’amie de maman, avec son fils, mon copain Claude que je suis resté le plus souvent et le plus longtemps.

Très vite, dans deux ou trois ans, je prendrai l’habitude de rester seul à la maison. Ce qui, enfant unique, accompagnée par la lecture, la radio, le dessin cette solitude me donnera le caractère d’un doux rêveur en apparence un peu en dehors du monde. Mais en réalité  avec un goût prononcé pour l’observation de tout ce qui l’entoure et entre- autres ses contemporains…..

Mais pour l’instant je vais à l’école maternelle, ce sont mes vrais premiers contacts avec d’autre enfants, ce qui n’est pas toujours facile pour moi…mais cela me plait. Je gribouille, je colle, je découpe, je tourne les pages… .

La libéralisation de la femme est encore loin…Une femme qui travaille, même dans un milieu ouvrier comme le nôtre c’est une rareté, presque une anomalie…et en plus, maman fait figure d’intellectuelle.

Elle a été « aux écoles » jusqu’au brevet. A l’école de jeune fille dite « pratique »,(à cette époque, vers 1920, peu de filles atteignaient ce niveau d’étude, peut-être 10% à peine).…Mais ce sacré examen du brevet elle l’a raté, faute, selon elle, à sa mauvaise réponse en histoire concernant les coalitions contre Napoléon.  Depuis cet échec, elle garde une haine rentrée à l’encontre de l’empereur corse.

Elle ne travaille pas à l’usine, mais, après avoir été employée de banque ; elle est maintenant dactylo, secrétaire, comptable d’une grande quincaillerie drouaise.

Mon père, qui n’a pu continuer ses études, devenu orphelin de guerre 14/18, obligé de travailler comme apprenti menuisier lui voue une grande admiration.

« Elle a une belle écriture » dit-il. Pour lui, avoir une belle écriture c’est un gage d’intelligence et de grande culture.

Moi, qui plus tard aurai une écriture de cochon mes capacités intellectuelles lui seront toujours suspectes. (Heureusement que le clavier me permettra dans longtemps de cacher mes pattes de mouche..)  

Maman depuis le début d’année, est habillée tout en noir, Papa porte un brassard noir sur le haut du bras droit. La maison est triste….  

1950 est pour nous une année noire comme on en connaît peu dans sa vie.

Le fils aîné de la tante Marie et de l’oncle Louis, le « petit Joseph » est mort de maladie à tout juste trente ans.

Lors de son enterrement, un touchant hommage sera fait à ce militant des jeunesses chrétiennes. Ce discours dont je conserverai bien plus tard la trace, écrite dans la presse locale, est prononcé par un jeune homme qui aura un brillant avenir. Ancien apprenti dans l’atelier où travaillait mon papa ce jeune chrétien deviendra dans les années 1970 maire de Dreux et sénateur (dont un temps doyen du Sénat )….

L’année finit mal, comme elle a commencé.


La nuit de Noël, le brave curé d’Abondant,
celui qui m’a baptisé il y a moins de trois ans, est mort noyé.

Après la messe de minuit le prêtre s’est isolé dans la sacristie. A l’aube, on a retrouvé son corps flottant dans la mare située juste derrière l’église. Peu profonde, la mare, comme toute mare, sert avant tout d’abreuvoir aux troupeaux, de vaches principalement et quelques chevaux, des fermes avoisinantes. Ses abords herbus descendent en pentes douces vers l’eau stagnante et  verdoyante de lentilles d’eau. Cette mare, la principale et plus grande du pays se trouve derrière l église à 10 mètres environ des murs et de la petite porte donnant à la sacristie… Le curé bien sûr connaissait parfaitement bien l’emplacement de cette mare.

L’enquête des gendarmes a conclu à un accident, dû probablement  à la nuit (l’éclairage public est encore inexistant dans ces petits villages), au brouillard et au froid. Une fine couche de glace, bien trop fine pour supporter le poids d’un homme, recouvre la mare….La noyade a peut être aussi été due à un malaise. 

Maman n’a jamais compris pourquoi ce vieux curé, un soir aussi exceptionnel s’est retrouvé tout seul et non accompagné pour rentrer en pleine nuit, dans le froid, au presbytère. Surtout  que la maison se trouve de l’autre coté, sur la place devant l’église. Il lui suffisait de contourner la nef en longeant le mur plutôt que de marcher tout droit vers la mare…Il ne manquait pas de paroissiens pour l’aider à rentrer chez lui, notamment, selon Maman., les trois cousins……Ce drame a frappé les esprits pour longtemps en laissant planer un soupçon de mystère.


Bon laissons cette année 1950, Elle ne fut pas gaie pour notre famille  Et pourtant  tout va mieux en France : l’ombre de la  guerre s’efface petit à petit dans le paysage. Les tickets de rationnement n’ont plus cours. La France se relève, la reconstruction marche à plein,  le niveau de vie augmente,  les trente glorieuses avancent à pleine vitesse…Je perçois les années à  venir comme des années pleines de promesses.


A SUIVRE : Jeudi prochain : 1951.

Si vous voulez lire ou relire les chapitres précédents, cliquez sur :
-1946 :LE FEUILLETON : "AN PAR AN" Chronique d'une vie drouaise. 1946
-1947 :LE FEUILLETON : "AN PAR AN" Chronique d'une vie drouaise. 1947

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 07:00
DREUX : Mercredi dernier, brillante exhibition de
"FUTSAL" ou football en salle.


Le FC DROUAIS recevait l'équipe de ALL STAR.

Les Drouais (en bleu) ont trés vite pris le plis devant ces farceurs , les All Stars (en rouge) et n'ont pas démérité :
Les DROUAIS n'ont perdu que par 6 à5 aprés les quatre quarts temps de 12 minutes. 

Ambiance photos. 





Le match de FUTSAL FC DROUAIS/HALL STAR.: SEAN et sers facéties.


Exhibition de SEAN, champion du monde de Freestyle.

Ce que j'ai vu mercredi soir m'a fait irrésistiblement penser aux Harlem globe trotters. 

Et pour tout savoir sur FUT'S ALL STAR, voir leur site : 

http://www.futsallstar.fr/index.html

 
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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 07:00

medium_1-durocasseries_pierlouim.4.jpgCette semaine paraît dans le 
"DROUAIS MAGAZINE"'
une vingtième Durocasserie : 

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La ville de DREUX pendant plus de vingt siècles a vu son histoire évoluer au même rythme que l’Histoire de FRANCE. A chaque étape marquante de l’histoire nationale correspond un fait analogue à Dreux. Quatre Durocasseries vont à peine suffire pour survoler deux mille ans d’histoire.
Deuxième capitre :


2- DE LA RENAISSANCE A LA FRONDE
.

 

-En FRANCE, les châteaux de la Loire, à DREUX, le Beffroi.

Après la guerre de cent ans, la FRANCE et DREUX connaissent quelques décennies de sérénité. Louis XII et François Ier rapportent de leurs guerres en Italie des concepts nouveaux, formant ce que l’on va appeler la «Renaissance». Les châteaux forteresses  font place aux châteaux de plaisance au bord de la Loire. Dreux, ville affranchie construisit de 1512 à 1537 son beffroi, oeuvre de Jehan des Moulins et Clément Métezeau. Ces architectes vont aussi reconstruire l’église St Pierre dévastée lors du siége par les Anglais en 1421. L’élévation de deux tours de 36 mètres était prévue, mais les travaux de la deuxième tour vont s’interrompre au niveau du premier étage à cause des troubles des guerres de Religion.


-Les guerres de religion en FRANCE, la bataille à DREUX.

Le 19 décembre 1562. L’armée protestante venant de Chartres et se dirigeant vers Rouen est stoppée au sud de Dreux par l’armée catholique. Première bataille rangée et la plus sanglante des guerres de religion. Si l’armée de Condé et Coligny l’avait remportée, la France serait probablement protestante aujourd’hui.


-HENRY IV : PARIS vaut bien une messe, DREUX vaut bien deux sièges. :

Après l’assassinat d’Henry III en 1589, Henry IV, roi Bourbon protestant se heurte à la résistance de la Ligue catholique. Dreux qui est sympathisante du Duc de Guise, subit deux sièges (1590 et 1593) du roi de Navarre, entraînant destruction et pillage de la ville. Henri IV abjura la religion protestante peu de temps après pour être couronné roi de France à Chartres et entrer dans Paris.


-RICHELIEU entouré de talentueux Drouais.


-Clément II METEZEAU. Petit fils du constructeur du beffroi, il construisit entre autres places, hôtels et châteaux de style LOUIS XIII, la digue qui permit à RICHELIEU d’empêcher la flotte anglaise d’entrer dans La Rochelle, port protestant.  

-Antoine GODEAU. Ecrivain, auteur de nombreux textes dont une «histoire de l’église»,il fréquentait les salons de Mme de SCUDERY et de l’Hôtel de Rambouillet. Il devint l’un des premiers membres de l’Académie Françaises crée par RICHELIEU qui le nomma évêque de Grasse puis de Vence.

-Jean ROTROU fut l’un des poètes avec CORNEILLE qui avaient le devoir de mettre en forme les idées dramatiques de RICHELIEU. Cela dura peu et ROTROU eut la destinée que le 4ème centenaire de sa naissance rappelle en ce moment à DREUX.


-Les troubles de la «FRONDE» n’ont pas épargné DREUX.
Par ses désordres et mouvements de troupes, cette révolte des «Grands» du royaume et du Parlement de Paris entraîna de forts dégâts à Dreux et sa région. Sans compter des épidémies de peste, dont l’une en 1650 fit périr le courageux ROTROU.

DREUX comme la France mis longtemps à effacer les plaies laissées par les périodes désastreuses des guerres de religion, des sièges d’Henry IV et de la Fronde.

Dans quinze jours, nous verrons la troisième partie de «Dreux, miroir de l’histoire de France». Retrouvez les «Durocasseries» sur mon nouveau blog:http://dreux-par-pierlouim.over-blog.com/
A bientôt, si Dreux le veut bien.Pierlouim 

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 07:00
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                      Chronique d'une jeunesse drouaise
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J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année.
La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :
de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..
et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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1 9 4 9.


Ca y est j'ai quitté le petit appartement. J’habite maintenant la belle maison toute neuve  avec mon papa ma maman et ma mémé. Ca sent le plâtre humide et la peinture fraîche. Papa effectue les finitions en menuiserie. C’est son métier, et ne veut laisser à personne d’autre le soin d’installer les portes intérieures et les placards.
 

Pratiquement tous les beaux meubles de mes parents et grands parents ont été détruits lors du bombardement.  Deux meubles ont miraculeusement échappé au carnage : Le fauteuil dans lequel mon grand père malade se reposait avant de mourir en 1938. Ce fauteuil était à la cave, ma grand-mère s’y réfugiait pendant les bombardements .La petite table de nuit fabriquée par mon papa à la sortie de son apprentissage d’ébéniste a été protégée par la chute d’un matelas

Avec l’aide des bons du ministère de la reconstruction mes parents ont pu se racheter des meubles aux Galeries Barbés. Des meubles de faible qualité. Entre autre, une salle à manger d’un style bâtard, Henry II ou Henry III. Je ne sais pas de quel roi au juste. Une espèce de bahut  plein de colonnes et de dragons crachant le feu. Ces bestioles sculptées me font peur.

Bien sûr, papa regrette les meubles de familles anciens conçus et réalisés par la lignée des menuisiers ébénistes dont il fait partie. Mais ce mobilier de remplacement  sans âme fera quand même très bien l’affaire.

Maman n’a  pu récupérer qu’une toute petite partie de la vaisselle. Nous mangeons dans des assiettes dépareillées, provenant de plusieurs services de table : en rose, celles de ma grand-mère paternelle, en vert, celles de la maman de maman  et en bleu, celui du mariage de papa et maman. Et cela ne fait que quelques assiettes en tout.

Heureusement le bombardement n’a pas provoqué d’incendie. Cela a permis de sauver pratiquement dans leur intégralité les papiers, les documents et les photos de familles ainsi qu’un certain nombre de livres. Mis dans des caisses ils avaient été entreposés dans la petite partie encore debout de l’atelier.

Tous ces documents presque intacts et pour les plus anciens datant de 1850 me permettront dans un avenir fort lointain de décrire l’histoire de la famille.

 

L'année en cours ne me laissera qu'un seul souvenir. Mais il est de taille. Car  c’est le premier que je vais enregistrer dans ma mémoire pour les années à venir. En fait, juste une image, une impression, stoppée dans le temps : Je joue accroupi sur le parquet de la salle à manger. Au-dessus de moi, ma grand-mère, assise, regarde par la fenêtre. J’aperçois dans la pénombre en contre jour  son profil, son chignon  les mains jointes sur ses genoux et son dos voûté. Je ressens une grande distance entre l’attente calme et résignée de ma grand-mère et le bruit incessant des cubes de bois qui s’entrechoquent avec mes rires aigus….

 

Cette image représente le seul souvenir qui me restera de ma grand-mère en vie.

"Elle a eu une vie difficile " dit Maman.

Ouerre. Carte postale année 1900.
Maman a toujours certifié que les personnes photographiées représentaient
les parents et une partie de la nombreuse fratrie de ma grand-mère.
medium_1949-ouerre_famille_vorimore..jpg

Ma grand-mère est née en 1881 dans une famille de paysans pauvres. Elle est la quatrième d’une longue lignée d’enfants. Vingt et un ont tété conçu. Dix sept ont vécu. Ses parents l’ont baptisé Armance, mais elle s’est toujours fait appeler Clémence. Deux beaux prénoms en vérité. Maman croit savoir que le prénom d’Armance avait été prévu pour une grande soeur décédée avant de naître. C’est pourquoi Armance avait préféré remplacer son prénom d’état civil par celui, très proche phonétiquement,  de Clémence ce pour avoir un prénom bien à elle. Elle avait déjà seize ans quand sa dernière petite soeur  est née. Comme je l’ai déjà dit, elle a toujours reproché à son papa d’avoir fait autant de bébés à sa maman.  

Après avoir aidé son papa à la ferme  et sa maman à torcher et s’occuper des petits frères et sœurs elle a été placée comme bonne à tout faire à Dreux. Sa patronne Mme Lemaire exerçait une profession rare pour cette époque. Elle était dentiste. Son mari était conducteur de locomotives à vapeur. Mais curieusement en cette fin de dix-neuvième siècle cette profession de mécanicien était bien plus prestigieuse et peut-être plus rémunératrice que celle de dentiste.

En tout cas le fils de Mme Lemaire, le jeune Gaston,  est en partie élevé par ma Grand-mère. Après des études aux U.S.A. vers 1910, il est devenu lui aussi dentiste et exerce actuellement à Dreux. C’est lui, qui dans quelques petites années, le premier, va me faire subir le pénible supplice de la roulette. Aïe Aïe, j’en frémis d’avance, moi qui n’ai pour l’instant que quelques minuscules dents de lait.


La vie d’une bonne à tout faire en 1900 est très pénible.
 

DREUX-Une carte ancienne (vers 1910) abimée représentant le carrefour St Denis. On y voit nettement l'inscription en grand "Dentiste". C'est la maison où opérait Mme Lemaire et ou travaillait ma grand mère. Un dentiste s'y tenait encore en 1970, sans bien sùr, cettre énorme inscription murale qui n'aurait plus cours actuellement.

medium_1949-Mme_Lemaire_dentiste2.jpg

-Pas de machine à laver. : Il faut faire bouillir l’eau dans une grande lessiveuse sur un petit poêle à bois à l’extérieur de la maison, dans la cour. Même par  grand froid il faut remuer le linge dans la lessiveuse avec un grand bâton. En poussant une lourde brouette il faut aller jusqu’au lavoir pour rincer le linge dans l’eau de la rivière. Toutes ces manipulations gercent les mains. Les gants de protection ne sont pas encore utilisés (d’ailleurs dans ma maison il n’y a pas non plus de machine à laver, mais il y une salle d’eau c'est-à-dire l’eau courante, ce qui est quand même un tout petit progrès) 

-Pas de chauffage central. Le chauffage de la maison se fait par de multiples poêles qu’il faut remplir de bois et charbon, allumer, surveiller et vider de leur cendres le lendemain matin alors que la maison est redevenue froide. (Ma maison même moderne, fonctionne encore cinquante ans après, de la même manière pour le chauffage. C’est pour cela que je dors dans la chambre de mes parents. La petite chambre qui m’est destinée est dépourvue de chauffage.)

-Pas d’électricité : l’éclairage se fait à l’aide de lampe à pétrole qu’il faut bien sûr remplir et nettoyer. Ce genre d’éclairage peut être dangereux et émet une odeur forte d’huile fossile.

Je ne suis pas sûr que madame Lemaire utilise l’électricité dans son métier de dentiste. Imaginons une fraise à main ou à pédale …ouille, ouille.

(Dans ma maison il y a la lumière électrique. Juché sur le lit de mes parents je joue avec la poire qui descend du plafond au bout d’un cordon torsadé et qui se balance dans tous les sens j’appuis sans arrêt c’est rigolos le plafonnier s’allume,  s’éteint… mais cela se termine  mal pour moi car je reçois une fessée  par maman pour avoir sauté sur son lit à pieds joints)

Autre utilisation de l’électricité c’est la radio. J’en serai un adepte fervent dans quelques années et pour toujours.

A bien y réfléchir, dans ce début des années cinquante, nous ne vivons guère mieux qu’à la belle époque, mais de grands changements sont en gestation et m’attendent pour mon avenir.

 

A SUIVRE : Jeudi prochain : 1950

Si vous voulez lire ou relire les chapitres précédents :
cliquez sur
:
-1946 :LE FEUILLETON : "AN PAR AN" Chronique d'une vie drouaise. 1946
-1947 :LE FEUILLETON : "AN PAR AN" Chronique d'une vie drouaise. 1947

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 07:30
DREUX-Samedi et dimanche derniers les Naturalies ont cette année encore eu beaucoup de succés malgré une météo incertaine...
Dans le cadre magnifique du parc de la Chapelle Royale.


Ambiances :

Je ne peux m'empêcher de faire une petite promenade "historique" atour des Naturalies, à l'intérieur de ce qui fut la place d'arme du château avec au milieu l'imposante tour de Danemarche détruite au cours du  siége d'Henri IV en 1593.

- La tour du "Télégraphe".(Chappe).


La bréche des remparts (vue de l'intérieur) :

Bon , je n'ai plus qu'a planter dans mon jardin les plantes trouvées aux Naturalies : begonias et le Rhyncospermum jasminoide (tout simplemement un jasmin) .
Remontes tes manches et mets tes bottes Pierlouim, le printemps jardinier t'appelle....

A l'année prochaine pour de nouvelles Naturalies.

Si vous voulez voir un superbe reportage photo sur les naturalies, faites un tour sur le blog de TRIZEK :

link
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 07:00
La nouvelle place Rotrou est arrivée .

-La place avant rénovation. La statue de Rotrou perdue dans les arbres.


-Janvier 2009- Aprés déboisage, terrassement autour de la statue.


-Février 2009.  Passage de la satue au Karcher.


-10 Avril 2009. Les descendants du poètes visitent la place rénovée.



-La statue toute proprette. Le nettoyage a fait ressortir sur le socle des traces de bronze. 

En effet jusqu'en 1941, La statue de Rotrou était en bronze.
Les Allemands lont fondue pour en faire des canons.
La statue de Rotrou est revenue peu de temps aprés transformée en pierre.

Mais je vous raconterai dans une prochaine "Durocasserie"
les aventures de la place et de la statue de Rotrou...
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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 07:30
DREUX : Actuellement à l'Hôtel MONTULE une trés belle exposition, la première organisée par "Terre d'Artistes".



Agé de 34 ans Adama GANDEMA Burkinabé, résident dans la ville jumelle de Dreux KOUDOUGOU est un talentueux sculpteur bronzier. Cela veut dire, que contrairement à beaucoup de sculpteurs qui s'en remettent à des fondeurs, Adama GANDEMA crée et fond lui-même ses bronzes.....Ceci de façon traditionnelle.
Ces 80 statuettes ont été fabriquées spécialement pour cette exposition et venues par avion
Adama GANDEMA est resté au Birkina Fasso mais sera présent à Dreux début Juillet pour animer deux stages de fonderie.
Quelques photos de l'expo :



A VOIR ABSOLUMENT A L'HOTEL MONTULE AVANT LE 30 AVRIL.
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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 08:27

Samedi prochain 18 Avril si vous n'avez rien à faire de 14h à 14h30, Branchez vous sur

"RADIO GRAND CIEL".
A DREUX féquence : 97.7.

Dans son émission "Histoire de la région drouaise" MAXANCE
 intérrogera PIERLOUIM" sur le thème
"Histoire de Dreux, miroir de l'histoire de FRANCE".

Soyez indulgents, c'est la première fois que je cause dans le poste.
Oubliez donc, bafouillis, répétitions, bruits incongrus contre le micro et blancs de silence...
Je ferai mieux (je l'espère) la prochaine fois, dans un mois.....

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 08:00

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                      Chronique d'une jeunesse drouaise
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J'ai fait le pari de raconter une vie, annèe par année.
La chronique d'une vie drouaise, ou plutôt d'une jeunesse drouaise :
de 1946 à 1967. Chaque semaine, une année.....
J'y raconte mon enfance à Dreux, mais je m'attache surtout à décrire tout ce que j'ai pu observer dans la vie drouaise de l'époque...
Les personnes, les lieux, l'histoire et les petites histoires drouaises, des portraits, des atmosphéres, des anecdotes. , bref, tout ce qui fait le sel d'une vie et fournit la mémoire en souvenirs de toutes sortes..et que peut être certains Drouais reconnaîtront..

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La maison petit à petit se reconstruit. Mes parents me font visiter le chantier, car maintenant je sais marcher.  

En 1944 les bombes américaines ont démoli en enfilade les trois maisons construites par mon grand père maternel. Curieusement, le chapelet de bombes lâché  par l’avion à haute altitude s’est égrené sur plus d’un kilomètre. Un projectile a créé un grand trou dans un petit champ appartenant au grand-père de papa, l’ancien soldat de 1870 mort en 1930..La famille était particulièrement visée ce jour-là.

Papa conserve dans une caisse des morceaux de la bombe qui a transformé la maison en un tas de gravats. Une grande partie de ces débris sont déblayés et transportés en décharge mais beaucoup resteront pour longtemps disséminés en tas dans le jardin.  

Les services de la reconstruction ont décidé de reconstruire les trois maisons non pas de façon individuelle, mais en accolant deux entre elles. La maison qui était celle de mon grand père et celle de mes parents seront réunies tout en étant sur deux terrains différents. La troisième maison restant individuelle. Mon papa s’est battu pour éviter cet accolement. Mais l’administration a répondu que cela pourrait se faire, mais seulement dans trois ou quatre ans.

Mon papa étant pressé de voir reconstruire sa maison, accepte. 

C’est donc deux maisons jointes qui s’élèvent petit à petit sur les ruines ensevelies.

Papa s’apercevra plus tard, que la jeune dame qui sera  logée dans la maison jumelée à la sienne est la fille de l’architecte qui a conçu les trois maisons. De plus son mari est le métreur qui a supervisé le chantier. Curieux non ?...

 

La France est bénéficiaire du Plan Marshall. Les Américains après les avoir bombardés et libérés donnent aux français de l’argent pour réparer les dégâts qu’ils ont causés. 

Il faut bien avouer qu’ils ont bombardé un peu n’importe comment, sans chercher à éviter les maisons civiles  Les bombardiers américains, ces avions à deux queues volaient très haut au dessus de leur cible, au moins mille mètres.  

Ils n’ont jamais réussi à démolir le viaduc de Chérisy qui permet à la voie de chemin de fer, Paris Granville ; d’enjamber la rivière, l’Eure. Il a fallu que la résistance s’en mêle. Monsieur Dablin alias « Mathurin « un professeur de gymnastique que je connaîtrai plus tard ; a fait sauter le pont avec plusieurs partisans. Les renforts allemands ne pouvaient donc  plus atteindre par fer le front de Normandie. 

Les Anglais, eux, connaissant par expérience les conséquences désastreuses chez les civils des bombardements aériens, volaient beaucoup plus bas, ratant rarement leur cible mais étant plus vulnérables face à la « flack », la  DCA  allemande.

A l’entrée d’Abondant, au hameau de Brissard se tenait une batterie anti-aérienne dont le servant était un  tireur d’élite qui a détruit plus d’un avion allié. Le 11 Juin, il a descendu un avion américain qui est tombé dans la forêt, peut-être celui qui a bombardé la maison de papa. L’équipage au complet est enterré dans le cimetière de Dreux.

 Presque tous les cimetières de la région ont recueilli la dépouille d’aviateurs, américains et surtout anglais. De très jeunes hommes, 19-20 ans…sous le gazon sur lequel sont dressées des stèles de pierre blanche...Des allemands aussi sont enterrés  sous des croix de bois noir…


Après nous avoir libéré, les américains au lieu de retourner chez eux, s’installent. Ils construisent une « cité » sur le plateau nord. Une centaine de maisons sans étage, ressemblant à des longères de chez nous, mais plus légères et plus bariolées….

De gros bus rouges ou jaunes à face de bouledogue font la navette entre cette cité et la base aérienne de Crusey située  à  quinze kilomètres de Dreux, un camp d’aviation construit puis abandonné par les allemands. Les avions de la base  dont ces fameux « deux queues » survolent fréquemment la région. Mais cette fois ci, en rase motte et sans lâcher de bombes. Leur bruit de bourdon sourd et poussif m’empêche souvent de faire la sieste…

Beaucoup de français travaillent pour les américains et plus d’un est habillé par des surplus de l’armée : treillis, rangers, veste, casquettes…Beaucoup de matériels déclassés circulent : Jeep,  motos  etc.

Le mode de vie des américains commence peu à peu à influencer les habitudes des français…Ces Français dont beaucoup vivent encore dans des conditions moyenâgeuses. Les destructions et privations de la guerre n’ont bien sûr rien arrangé. De nombreux logements sont démunis d’eau courante, de salle d’eau et de WC, voire d’électricité.. Mais la maison qui se construit pour moi et mes parents aura tout cela.  


Papa, malgré  le chagrin
dû à la perte de la maison construite de ses propres mains, constate avec plaisir que la nouvelle est de meilleure qualité. En effet, les moellons fabriqués artisanalement avec du mâchefer sont remplacés par des pierres du pays ce qui rend les murs plus solides et la nouvelle cave est plus grande …
  

Un bouquet de branchages fleuris est accroché en haut du toit en ce début d’Automne. Cela signifie que le gros œuvre de la  maison  est terminé. Mais il reste encore beaucoup à faire avant d’emménager dans plusieurs mois : les plâtres, les portes, l’électricité et tout et tout…..


J’ai deux ans passés
maintenant, je marche couramment et commence à parler. Et ce mot « électricité » est un mot que je prononce avec difficulté : .écrilicité.. heu….etriclécité

Heu… Je laisse pour l’instant. J’arriverai bien à prononcer correctement ce mot là  plus tard…

Il y a un mot que je prononce bien et que je répète à satiété c’est « encore ». Mon papa m’a trouvé un autre surnom que « Titi « c’est « Cor-core ».Si la soupe est bonne, je réclame : encore, encore. Si  papa me fait tourner en l’air dans ses bras je rie en criant : core ..core….

 Et pour cette vie qui commence sous de si bons auspices : Core core…...  

Et pourtant un certain britannique Georges ORWELL, vient d’écrire un bouquin très pessimiste pour l’avenir.. Il a pour titre « 1984 ». Un grand frère, (tiens déjà) « Big Brother » surveille tout et tous et doit être en permanence respecté et honoré…..Bien ça promet. Mais l’an 1984 c’est loin, je serai très vieux.  

Eh puis ce n’est qu’un roman. Peu de prévisions s’avèrent justes à part celles de Nostradamus, et encore..

Alors je garde le moral…..


A SUIVRE : Jeudi prochain : 1949

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-1946 :LE FEUILLETON : "AN PAR AN" Chronique d'une vie drouaise. 1946
-1947 :LE FEUILLETON : "AN PAR AN" Chronique d'une vie drouaise. 1947

 

 

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